La rédaction de Trends-Tendances consacre son numéro de la semaine à la reprise.
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La biotech carolo OncoDNA aborde l'année 2021 avec un nouveau CEO à sa tête, en la personne de Bernard Courtieu. Celui-ci dirigeait depuis 13 ans la société fran- çaise IntegraGen, qu'OncoDNA a rachetée l'an dernier. Changer de pilote en une période aussi incertaine, est-ce vraiment opportun? "Nous sommes en fait dans la continuité, répond l'intéressé. Il s'agit d'une OPA amicale entre deux sociétés très complémentaires. Jean-Pol (Detiffe, fondateur d'OncoDNA, dont il reste le responsable de la stratégie et de l'innovation, Ndlr.) et moi, nous nous connaissons depuis 15 ans. Désormais, nous travaillerons ensemble et non plus séparément." Le nouveau groupe se porte plutôt bien, avec un chiffre d'affaires en hausse, autour de 14 millions d'euros. IntergraGen est spécialisée dans le séquençage de l'ADN, tandis qu'OncoDNA a développé une expertise dans l'établissement du profil génétique des tumeurs en vue d'établir la prise en charge optimale du patient pour des cancers à un stade avancé. "En réalisant les synergies aujourd'hui potentielles entre nos savoir-faire, nous avons une belle carte à jouer, poursuit Bernard Courtieu. Notre taille nous permettra alors de nous profiler comme un prestataire majeur de l'industrie pharmaceutique. Si nous réussissons cela, la reprise devrait être bonne pour nous." Actuellement, 15% du chiffre du groupe provient des grandes sociétés pharma (ses clients sont plutôt les centres de recherche et les hôpitaux) alors que ses concurrents, surtout américains, réalisent jusqu'à 50% de leur chiffre avec l'industrie. La marge de progression est donc bien réelle et la crise du Covid-19 pourrait ici donner un coup de pouce. "Cette crise a fait gagner 5 à 10 ans dans l'éducation et l'intérêt pour l'ARN, ajoute Jean-Pol Detiffe. La prochaine étape, ce sera le traitement personnalisé du cancer par des vaccins thérapeutiques à base d'ARN. C'est clairement un domaine dans lequel nous avons un rôle à jouer." Cette perspective dépend donc de l'intégration des équipes, du passage de la gestion d'une petite PME à celle d'un groupe de plus de 100 personnes, actifs sur plusieurs sites dans plusieurs pays."Comme tout le monde, nous avons géré dans l'urgence le passage au télétravail, dit Bernard Courtieu. Nous avons montré une capacité très significative à continuer l'ensemble de nos activités malgré le contexte très particulier. Cela, nous le devons à la discipline et à la bonne volonté des équipes. Nous avons même constaté une hausse de la productivité." Au fil du temps, une certaine lassitude risque toutefois de s'installer avec de tels modes de travail, au point d'écorner l'esprit d'équipe qui fait la force et l'agilité des petites structures. "Rien ne se passe sans un minimum d'exemplarité, analyse à ce propos le CEO. Si les techniciens sont obligés d'aller sur site car ils manipulent des échantillons, il faut qu'ils côtoient des membres du management. Il faut pouvoir se parler autour d'un café pour sentir l'humeur générale. Plus largement, nous devons apprendre à formaliser l'informel, à entretenir des contacts qui, hier, étaient spontanés dans les bureaux ou à la cafétéria."