Les prix de l'énergie atteignent des pics historiques ces dernières semaines. Ils menacent les acteurs du secteur en Belgique. Des sociétés pourraient tomber en faillite, faute de pouvoir absorber les prix record du gaz et de l'électricité sur le marché de gros. Si ces prix se maintiennent à un tel niveau, des sociétés verront leurs marges sous pression. Des fournisseurs pourraient se retrouver en manque de liquidités en raison des montants croissants qu'ils doivent préfinancer. C'est principalement le cas pour les sociétés qui offrent des contrats à taux fixes à leurs clients et qui sont insuffisamment couvertes.

Le couperet est déjà tombé sur Energy2Business. A la suite d'un jugement du 13 septembre 2021 du Tribunal de l'Entreprise de Liège, le fournisseur d'énergie de petite taille a été déclaré en faillite. La société comptait en Wallonie et à Bruxelles un peu plus de 3.000 entreprises clientes.

Des bruits courent ces dernières semaines sur d'hypothétiques difficultés financières que rencontrerait le fournisseur liégeois Mega. Le fournisseur traîne en effet plusieurs casseroles ces derniers jours qui pourraient y faire penser.

Augmentation des acomptes de tarifs fixes sans communication claire

Au début de ce mois, Mega a annoncé qu'elle allait augmenter les acomptes mensuels de la majorité de ses clients. Et cela, même pour des contrats fixes en cours. Les hausses peuvent grimper de 50% suivant la situation et le contrat du client. Ce qui laisserait penser que la société a besoin d'avances financières.

Cette pratique commerciale n'est pas illégale mais elle est contestée par Test Achats, qui la juge "déloyale." L'organisation de défense des consommateurs estime que le fournisseur ne respecte pas ses propres conditions générales ni l'Accord consommateur qu'il a signé. Elle a déjà reçu plus de 350 plaintes et a décidé de déposer plainte auprès de l'Inspection économique.

"Pas illégitime"

Pour Stéphane Bocqué, communication manager de la Febeg, la fédération qui représente le secteur de l'énergie, cette augmentation d'acompte n'a, en réalité, rien "d'illégitime". "C'est une pratique courante que d'ajuster les acomptes pour obtenir une facture de régularisation la plus proche possible de la consommation finale. Cela va dans un sens comme dans un autre. L'année passée, plus de 2 millions de clients ont demandé, à l'inverse, que leur acompte soit diminué." Mega n'est d'ailleurs pas le seul fournisseur à le faire, ajoute-t-il.

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Obligation de passer à des taux variables

De nombreux consommateurs, dont le contrat fixe arrivait à échéance à un moment où Mega proposait encore des contrats fixes sur le marché ont, par ailleurs, été transférés vers un contrat variable sans leur accord explicite. Or cette pratique est interdite par l'Accord consommateur, signé par Mega, révèle Test Achats.

Autres indices: via courrier, celui qui se positionne comme le fournisseur "le moins cher de Belgique" indique à ses candidats clients qu'il ne peut plus leur offrir de contrat concurrentiel en raison des prix record sur le marché, rapporte L'Echo. Mega avertit que la prochaine livraison ne pourra se faire qu'à partir du 1er janvier 2022.

Thomas Coune, le directeur général de Mega répond à cela: "Nous avons simplement arrêté les contrats fixes à cause des prix extrêmement hauts comme c'est le cas chez Luminus ou Eneco. Temporairement, nous avons canalisé nos ventes en septembre vu la volatilité extrême".

De là à faire planer la menace d'une faillite ? On peut se poser la question mais on n'en est pas encore là. Pour 2021, il n'y a objectivement pas d'éléments qui disent que la situation est à ce point problématique pour le fournisseur.

Si on se penche sur ses comptes, entre 2019 et 2020, Mega a vu une forte croissance du nombre de clients, avec une hausse de 45%, passant de 390.000 à 567.000 clients. Ce qui a résulté en une augmentation de son résultat net (EBIT). La santé financière de l'entreprise semble donc bonne. Ses marges restent cependant très faibles, le coût de la vente étant proche du produit de la vente.

Julie Frère, porte-parole de Test Achats nous donne son analyse: "La situation financière du groupe avant la flambée était très bonne, et maintenant, cela dépend de leur exposition : leur marge étant faible, le risque de difficultés financières est réel si Mega n'a pas acheté suffisamment d'énergie pour ses contrats fixes lorsque les prix étaient bas, et qu'elle doit désormais s'approvisionner à des prix élevés."

Si Mega a vendu beaucoup de contrats fixes à un moment où les taux étaient très bas,cela peut hypothétiquement mettre à mal sa rentabilité financière.

Julie Frère, porte-parole de Test Achats

Julie Frère poursuit : " Si Mega a vendu beaucoup de contrats fixes à un moment où les taux étaient très bas,cela peut hypothétiquement mettre à mal sa rentabilité financière. Mais, ces informations-là ne sont pas publiques, on ne les connait pas, on se renseigne auprès des régulateurs qui reçoivent des informations des fournisseurs."

"Mega est en très bonne santé financière"

Michael Corhay, l'administrateur délégué de Mega, répond aux questionnements sur la situation financière de sa société : "Notre santé financière est très bonne. Le groupe a fait 15 millions d'euros de bénéfices en 2020, la santé financière est bien là. On est largement bénéficiaire et on compte encore sur la profitabilité en 2021 et 2022 malgré les conditions difficiles sur le marché", nous affirme-t-il.

Il ajoute: "La raison principale de notre bonne situation financière, c'est que Mega n'est pas fortement exposé aux contrats fixes. Mega vend en réalité une majorité de contrats variables. On a moins de 40% de contrats fixes chez tous nos clients, car la majorité des fixes arrive à échéance cet hiver. Cela veut dire qu'on n'est pas vraiment exposé à devoir acheter l'énergie plus cher que ce qu'on ne la vend. Cela nous protège du risque d'un hiver qui serait plus froid où on devrait acheter de l'énergie très chère et la proposer à un prix plus bas au client."

"Notre santé financière est très bonne"

Le directeur général de Méga Michael Corhay

"La proportion de contrats fixes est largement inférieure au marché, ce qui explique aussi l'augmentation des acomptes. Quand la Creg annonce que les factures vont augmenter de 700-800 euros par an, c'est irresponsable de ne pas proposer d'augmentation d'acompte à nos clients", justifie Michael Corhay.

Le but déclaré de Mega dans l'augmentation des acomptes des contrats fixes, réalisée certes de manière peu diplomate, est donc ici de protéger ses clients pour ne pas qu'ils aient une facture de régularisation salée à la fin de l'hiver. Le CEO de Mega invite d'ailleurs tous les consommateurs belges à augmenter leur acompte pour éviter les mauvaises surprises.

Proposer, pas imposer

Proposer - et non imposer - aux clients une augmentation de leurs provisions pour les contrats à prix variables est logique et même fortement recommandé par Test Achat. Mais, l'association de protection des consommateurs est surprise de la décision d'augmenter celui des contrats fixes. Julie Frère y voit même une manière de détourner l'attention des clients pour prolonger implicitement leur contrat d'énergie.

"Au moment de la fin du contrat, le client n'aura pas de changement d'acompte. Il ne sera pas alerté sur la fin de son contrat. Il ne pourra donc pas réaliser que c'est le moment de comparer les prix et de peut-être trouver le contrat le plus intéressant du marché ", explique-t-elle sur le site de la RTBF. Test Achat demande dès lors de la clarté de la part de Mega et des autres acteurs du marché. Les fournisseurs d'énergies doivent être limpides et aviser leurs clients à l'échéance de leur contrat, ils doivent leur donner des prix clairs pour leur permettre de comparer les contrats des différentes entreprises, préconise l'association.

Des prix trop élevés pour des contrats à taux fixes

Par ailleurs, aux consommateurs qui s'étonnent d'être passés d'un contrat fixe à un contrat variable sans en avoir véritablement eu le choix, l'administrateur délégué de Mega argumente que proposer un contrat fixe n'est pas responsable pour ses clients, les prix actuels du marché étant très élevés.

"Proposer aujourd'hui un contrat fixe à nos clients n'est pas responsable, les prix actuels du marché étant très élevés"

Michael Corhay, Administrateur délégué de Mega

"Les prix actuellement sont élevés et stables. C'est le pire moment du marché. Le problème est concentré sur les 6 mois d'hiver. A partir d'avril 2022, on peut déjà prédire que les prix vont chuter de 50%. Le prix du gaz sera divisé par deux en avril et l'hiver prochain, il sera 50% moins cher. Si on propose un contrat fixe, les prix seront élevés cet hiver alors que deux-trois mois plus tard on pourra proposer des contrats 30-40% moins chers", explique Michael Corhay.

Un discours à contre-courant de celui de la Creg, le régulateur du marché de l'énergie. Sa porte-parole, Sophie Lenoble, a répondu récemment aux questions des lecteurs de nos confrères du Vif en ces termes: "Si vous avez un contrat à prix variable, il est en effet intéressant, vu l'augmentation en cours et très élevée des prix sur les marchés, de passer à un contrat fixe. Sur base des informations actuelles, on s'attend en effet à ce que les prix seront encore élevés cet hiver. Quand les prix baisseront (pour le moment les marchés s'attendent à une baisse vers le printemps prochain), il sera important de comparer à nouveau votre contrat pour voir s'il est toujours intéressant".

Si vous avez un contrat à prix variable, il est en effet intéressant, vu l'augmentation en cours et très élevée des prix sur les marchés, de passer à un contrat fixe.

Sophie Lenoble, porte-parole de la Creg

Taux fixes ou variables: le casse-tête

Alors taux fixes ou taux variables ? A ce sujet, le débat est vif, c'est un vrai casse-tête pour les consommateurs déjà perdus dans les nombreuses offres comparatives des différents fournisseurs.

Le site Comparateur-Energie.be propose un consensus: "Prix fixes ou prix variables ? En fin de compte, il n'y a pas de bon ou de mauvais choix. C'est à vous de décider : désirez-vous la stabilité, quitte à payer un peu plus, ou pensez-vous que la volatilité sera en votre faveur ?"

Enfin, certaines sources avancent que les opérateurs de Mega seraient aussi difficilement joignables pour des questions ou des changements et cessations de contrats. Concernant ces difficultés à joindre le fournisseur, Michael Corhay nous confie que les call centers de la société sont en effet débordés pour le moment mais assure que chaque client, s'il n'arrive pas à joindre un opérateur, reçoit une réponse par mail dans les 72 heures. Il est aussi possible de s'inscrire via le site web, ajoute Thomas Coune. Suite aux critiques sur sa communication peu transparente, Mega annonce que tous les clients qui ne peuvent plus profiter d'un contrat fixe en seront informés par mail.

"Nos call centers sont débordés"

Le directeur général de Méga Michael Corhay

La Creg suit la situation de près

A la Creg, on déclare suivre la situation de tous les fournisseurs de près dans ce contexte de prix de gros élevés. Sophie Lenoble nous informe ne pas disposer d'informations officielles sur d'éventuelles difficultés rencontrées par le fournisseur liégeois en particulier. La Creg organise également une concertation hebdomadaire avec ses homologues régionaux afin de réagir si des difficultés de cet ordre devaient être observées.

La porte-parole du régulateur de l'énergie tient à préciser concernant la récente faillite du fournisseur d'énergie Energy2Business que ce dernier était déjà en difficultés avant que la hausse énergétique ne vienne encore plus le fragiliser.

La Creg renvoie vers une étude récente réalisée sur la hausse des prix de l'énergie et de leur impact sur les fournisseurs belges.

Les différents acteurs du secteur que nous avons contactés, dont la société liégeoise Wikipower qui propose notamment des achats groupés d'énergie et conseille les consommateurs via comparateur, affirment ne pas avoir non plus d'informations alarmantes sur la situation de Mega.

UPDATE 28/10:Mega s'engage à faciliter la procédure de modification des acomptes, annonce ce mercredi Test Achats, indiquant avoir pris contact avec le fournisseur d'énergie sous la pression des clients lésés. "L'entreprise s'est engagée à laisser la possibilité à tous ses clients de soit accepter la hausse de l'acompte proposée, soit de la modifier, soit de la refuser tout simplement, et ce directement dans leur espace client, sans devoir contacter Mega par téléphone", poursuit-elle.

Les prix de l'énergie atteignent des pics historiques ces dernières semaines. Ils menacent les acteurs du secteur en Belgique. Des sociétés pourraient tomber en faillite, faute de pouvoir absorber les prix record du gaz et de l'électricité sur le marché de gros. Si ces prix se maintiennent à un tel niveau, des sociétés verront leurs marges sous pression. Des fournisseurs pourraient se retrouver en manque de liquidités en raison des montants croissants qu'ils doivent préfinancer. C'est principalement le cas pour les sociétés qui offrent des contrats à taux fixes à leurs clients et qui sont insuffisamment couvertes.Le couperet est déjà tombé sur Energy2Business. A la suite d'un jugement du 13 septembre 2021 du Tribunal de l'Entreprise de Liège, le fournisseur d'énergie de petite taille a été déclaré en faillite. La société comptait en Wallonie et à Bruxelles un peu plus de 3.000 entreprises clientes. Des bruits courent ces dernières semaines sur d'hypothétiques difficultés financières que rencontrerait le fournisseur liégeois Mega. Le fournisseur traîne en effet plusieurs casseroles ces derniers jours qui pourraient y faire penser. Au début de ce mois, Mega a annoncé qu'elle allait augmenter les acomptes mensuels de la majorité de ses clients. Et cela, même pour des contrats fixes en cours. Les hausses peuvent grimper de 50% suivant la situation et le contrat du client. Ce qui laisserait penser que la société a besoin d'avances financières.Cette pratique commerciale n'est pas illégale mais elle est contestée par Test Achats, qui la juge "déloyale." L'organisation de défense des consommateurs estime que le fournisseur ne respecte pas ses propres conditions générales ni l'Accord consommateur qu'il a signé. Elle a déjà reçu plus de 350 plaintes et a décidé de déposer plainte auprès de l'Inspection économique.Pour Stéphane Bocqué, communication manager de la Febeg, la fédération qui représente le secteur de l'énergie, cette augmentation d'acompte n'a, en réalité, rien "d'illégitime". "C'est une pratique courante que d'ajuster les acomptes pour obtenir une facture de régularisation la plus proche possible de la consommation finale. Cela va dans un sens comme dans un autre. L'année passée, plus de 2 millions de clients ont demandé, à l'inverse, que leur acompte soit diminué." Mega n'est d'ailleurs pas le seul fournisseur à le faire, ajoute-t-il. De nombreux consommateurs, dont le contrat fixe arrivait à échéance à un moment où Mega proposait encore des contrats fixes sur le marché ont, par ailleurs, été transférés vers un contrat variable sans leur accord explicite. Or cette pratique est interdite par l'Accord consommateur, signé par Mega, révèle Test Achats.Autres indices: via courrier, celui qui se positionne comme le fournisseur "le moins cher de Belgique" indique à ses candidats clients qu'il ne peut plus leur offrir de contrat concurrentiel en raison des prix record sur le marché, rapporte L'Echo. Mega avertit que la prochaine livraison ne pourra se faire qu'à partir du 1er janvier 2022. Thomas Coune, le directeur général de Mega répond à cela: "Nous avons simplement arrêté les contrats fixes à cause des prix extrêmement hauts comme c'est le cas chez Luminus ou Eneco. Temporairement, nous avons canalisé nos ventes en septembre vu la volatilité extrême".De là à faire planer la menace d'une faillite ? On peut se poser la question mais on n'en est pas encore là. Pour 2021, il n'y a objectivement pas d'éléments qui disent que la situation est à ce point problématique pour le fournisseur.Si on se penche sur ses comptes, entre 2019 et 2020, Mega a vu une forte croissance du nombre de clients, avec une hausse de 45%, passant de 390.000 à 567.000 clients. Ce qui a résulté en une augmentation de son résultat net (EBIT). La santé financière de l'entreprise semble donc bonne. Ses marges restent cependant très faibles, le coût de la vente étant proche du produit de la vente. Julie Frère, porte-parole de Test Achats nous donne son analyse: "La situation financière du groupe avant la flambée était très bonne, et maintenant, cela dépend de leur exposition : leur marge étant faible, le risque de difficultés financières est réel si Mega n'a pas acheté suffisamment d'énergie pour ses contrats fixes lorsque les prix étaient bas, et qu'elle doit désormais s'approvisionner à des prix élevés."Julie Frère poursuit : " Si Mega a vendu beaucoup de contrats fixes à un moment où les taux étaient très bas,cela peut hypothétiquement mettre à mal sa rentabilité financière. Mais, ces informations-là ne sont pas publiques, on ne les connait pas, on se renseigne auprès des régulateurs qui reçoivent des informations des fournisseurs." Michael Corhay, l'administrateur délégué de Mega, répond aux questionnements sur la situation financière de sa société : "Notre santé financière est très bonne. Le groupe a fait 15 millions d'euros de bénéfices en 2020, la santé financière est bien là. On est largement bénéficiaire et on compte encore sur la profitabilité en 2021 et 2022 malgré les conditions difficiles sur le marché", nous affirme-t-il. Il ajoute: "La raison principale de notre bonne situation financière, c'est que Mega n'est pas fortement exposé aux contrats fixes. Mega vend en réalité une majorité de contrats variables. On a moins de 40% de contrats fixes chez tous nos clients, car la majorité des fixes arrive à échéance cet hiver. Cela veut dire qu'on n'est pas vraiment exposé à devoir acheter l'énergie plus cher que ce qu'on ne la vend. Cela nous protège du risque d'un hiver qui serait plus froid où on devrait acheter de l'énergie très chère et la proposer à un prix plus bas au client." "La proportion de contrats fixes est largement inférieure au marché, ce qui explique aussi l'augmentation des acomptes. Quand la Creg annonce que les factures vont augmenter de 700-800 euros par an, c'est irresponsable de ne pas proposer d'augmentation d'acompte à nos clients", justifie Michael Corhay.Le but déclaré de Mega dans l'augmentation des acomptes des contrats fixes, réalisée certes de manière peu diplomate, est donc ici de protéger ses clients pour ne pas qu'ils aient une facture de régularisation salée à la fin de l'hiver. Le CEO de Mega invite d'ailleurs tous les consommateurs belges à augmenter leur acompte pour éviter les mauvaises surprises. Proposer - et non imposer - aux clients une augmentation de leurs provisions pour les contrats à prix variables est logique et même fortement recommandé par Test Achat. Mais, l'association de protection des consommateurs est surprise de la décision d'augmenter celui des contrats fixes. Julie Frère y voit même une manière de détourner l'attention des clients pour prolonger implicitement leur contrat d'énergie. "Au moment de la fin du contrat, le client n'aura pas de changement d'acompte. Il ne sera pas alerté sur la fin de son contrat. Il ne pourra donc pas réaliser que c'est le moment de comparer les prix et de peut-être trouver le contrat le plus intéressant du marché ", explique-t-elle sur le site de la RTBF. Test Achat demande dès lors de la clarté de la part de Mega et des autres acteurs du marché. Les fournisseurs d'énergies doivent être limpides et aviser leurs clients à l'échéance de leur contrat, ils doivent leur donner des prix clairs pour leur permettre de comparer les contrats des différentes entreprises, préconise l'association.Par ailleurs, aux consommateurs qui s'étonnent d'être passés d'un contrat fixe à un contrat variable sans en avoir véritablement eu le choix, l'administrateur délégué de Mega argumente que proposer un contrat fixe n'est pas responsable pour ses clients, les prix actuels du marché étant très élevés. "Les prix actuellement sont élevés et stables. C'est le pire moment du marché. Le problème est concentré sur les 6 mois d'hiver. A partir d'avril 2022, on peut déjà prédire que les prix vont chuter de 50%. Le prix du gaz sera divisé par deux en avril et l'hiver prochain, il sera 50% moins cher. Si on propose un contrat fixe, les prix seront élevés cet hiver alors que deux-trois mois plus tard on pourra proposer des contrats 30-40% moins chers", explique Michael Corhay.Un discours à contre-courant de celui de la Creg, le régulateur du marché de l'énergie. Sa porte-parole, Sophie Lenoble, a répondu récemment aux questions des lecteurs de nos confrères du Vif en ces termes: "Si vous avez un contrat à prix variable, il est en effet intéressant, vu l'augmentation en cours et très élevée des prix sur les marchés, de passer à un contrat fixe. Sur base des informations actuelles, on s'attend en effet à ce que les prix seront encore élevés cet hiver. Quand les prix baisseront (pour le moment les marchés s'attendent à une baisse vers le printemps prochain), il sera important de comparer à nouveau votre contrat pour voir s'il est toujours intéressant".Alors taux fixes ou taux variables ? A ce sujet, le débat est vif, c'est un vrai casse-tête pour les consommateurs déjà perdus dans les nombreuses offres comparatives des différents fournisseurs. Le site Comparateur-Energie.be propose un consensus: "Prix fixes ou prix variables ? En fin de compte, il n'y a pas de bon ou de mauvais choix. C'est à vous de décider : désirez-vous la stabilité, quitte à payer un peu plus, ou pensez-vous que la volatilité sera en votre faveur ?"Enfin, certaines sources avancent que les opérateurs de Mega seraient aussi difficilement joignables pour des questions ou des changements et cessations de contrats. Concernant ces difficultés à joindre le fournisseur, Michael Corhay nous confie que les call centers de la société sont en effet débordés pour le moment mais assure que chaque client, s'il n'arrive pas à joindre un opérateur, reçoit une réponse par mail dans les 72 heures. Il est aussi possible de s'inscrire via le site web, ajoute Thomas Coune. Suite aux critiques sur sa communication peu transparente, Mega annonce que tous les clients qui ne peuvent plus profiter d'un contrat fixe en seront informés par mail.A la Creg, on déclare suivre la situation de tous les fournisseurs de près dans ce contexte de prix de gros élevés. Sophie Lenoble nous informe ne pas disposer d'informations officielles sur d'éventuelles difficultés rencontrées par le fournisseur liégeois en particulier. La Creg organise également une concertation hebdomadaire avec ses homologues régionaux afin de réagir si des difficultés de cet ordre devaient être observées.La porte-parole du régulateur de l'énergie tient à préciser concernant la récente faillite du fournisseur d'énergie Energy2Business que ce dernier était déjà en difficultés avant que la hausse énergétique ne vienne encore plus le fragiliser. La Creg renvoie vers une étude récente réalisée sur la hausse des prix de l'énergie et de leur impact sur les fournisseurs belges. Les différents acteurs du secteur que nous avons contactés, dont la société liégeoise Wikipower qui propose notamment des achats groupés d'énergie et conseille les consommateurs via comparateur, affirment ne pas avoir non plus d'informations alarmantes sur la situation de Mega.