L'e-commerce est sur toutes les lèvres ces derniers jours. Paul Magnette, le président du PS a lâché une petite bombe la semaine dernière en déclarant qu'il voulait "mettre un terme à l'e-commerce en Belgique", retournant sa veste le lendemain suite aux vives réactions que ses propos avaient suscité. Car, la Vivaldi ne compte certainement pas enterrer l'e-commerce mais, au contraire, l'encourager dans notre pays pour faire face à la concurrence féroce des pays voisins, dont les Pays-Bas.

Concrètement, le gouvernement fédéral réintroduit une mesure temporaire qui existait déjà entre 2017 et 2019, et la rend structurelle. Elle doit permettre aux entreprises de commerce électronique de réembaucher du personnel entre 20h00 et minuit. Pour ce faire, elles n'ont besoin que de l'accord d'un seul syndicat. Mais le sociétés devront toujours payer une prime, a précisé le ministre de l'Économie Pierre-Yves Dermagne lors de la conférence de presse. Il s'agira d'un sursalaire de 50%. Plusieurs employeurs, comme Torfs et Vanden Borre, avaient déjà introduit de leur propre initiative cette souplesse horaire dans leur organisation.

Expérience-pilote

Par ailleurs, une expérience pilote d'une durée de 18 mois permettra de faciliter le travail de nuit dans le secteur de l'e-commerce, en vue de s'aligner avec les pays limitrophes. Les employés de l'e-commerce pourront travailler jusqu'à minuit, de leur propre initiative, sans que ces heures ne comptent comme du travail de nuit. L'employeur ne peut en aucun cas forcer l'employé à travailler après 20h. À l'issue de cette période d'essai, un accord social sera nécessaire au sein de l'entreprise pour poursuivre l'expérience. En 2024, le Conseil national du travail en fera l'évaluation.

Ces mesures relatives "permettront aux acteurs belges du secteur de rattraper quelque peu leur retard sur les pays voisins, où la législation sur le travail de nuit est nettement plus souple", estime le SNI. Mais le syndicat neutre des indépendants insiste également sur la nécessité de "veiller dans le même temps à un bon encadrement de cet e-commerce. Il faut conserver une juste concurrence avec le commerce physique, qui sort à peine de deux années particulièrement difficiles".

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"Un travail de nuit au rabais"

Le front commun syndical a réagi, de son côté, avec "consternation" à l'accord sur le travail de nuit. L'exécutif "se fait l'écho des demandes patronales en essayant de mettre hors-jeu la concertation dans tous ses aspects, sans aborder sérieusement la question globale de l'e-commerce", dénoncent dans un communiqué conjoint les syndicats socialiste, chrétien et libéral.

"L'objectif est de "mettre en place un travail de nuit au rabais sur le modèle Post NL, avec des emplois précaires"

Les organisations estiment que gouvernement et patronat font preuve d'une "vision étriquée" qui "n'apportera pas le souffle nécessaire pour pérenniser le secteur de la distribution". Elles rappellent que "plus de 500.000 travailleurs, au bas mot, sont concernés" par l'e-commerce.

Davantage de dérégulation et de flexibilité

"Le gouvernement s'était engagé à une conférence large sur le sujet. Une fois de plus, il a dupé les travailleurs en trouvant des accords dans les salons feutrés du kern et avec l'aide de Comeos (la fédération du commerce et des services) ", flinguent les syndicats. Pour ces derniers, l'objectif est de "mettre en place un travail de nuit au rabais sur le modèle Post NL, avec des emplois précaires".

Le PTB fustige aussi cet accord et dénonce davantage de dérégulation et de flexibilité sur le marché du travail. "Sous couvert de "projet pilote" et de "décision volontaire" le gouvernement veut déréguler plus encore le droit du travail en permettant le travail de nuit de 20h00 à minuit sans sursalaire, ni accord syndical, ainsi qu'en introduisant la journée de 10h. Inacceptable pour le monde du travail!", a réagi sur Twitter le président de la formation marxiste, Raoul Hedebouw.

L'e-commerce est sur toutes les lèvres ces derniers jours. Paul Magnette, le président du PS a lâché une petite bombe la semaine dernière en déclarant qu'il voulait "mettre un terme à l'e-commerce en Belgique", retournant sa veste le lendemain suite aux vives réactions que ses propos avaient suscité. Car, la Vivaldi ne compte certainement pas enterrer l'e-commerce mais, au contraire, l'encourager dans notre pays pour faire face à la concurrence féroce des pays voisins, dont les Pays-Bas. Concrètement, le gouvernement fédéral réintroduit une mesure temporaire qui existait déjà entre 2017 et 2019, et la rend structurelle. Elle doit permettre aux entreprises de commerce électronique de réembaucher du personnel entre 20h00 et minuit. Pour ce faire, elles n'ont besoin que de l'accord d'un seul syndicat. Mais le sociétés devront toujours payer une prime, a précisé le ministre de l'Économie Pierre-Yves Dermagne lors de la conférence de presse. Il s'agira d'un sursalaire de 50%. Plusieurs employeurs, comme Torfs et Vanden Borre, avaient déjà introduit de leur propre initiative cette souplesse horaire dans leur organisation. Par ailleurs, une expérience pilote d'une durée de 18 mois permettra de faciliter le travail de nuit dans le secteur de l'e-commerce, en vue de s'aligner avec les pays limitrophes. Les employés de l'e-commerce pourront travailler jusqu'à minuit, de leur propre initiative, sans que ces heures ne comptent comme du travail de nuit. L'employeur ne peut en aucun cas forcer l'employé à travailler après 20h. À l'issue de cette période d'essai, un accord social sera nécessaire au sein de l'entreprise pour poursuivre l'expérience. En 2024, le Conseil national du travail en fera l'évaluation. Ces mesures relatives "permettront aux acteurs belges du secteur de rattraper quelque peu leur retard sur les pays voisins, où la législation sur le travail de nuit est nettement plus souple", estime le SNI. Mais le syndicat neutre des indépendants insiste également sur la nécessité de "veiller dans le même temps à un bon encadrement de cet e-commerce. Il faut conserver une juste concurrence avec le commerce physique, qui sort à peine de deux années particulièrement difficiles". Le front commun syndical a réagi, de son côté, avec "consternation" à l'accord sur le travail de nuit. L'exécutif "se fait l'écho des demandes patronales en essayant de mettre hors-jeu la concertation dans tous ses aspects, sans aborder sérieusement la question globale de l'e-commerce", dénoncent dans un communiqué conjoint les syndicats socialiste, chrétien et libéral.Les organisations estiment que gouvernement et patronat font preuve d'une "vision étriquée" qui "n'apportera pas le souffle nécessaire pour pérenniser le secteur de la distribution". Elles rappellent que "plus de 500.000 travailleurs, au bas mot, sont concernés" par l'e-commerce. "Le gouvernement s'était engagé à une conférence large sur le sujet. Une fois de plus, il a dupé les travailleurs en trouvant des accords dans les salons feutrés du kern et avec l'aide de Comeos (la fédération du commerce et des services) ", flinguent les syndicats. Pour ces derniers, l'objectif est de "mettre en place un travail de nuit au rabais sur le modèle Post NL, avec des emplois précaires". Le PTB fustige aussi cet accord et dénonce davantage de dérégulation et de flexibilité sur le marché du travail. "Sous couvert de "projet pilote" et de "décision volontaire" le gouvernement veut déréguler plus encore le droit du travail en permettant le travail de nuit de 20h00 à minuit sans sursalaire, ni accord syndical, ainsi qu'en introduisant la journée de 10h. Inacceptable pour le monde du travail!", a réagi sur Twitter le président de la formation marxiste, Raoul Hedebouw.