Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

11/06/10 à 09:24 - Mise à jour à 09:24

Bart De Wever, Jean Cocteau et la dette hongroise

Le parti N-VA serait-il la cause d'une hausse du coût de la dette publique belge ? C'est la thèse qui a circulé toute la semaine dans les milieux financiers belges.

Le parti N-VA serait-il la cause d'une hausse du coût de la dette publique belge ? C'est la thèse qui a circulé toute la semaine dans les milieux financiers belges. Suite à plusieurs articles publiés dans la presse anglo-saxonne, notamment dans le Financial Times, la rumeur voulait que la Belgique soit la prochaine cible des marchés financiers. Avec la victoire de la N-VA, en effet, la formation d'un gouvernement risque d'être retardée. Les décisions pour réduire notre déficit pourraient donc ne pas être prises rapidement.

Cette nervosité s'est traduite très concrètement par une hausse des taux d'intérêt à 10 ans. Autrement dit, le taux d'intérêt servi pour rembourser notre dette publique allait lui aussi augmenter automatiquement. Tout cela à cause de la N-VA... Une analyse confortée par le fait que Bart De Wever, président de ce parti flamand, a organisé mardi dernier une conférence de presse avec des journalistes internationaux pour rassurer les marchés.

En réalité, Bart De Wever a dû lire le poète Jean Cocteau qui avait coutume de dire : "Quand les événements nous dépassent, feignons d'en être les instigateurs." Il est aujourd'hui évident que ce n'est pas la N-VA qui a fait augmenter momentanément les taux d'intérêt de la dette publique belge, mais bien l'exposition des banques belges à la dette publique hongroise. Comme vous le savez, la Hongrie va très mal, et bon nombre de banques européennes, notamment belges, détiennent de la dette publique hongroise.

C'est bien l'absence de visibilité sur l'exposition de nos banques à cette dette qui a rendu nerveux les marchés, pas la N-VA. Mais cette alerte a eu au moins un effet bénéfique : rappeler aux politiciens qu'après le 13 juin, il faudra constituer rapidement un gouvernement pour prendre les bonnes décisions. Dans le cas contraire, l'alerte sera réelle.

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