Cet hôte indésirable a été découvert par hasard. Une fuite de goudron dans une usine voisine ayant maculé l' Iron Eagle, son propriétaire l'a conduit pour nettoyage à Breskens, en Zélande. Sous l'hydrocarbure sont apparues d'énormes taches de rouille. Par endroits, le métal était "mangé" sur quatre à cinq millimètres, plus q...

Cet hôte indésirable a été découvert par hasard. Une fuite de goudron dans une usine voisine ayant maculé l' Iron Eagle, son propriétaire l'a conduit pour nettoyage à Breskens, en Zélande. Sous l'hydrocarbure sont apparues d'énormes taches de rouille. Par endroits, le métal était "mangé" sur quatre à cinq millimètres, plus qu'il n'en faut pour sonner l'alarme - certains bateaux de plaisance ne possèdent qu'une coque de huit millimètres - et pousser près de la moitié des propriétaires du port de plaisance de Zelzate à chercher un autre mouillage pour leur esquif. "Sur l'un d'eux, j'ai observé, près de la barre, un trou de huit millimètres", s'inquiète Kris De Baere qui réclame une enquête approfondie tant sur l'étendue du désastre que sur l'origine (une entreprise des environs? ) de cette bactérie d'une agressivité qu'il n'avait jamais rencontrée jusqu'à présent. Et l'homme sait de quoi il parle. Ancien capitaine au long cours, Kris De Baere, aujourd'hui enseignant, a été nommé en 2011 premier docteur en sciences nautiques de la Hogere Zeevaartschool d'Anvers au terme d'un travail portant sur la corrosion des citernes de ballast dans les navires marchands. La corrosion induite par les micro-organismes reste mal connue dans la mesure où les essais en laboratoire peinent à reproduire le phénomène. Pour l'instant, seul le port de Zelzate est touché. Mais il est situé sur le canal Gand-Terneuzen, juste à la frontière avec les Pays-Bas. D'où la crainte de voir cette bactérie envahir le canal et même menacer les 60.000 tonnes d'acier de la gigantesque écluse de Terneuzen actuellement en cours de construction.