Les plaintes de clients mécontents du fournisseur d'énergie liégeois Mega se multiplient ces derniers temps. Ils s'étonnent de devoir payer, du jour au lendemain, un acompte beaucoup plus élevé - parfois le double du prix demandé - même s'ils ont un contrat fixe. Contrat fixe qui se transforme sans prévenir en contrat variable, alors que les prix de l'énergie s'envolent.

Une seconde enquête sur l'entreprise vient d'être ouverte par l'Inspection économique, selon des informations de VTM Nieuws confirmée par l'agence Belga.

Début octobre, Test Achat avait déposé plainte contre Mega auprès de l'Inspection économique. L'organisation des consommateurs reprochait au fournisseur d'énergie d'imposer à ses clients une hausse des acomptes, même à ceux qui avaient un contrat fixe. Test achat avait reçu 600 plaintes en un mois. Le Médiateur a reçu 400 plaintes similaires.

"Le 7 octobre, la secrétaire d'État à la protection des consommateurs Eva De Bleeker (Open VLD) et moi-même avons demandé une enquête de l'Inspection économique sur les pratiques de Mega. L'enquête est en cours", a déclaré la ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen).

C'est la deuxième fois en un an que l'Inspection économique ouvre une enquête sur Mega. En avril dernier, le fournisseur d'énergie s'est vu infliger une amende de plus de 100.000 euros pour pratiques commerciales trompeuses. Certains clients qui avaient signé un contrat bon marché avaient vu ledit contrat être transféré tacitement, l'année suivante, vers un autre beaucoup plus onéreux.

Double du prix

VTM Nieuws donne le témoignage d'une cliente, qui a souscrit l'année dernière un tarif fixe de cinq ans auprès de Mega. Il s'agissait d'un contrat avantageux, surtout si l'on tient compte du fait que les prix de l'énergie ont maintenant fortement augmenté. Mais la dernière facture l'a fortement étonnée : Mega lui avait soudainement accordé un tarif social avec des prix variables. Sans qu'elle le sache. "Apparemment, ils ont été autorisés à rompre le contrat de cinq ans pour me donner un tarif social. Ensuite, ils étaient aussi autorisés à me donner un taux variable", explique-t-elle à VTM NEWS. "Pour la compagnie d'énergie, c'est une bonne chose : elle s'est débarrassée des contrats qui étaient intéressants pour le client, et maintenant elle peut à nouveau demander le prix plein."

Sa facture anticipée a également presque doublé, car Mega s'attend apparemment à ce qu'elle consomme deux fois plus. "J'ai reçu la facture par courrier vendredi et j'ai vu qu'elle était de 490 euros. Cela a été un choc, car le mois dernier, je n'ai payé que 250 euros." Elle souligne également que Mega n'a pas essayé de la contacter de quelque manière que ce soit dans toute cette histoire.

"Ce n'est malheureusement pas possible de les retirer du marché", répond la ministre à VTM NEWS. "Je peux vous assurer, cependant, que nous les surveillons de près. C'est la deuxième fois que nous lançons une enquête contre Mega. Nous engageons maintenant une action en justice supplémentaire, car nous sommes bien entendu du côté du consommateur qui ne doit pas se sentir floué par son fournisseur d'énergie."

"Neuf clients sur 10 ont accepté la proposition d'une hausse d'acompte" (Mega)

Neuf clients sur 10 qui se sont vu proposer par Mega une hausse de leur facture d'acompte l'ont acceptée. Et à peine 0,1% a introduit une plainte, constate le fournisseur d'énergie mardi dans une réaction à l'annonce, la veille, de l'ouverture par l'inspection économique de cette deuxième enquête en un an le visant.Dans une réaction envoyée mardi, Mega indique ne pas avoir connaissance d'une nouvelle enquête le visant.

Concernant la hausse des factures d'acompte, Mega reconnaît avoir été le premier fournisseur d'énergie à proposer à un certain nombre de ses clients une hausse de leur acompte. Le fournisseur explique avoir réalisé une analyse de la situation individuelle de chaque client, pour vérifier si leur consommation était plus élevée que la facture d'acompte.

"Nonante pour cent de ces clients ont accepté la proposition. Quelque 10 pour cent l'ont refusée et Mega ne leur a dès lors pas appliqué la hausse. Et 0,1% a introduit une plainte"

Michael Corhay, l'administrateur délégué de Mega, nous expliquait dans une récente interview que le but déclaré de Mega dans l'augmentation des acomptes des contrats fixes, réalisée certes de manière peu diplomate, est de protéger ses clients pour ne pas qu'ils aient une facture de régularisation salée à la fin de l'hiver.

Par ailleurs, l'entreprise dit aussi avoir dûment prévenu ses clients. Les clients concernés ont toujours la possibilité de refuser la hausse proposée, souligne-t-on encore. Entre 60 et 70% des clients ont reçu une proposition d'acompte plus élevé. "Nonante pour cent de ces clients ont accepté la proposition. Quelque 10 pour cent l'ont refusée et Mega ne leur a dès lors pas appliqué la hausse. Et 0,1% a introduit une plainte", selon le fournisseur. Ces derniers ont été approchés et "toutes les affaires ont été positivement résolues", assure-t-on. Mega compte environ 300.000 clients pour un total de quelque 600.000 contrats pour la fourniture de gaz et d'électricité.

Aux consommateurs qui s'étonnent d'être passés d'un contrat fixe à un contrat variable sans en avoir véritablement eu le choix, l'administrateur délégué de Mega argumente que proposer un contrat fixe n'est pas responsable pour ses clients, les prix actuels du marché étant très élevés.

Un discours pourtant à contre-courant de celui de la Creg, le régulateur du marché de l'énergie, et de Test-Achats qui conseillent de bloquer un taux fixe tant que les prix ne sont pas encore trop élevés.

Les plaintes de clients mécontents du fournisseur d'énergie liégeois Mega se multiplient ces derniers temps. Ils s'étonnent de devoir payer, du jour au lendemain, un acompte beaucoup plus élevé - parfois le double du prix demandé - même s'ils ont un contrat fixe. Contrat fixe qui se transforme sans prévenir en contrat variable, alors que les prix de l'énergie s'envolent. Une seconde enquête sur l'entreprise vient d'être ouverte par l'Inspection économique, selon des informations de VTM Nieuws confirmée par l'agence Belga. Début octobre, Test Achat avait déposé plainte contre Mega auprès de l'Inspection économique. L'organisation des consommateurs reprochait au fournisseur d'énergie d'imposer à ses clients une hausse des acomptes, même à ceux qui avaient un contrat fixe. Test achat avait reçu 600 plaintes en un mois. Le Médiateur a reçu 400 plaintes similaires."Le 7 octobre, la secrétaire d'État à la protection des consommateurs Eva De Bleeker (Open VLD) et moi-même avons demandé une enquête de l'Inspection économique sur les pratiques de Mega. L'enquête est en cours", a déclaré la ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen). C'est la deuxième fois en un an que l'Inspection économique ouvre une enquête sur Mega. En avril dernier, le fournisseur d'énergie s'est vu infliger une amende de plus de 100.000 euros pour pratiques commerciales trompeuses. Certains clients qui avaient signé un contrat bon marché avaient vu ledit contrat être transféré tacitement, l'année suivante, vers un autre beaucoup plus onéreux.Double du prix VTM Nieuws donne le témoignage d'une cliente, qui a souscrit l'année dernière un tarif fixe de cinq ans auprès de Mega. Il s'agissait d'un contrat avantageux, surtout si l'on tient compte du fait que les prix de l'énergie ont maintenant fortement augmenté. Mais la dernière facture l'a fortement étonnée : Mega lui avait soudainement accordé un tarif social avec des prix variables. Sans qu'elle le sache. "Apparemment, ils ont été autorisés à rompre le contrat de cinq ans pour me donner un tarif social. Ensuite, ils étaient aussi autorisés à me donner un taux variable", explique-t-elle à VTM NEWS. "Pour la compagnie d'énergie, c'est une bonne chose : elle s'est débarrassée des contrats qui étaient intéressants pour le client, et maintenant elle peut à nouveau demander le prix plein." Sa facture anticipée a également presque doublé, car Mega s'attend apparemment à ce qu'elle consomme deux fois plus. "J'ai reçu la facture par courrier vendredi et j'ai vu qu'elle était de 490 euros. Cela a été un choc, car le mois dernier, je n'ai payé que 250 euros." Elle souligne également que Mega n'a pas essayé de la contacter de quelque manière que ce soit dans toute cette histoire. "Ce n'est malheureusement pas possible de les retirer du marché", répond la ministre à VTM NEWS. "Je peux vous assurer, cependant, que nous les surveillons de près. C'est la deuxième fois que nous lançons une enquête contre Mega. Nous engageons maintenant une action en justice supplémentaire, car nous sommes bien entendu du côté du consommateur qui ne doit pas se sentir floué par son fournisseur d'énergie."Neuf clients sur 10 qui se sont vu proposer par Mega une hausse de leur facture d'acompte l'ont acceptée. Et à peine 0,1% a introduit une plainte, constate le fournisseur d'énergie mardi dans une réaction à l'annonce, la veille, de l'ouverture par l'inspection économique de cette deuxième enquête en un an le visant.Dans une réaction envoyée mardi, Mega indique ne pas avoir connaissance d'une nouvelle enquête le visant. Concernant la hausse des factures d'acompte, Mega reconnaît avoir été le premier fournisseur d'énergie à proposer à un certain nombre de ses clients une hausse de leur acompte. Le fournisseur explique avoir réalisé une analyse de la situation individuelle de chaque client, pour vérifier si leur consommation était plus élevée que la facture d'acompte. Michael Corhay, l'administrateur délégué de Mega, nous expliquait dans une récente interview que le but déclaré de Mega dans l'augmentation des acomptes des contrats fixes, réalisée certes de manière peu diplomate, est de protéger ses clients pour ne pas qu'ils aient une facture de régularisation salée à la fin de l'hiver.Par ailleurs, l'entreprise dit aussi avoir dûment prévenu ses clients. Les clients concernés ont toujours la possibilité de refuser la hausse proposée, souligne-t-on encore. Entre 60 et 70% des clients ont reçu une proposition d'acompte plus élevé. "Nonante pour cent de ces clients ont accepté la proposition. Quelque 10 pour cent l'ont refusée et Mega ne leur a dès lors pas appliqué la hausse. Et 0,1% a introduit une plainte", selon le fournisseur. Ces derniers ont été approchés et "toutes les affaires ont été positivement résolues", assure-t-on. Mega compte environ 300.000 clients pour un total de quelque 600.000 contrats pour la fourniture de gaz et d'électricité.Aux consommateurs qui s'étonnent d'être passés d'un contrat fixe à un contrat variable sans en avoir véritablement eu le choix, l'administrateur délégué de Mega argumente que proposer un contrat fixe n'est pas responsable pour ses clients, les prix actuels du marché étant très élevés. Un discours pourtant à contre-courant de celui de la Creg, le régulateur du marché de l'énergie, et de Test-Achats qui conseillent de bloquer un taux fixe tant que les prix ne sont pas encore trop élevés.