Delusinne : "Notre business model n'est pas menacé"

21/12/11 à 16:45 - Mise à jour à 16:45

Source: Trends-Tendances

Malgré l'essor de nouveaux modes de consommation, la télévision traditionnelle est encore une valeur sûre. Les audiences restent performantes, particulièrement pour RTL.

Delusinne : "Notre business model n'est pas menacé"

© Belga

La conjoncture économique n'effraie pas Philippe Delusinne. "Les perspectives économiques sont sombres, mais nous souffrirons un peu moins et un peu plus tard, grâce à notre position de leader sur le marché", avance le patron de RTL Belgique. En 2011, le groupe média a conforté sa place de numéro un en télévision. Philippe Delusinne, qui vient de se séparer "de commun accord" de son numéro deux, Freddy Tacheny, se plaît à dérouler la liste des plus fortes audiences de l'année. Seule la récente édition du magazine de la RTBF Question à la Une, consacrée au Prince Laurent, est parvenue à se glisser dans un top 10 belge trusté par RTL.

Du côté de l'info, l'année a été marquée par l'arrivée en mars du 15 minutes (101.700 téléspectateurs en moyenne), le nouveau format de la RTBF. Placé sur La Deux à 19 heures afin de concurrencer la chaîne privée, le concept n'a toutefois pas détérioré la position du JT de RTL-TVI (647.300 téléspectateurs en moyenne), qui creuse même son avance par rapport au 19h30 de La Une (473.000 téléspectateurs en moyenne). "Le 15 minutes fait moins bien que Plus belle la Vie", persifle Philippe Delusinne. Le feuilleton français était visionné cette année par 172.500 adeptes.

"L'info reste la pierre angulaire de notre dispositif, souligne le CEO de RTL Belgique. La clé, c'est le contenu." Pourtant, l'écosystème de la télévision semble sur le point d'être chamboulé par l'arrivée annoncée de nouveaux acteurs comme Google ou Apple. Ceux-ci pourraient justement concurrencer les chaînes commerciales comme RTL dans l'achat de contenu formaté, comme les séries américaines. Les nouveaux modes de consommation délinéarisée, comme la vidéo à la demande, pèseront aussi à l'avenir sur la télévision linéaire traditionnelle. "Nous misons sur la proximité, sur les rendez-vous, sur des grilles de programmes bien charpentées, répond Philippe Delusinne. Notre business model actuel n'est pas encore menacé."

Bel RTL se redresse

Pour ce qui est des radios, RTL Belgique avait débuté l'année avec de mauvais résultats dans les pattes. Les audiences 2010 s'étaient conclues sur des scores historiquement faibles pour Bel RTL (15,56 % de parts de marché). La station s'était même fait dépasser par Radio Contact (16,34 %), qui fait partie du même groupe. "Cela ne faisait pas partie de notre logique. Contact doit se situer dans le sillage de Bel RTL", avance le patron. Depuis lors, les positions se sont renversées, Bel RTL reprenant la préséance sur sa consoeur. Sur le net, RTL renforce aussi ses positions en agrégeant un maximum de contenu sur rtl.be. Mais le business model de la présence en ligne reste flou : "Le payback n'est pas encore au rendez-vous", concède Philippe Delusinne.

Pour 2011, le CEO de RTL Belgique s'attend à des résultats financiers "dans la lignée de 2010, année historique."

Gilles Quoistiaux

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