C'est logiquement dans le quartier européen que Protection Unit a annoncé, autour d'une coupe de champagne, la conclusion d'un contrat "historique" avec la Commission européenne. Pour l'occasion, un parterre de journalistes avaient été invités à découvrir le parcours de cette société belge de gardiennage qui n'avait guère communiqué jusqu'ici. Il est vrai qu'avec ce contrat qui prendra officiellement cours le 1er octobre prochain, la jeune entreprise d'origine liégeoise entre dans une nouvelle dimension. Elle se confronte dorénavant au trio de sociétés multinationales qui dominent depuis des lustres le secteur en Belgique: Securitas, G4S et Seris.
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C'est logiquement dans le quartier européen que Protection Unit a annoncé, autour d'une coupe de champagne, la conclusion d'un contrat "historique" avec la Commission européenne. Pour l'occasion, un parterre de journalistes avaient été invités à découvrir le parcours de cette société belge de gardiennage qui n'avait guère communiqué jusqu'ici. Il est vrai qu'avec ce contrat qui prendra officiellement cours le 1er octobre prochain, la jeune entreprise d'origine liégeoise entre dans une nouvelle dimension. Elle se confronte dorénavant au trio de sociétés multinationales qui dominent depuis des lustres le secteur en Belgique: Securitas, G4S et Seris.Les chiffres fournis par Protection Unit témoignent de l'ampleur de ce marché public qui serait, selon les responsables de la société, non seulement le plus important en Belgique mais également en Europe, du moins pour un lot unique. "Ce contrat représente 286 millions d'euros répartis sur six ans, confie Nicolas van Ysendyck, directeur commercial. Il porte au total sur 70 bâtiments à sécuriser et à contrôler en Région bruxelloise. En termes d'effectifs, ce sont 1.100 agents qui sont concernés. Désormais, nous comptons plus de 3.000 collaborateurs pour plus d'un millier de clients actifs et visons un chiffre d'affaires record de 160 millions d'euros en 2023."L'attribution de ce marché public offre également à la société belge une visibilité accrue. "C'est la première fois qu'une entreprise belge décroche un contrat de cette ampleur, intervient Nicolas De Angelis, CEO BeLux de Protection Unit. Pour pouvoir répondre à l'appel d'offres, nous avons dû prouver que nous avions les reins solides et disposions des compétences. Ce qui a nous a permis de remporter ce contrat, c'est la manière dont nous avons abordé les besoins du client, qui avait davantage mis l'accent sur la qualité que sur le prix. Ce succès va nous permettre de développer davantage certains marchés tels que les ambassades, par exemple. Par ailleurs, cela va rassurer également de futurs clients, notamment dans les institutions publiques. Enfin, le retentissement autour de ce contrat, grâce à l'aura de la Commission européenne, va contribuer à accroître notre notoriété sur le marché flamand où nous sommes actuellement encore peu actifs, et plus largement sur l'international."Afin d'assurer les multiples services demandés par la Commission européenne (contrôle d'accès des personnes et des véhicules dans les bâtiments, accompagnement des visiteurs, rondes de sécurité, etc.), Protection Unit va d'abord s'appuyer sur les 1.100 agents du prestataire précédent, G4S. Ceux-ci maîtrisent en effet les procédures et nombre d'entre eux disposent d'une solide expérience. "Ces agents ont le choix, ils peuvent soit signer un CDI avec nous, soit décider de partir, explique le CEO. Mais nous sommes relativement confiants: nous pensons qu'une large part d'entre eux va rester, d'autant que c'est un chantier de prestige." Par la suite, Protection Unit s'appuiera sur ses ressources actuelles ainsi que sur de nouveaux collaborateurs. A l'image de l'ensemble du secteur du gardiennage, l'entreprise ne cesse d'engager, et ce depuis des années. Le recrutement constitue d'ailleurs le principal défi à relever dans le futur."Nous n'évoluons pas dans un secteur en pénurie mais en difficulté, tempère Nicolas De Angelis. Nous sommes en recherche permanente d'agents. Pour les candidats et candidates - nous avons entre 15 et 20% de femmes -, il suffit d'avoir un casier judiciaire vierge. Nous assurons la formation qui dure 160 heures. Plus largement, l'ensemble de nos agents bénéficient de formations continues afin de garantir la qualité de nos services tant du point de vue humain que technologique. En ce qui concerne le contrat avec la Commission européenne, il n'est pas nécessaire d'être bilingue, mais il est clair que la connaissance des langues est un atout... J'ajoute que l'image de notre secteur a considérablement évolué, et notre métier offre une palette de missions très variées. Nous sommes ainsi très présents sur des lieux et événements que fréquentent les jeunes comme les festivals et les stades de football."Sans être celui du siècle, ce contrat décroché par Protection Unit marque une étape importante dans la progression de l'entreprise. Fondée par Samuel Di Giovanni en 2009 à Liège, cette structure a connu un développement régulier mais essentiellement local dans ses premières années. Elle l'a fait d'abord via une croissance interne, soutenue notamment par le lancement de nouveaux départements (par exemple une unité de chiens formés à la détection de substances explosives) mais également via l'acquisition d'autres sociétés de gardiennages comme Topguard en 2017 à Anvers et Sure Security à Lanaken en 2018.En 2019, changement de braquet: dans le cadre de sa stratégie de développement, Protection Unit reprend les activités de la société SGI Security, active depuis 30 ans et fortement implantée en Région bruxelloise avec des services complémentaires aux siens. Une reprise qui lui permet d'intégrer le top cinq belge des entreprises de gardiennage, avec près de 500 agents.Fin 2019, nouvelle acquisition: Protection Unit acquiert le numéro quatre du secteur et premier belge, Fact Security. Basée à Limal, cette société avait enregistré dans la seconde moitié des années 2010 une croissance notable qui lui avait même valu en 2017 le titre d'ambassadrice des Gazelles pour les moyennes entreprises en Brabant wallon. Avec ce rachat, Protection Unit élargit considérablement son terrain de jeu dans l'ensemble de la Wallonie ainsi qu'à Bruxelles, mais accumule aussi les missions de plus en plus importantes. Par exemple, celle pour l'aéroport de Liège ou le Port de Bruxelles en 2020. Des contrats qu'elle a ravis, pour majorité, aux trois grands acteurs du secteur.Résultat, Protection Unit dispute aujourd'hui la troisième place du podium belge à la française Seris. Podium dont les deux premières marches sont occupées par la suédoise Securitas et la britannique G4S. "Au total, le marché du gardiennage en Belgique représente approximativement 20.000 emplois, précise Nicolas van Ysendyck. Mais grâce à ce contrat avec la Commission, nous en représentons désormais 15% en termes de collaborateurs."Déjà solidement implantée en Belgique et au Luxembourg (elle a récemment conclu un contrat de quatre ans afin d'assurer la protection des réunions du Conseil européen au Grand-Duché), la jeune société lorgne du côté de la France où le potentiel de développement semble prometteur, ne serait-ce qu'avec les Jeux olympiques de Paris en 2024. L'organisation d'un tel événement nécessitera en effet de nombreux moyens de sécurité afin d'assurer son bon déroulement.Plus largement, pour nombre d'institutions et entreprises, la sécurité est devenue une réelle priorité. Surtout, depuis les attentats qui ont endeuillé Paris et Bruxelles en 2015 et 2016. "Après ces tragiques événements, nous avons observé une demande accrue de sécurité, analyse Nicolas De Angelis. Il n'est pas rare aujourd'hui que l'on nous demande la présence d'un agent pour une soirée privée, par exemple. Notre secteur a également été amené à faire montre de réactivité lors de la récente crise sanitaire où nous sommes intervenus notamment dans des supermarchés."Par ailleurs, les menaces n'ont cessé de prendre de nouvelles formes, ne se limitant plus seulement au gardiennage classique tel que le public se l'imagine. Que l'on songe simplement aux cyberattaques ou à l'utilisation criminelle de drones. Aujourd'hui, les agents ne doivent donc plus "seulement" répondre à des problèmes éventuels mais les anticiper afin d'éviter qu'ils ne finissent par menacer l'intégrité des personnes et des bâtiments. Autant de réalités qui expliquent la progression régulière et ininterrompue du marché de la sécurité au sens large, qui s'affirme plus que jamais comme un secteur d'avenir, offrant au passage des opportunités à des profils sans qualification.