"La période de fin d'année est déjà chargée d'ordinaire, mais avec la fermeture des magasins, cela se complique". Veerle Van Mierlo, porte-parole de Bpost, dresse d'emblée le décor. Elle évoque une situation historique avec un record de colis livrés à domicile.
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"La période de fin d'année est déjà chargée d'ordinaire, mais avec la fermeture des magasins, cela se complique". Veerle Van Mierlo, porte-parole de Bpost, dresse d'emblée le décor. Elle évoque une situation historique avec un record de colis livrés à domicile. "C'est du jamais vu. Le nombre de paquets livrés à domicile bat des records. On compte pour le moment 600.000 colis livrés par jour, en temps normal, on est à 270.000. L'année dernière, à la période des fêtes, le record était de 480.000 colis quotidiens. Pendant le premier confinement, on avait atteint un pic de 527.000 colis livrés en une journée. On est donc déjà bien au-dessus, et cela ne fait qu'augmenter depuis la semaine dernière", détaille Veerle Van Mierlo. Et cela alors que le Black Friday, journée hyper consumériste par excellence avec ses promos à gogo, se profile ce 27 novembre, en plus des achats de dernière minute pour la Saint Nicolas, avant la chasse aux cadeaux de Noël.Bpost remarque un trafic plus important de colis venant à la fois de grandes marques internationales réputées dans l'e-commerce - sans vouloir nous donner de noms - mais aussi de plus petits acteurs de plus en plus présents. "Il faudra voir si cette tendance se pérennise à l'avenir", note Veerle Van Mierlo. Face aux inquiétudes, la société postale belge assure continuer à prendre en charge tous les colis qui lui sont confiés par les commerçants et à en assurer la distribution. Dans ce but, la société a renforcé ses équipes en engageant 3.000 personnes supplémentaires. Suite à cette surcharge de travail extraordinaire, Bpost déclare cependant ne plus être en mesure de livrer la totalité des 600.000 colis quotidiens à domicile. Sa porte-parole nous assure que 95% des colis sont bien livrés à domicile, mais que 5% d'entre eux doivent être retirés personnellement par les clients dans certains points de collecte créés spécialement pour l'occasion. "On demande à une minorité de nos clients un petit effort en allant retirer leur colis dans un point de collecte proche de leur domicile. Si après 5 jours ouvrables, le colis n'est pas retiré, il sera alors livré au domicile avec un délai plus long", nous explique Veerle Van Mierlo. Elle ajoute : "Nous ne pouvons qu'encourager les clients à choisir cette option eux-mêmes s'ils veulent être certains de recevoir leur colis à temps." On pense notamment à la Saint Nicolas qui approche à grands pas. L'entreprise dit vouloir livrer au maximum à domicile, mais aussi étaler ses efforts en faisant appel à des "solutions créatives". Dans ce contexte inédit, le magasin de sport et de loisirs Decathlon d'Evere a remis une partie de son personnel - qui était en chômage technique - au travail pour porter main forte à Bpost dans le tri des colis. Bpost met également en place un système de "click & collect" via ses bureaux de poste pour les commerçants locaux qui se sont lancés dans la vente en ligne, à partir de mercredi. De la sorte, Bpost garantit que la quasi-totalité des colis seront livrés à domicile dans un délai de 2 à 3 jours ouvrables, à compter du jour où les colis lui parviennent. Certaines régions semblent davantage saturées par la hausse des colis à livrer. Bpost ne désire pas pointer l'une ou l'autre d'entre elles. "Il n'y a pas de points noirs en particulier. Cela dépend aussi de la pénurie de personnel dans certains centres de tri. La charge de travail sera logiquement moins élevée en zone rurale qu'en ville", détaille la porte-parole. Veerle Van Mierlo réagit aussi aux inquiétudes concernant le fait que des colis venant de France ont été refusés la semaine dernière pour livraison en Belgique. "Nous avons eu en effet un souci avec un e-shop français en particulier, mais cela n'est pas généralisé ", nous explique-t-elle. La seconde vague pas bien préparée ? Du côté des syndicats, on confirme que la situation est délicate. "Bpost n'a pas assez préparé cette seconde vague selon moi", lance Stéphane Daussaint, responsable général Bpost pour la CSC, cité par La Libre. "Cela entraîne évidemment de gros soucis, mais il faut dire que quand on atteint des chiffres records, c'est très difficile à gérer. Soyons bons joueurs et rappelons quand même que Bpost est le seul opérateur postal à continuer à tout livrer ! Certaines sociétés privées refusent des colis. Tout le monde est sur le pied de guerre, comme les guichetiers qui ont aussi énormément de boulot et qui vont bientôt prêter main-forte aux commerçants dans le Clic&Collect", fait savoir le représentant syndical. "Nos 30.000 employés font des miracles. Ils sont flexibles et agiles. Tout le monde y met du sien. Des managers mettent aussi la main à la pâte et font parfois des livraisons quand c'est nécessaire.", renchérit la porte-parole de Bpost. La ministre De Sutter lance un appel aux BelgesLa ministre des Entreprises publiques Petra De Sutter (Groen) a aussi tenu à insister sur les efforts déployés par Bpost et a lancé un appel à la population: "Ils n'ont que deux mains et se plient en quatre depuis des mois pour traiter les volumes considérables de colis. Cela mérite le respect de tous. Je lance dès lors cet appel positif: aidez nos facteurs et nos factrices ! Si vous pouvez facilement vous rendre au magasin où vous avez acheté votre produit, mentionnez-le lors de votre commande. Vous contribuerez ainsi à réduire la surcharge pour les facteurs et les livreurs de colis, et par la même occasion, les retards pour tous ceux d'entre nous qui ont peut-être un peu moins de facilité à se rendre dans un bureau de poste ou un point d'enlèvement. Dans le même temps, vous ferez en sorte qu'il y ait moins de camionnettes sur la route, avec tous les avantages que cela comporte."