"C'est une baisse du PIB unique dans notre histoire mais c'est moins mauvais qu'attendu. A un certain moment, on s'attendait à ce que la chute soit de 8%, voire de 9 à 10%. Finalement, c'est -6", a souligné le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, à l'occasion de la publication du rapport annuel de l'institution monétaire.

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Le Belgique a fait moins bien que les Pays-Bas (-4,3% du PIB) ou l'Allemagne (-5,5%) mais mieux que la moyenne européenne (-7,3%) et que certains de ses voisins comme la France (-9,3%) ou la Grande-Bretagne (-10%).

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Selon Pierre Wunsch, "l'économie belge a montré une certaine résilience" face à la crise sanitaire. Après le premier confinement, l'économie a rebondi au troisième trimestre. Le second confinement n'a pas trop fait souffrir l'économie belge, à l'exception notable de certains secteurs martyrs comme l'horeca, visés par des mesures de fermeture. Et "le quatrième trimestre n'a pas été si mauvais. Nous sommes un des rares pays à avoir connu une croissance positive."

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Ce qui rend la situation actuelle unique, c'est que la crise économique est due à un choc externe, la pandémie de Covid-19, et non à de grands déséquilibres économiques, comme cela a été le cas lors de la grande crise financière de 2008-2009. "Cela conduit à un certain optimisme d'un retour assez rapide au niveau de PIB d'avant-crise. Il y a d'ailleurs l'exemple positif de la Chine".

"C'est une crise unique, complètement atypique, qui a été plutôt bien gérée. On a pu éviter un effondrement total de l'économie. Ce n'était pas si évident au début de la crise", conclut le gouverneur de la BNB.

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Annuler la dette "ne marche pas, est une mauvaise idée et n'est pas nécessaire"

Le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Pierre Wunsch, défend la position de la Banque centrale européenne (BCE) qui a apporté dernièrement, par la voix de sa présidente, une fin de non-recevoir à l'idée d'une annulation d'une partie de la dette publique en zone euro.

Plus de 100 économistes et universitaires ont lancé la semaine dernière un appel à annuler les dettes publiques détenues par la BCE. On retrouve parmi les 11 signataires belges de cet appel le président du PS, Paul Magnette, Olivier De Schutter, rapporteur spécial à l'ONU, ou encore l'économiste écolo Philippe Defeyt.

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Une partie de la dette publique des États de la zone euro se trouve en effet dans les mains de la BCE et des banques centrales, ou plutôt dans leur bilan, à la suite des programmes d'achat de dettes publique et privée menés par l'institution monétaire de Francfort, à coups de dizaines de milliards d'euros mensuels, pour soutenir l'économie européenne. C'est cette dette que les signataires de l'appel voudraient voir annuler, pour faciliter la reconstruction sociale et écologique après la pandémie de Covid-19.

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Une idée balayée d'un revers de la main par la BCE. L'annulation de la dette Covid-19 est "inenvisageable" et serait "une violation du traité européen qui interdit strictement le financement monétaire des États", a réagi le week-end dernier sa présidente, Christine Lagarde. "Si l'énergie dépensée à réclamer une annulation de la dette par la BCE était consacrée à un débat sur l'utilisation de cette dette, ce serait beaucoup plus utile! À quoi sera affectée la dépense publique? Sur quels secteurs d'avenir investir? Voilà le sujet essentiel aujourd'hui", a poursuivi Mme Lagarde.

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Une position défendue par le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Pierre Wunsch, lui aussi économiste. "La BCE ne va pas annuler les dettes rachetées car cela serait contraire aux traités", a-t-il souligné, à l'occasion de la publication du rapport annuel 2020 de la BNB. Tout en reconnaissant qu'il s'agissait là d'un "argument d'autorité", de nature juridique, qui pouvait sembler un peu court à certains, le gouverneur estime qu'une telle idée n'est pas non plus souhaitable d'un point de vue économique. Selon Pierre Wunsch: une telle annulation de dette, "cela ne marche pas, c'est une mauvaise idée et cela n'est pas nécessaire".

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Pas nécessaire car les taux d'intérêts sont à des niveaux plancher. "La dette élevée n'est pas le principal problème, car celle-ci peut être financée à des taux très bas, voire négatifs. Donc, une hypothétique annulation de dette ne va pas créer de marges budgétaires supplémentaires. Le problème se trouve, par exemple dans le cas de la Belgique, ailleurs, notamment dans le fait que le déficit est, pour d'autres raisons, structurellement trop élevé", estime le gouverneur.

Une annulation de dette pourrait en outre miner la confiance dans l'union monétaire, provoquer des tensions sur les marchés et engendrer une hausse des spreads (les écarts de taux d'intérêts entre les pays de la zone euro), ce qui s'avèrerait, in fine, contre-productif.

Plutôt qu'une annulation de dette publique, la BNB prône une "consolidation budgétaire", en d'autres termes, une réduction du déficit public, dès que la situation sanitaire et la conjoncture le permettront.

"C'est une baisse du PIB unique dans notre histoire mais c'est moins mauvais qu'attendu. A un certain moment, on s'attendait à ce que la chute soit de 8%, voire de 9 à 10%. Finalement, c'est -6", a souligné le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, à l'occasion de la publication du rapport annuel de l'institution monétaire.LIRE AUSSI: L'épargne "forcée" des Belges, 23 milliards d'euros qui pourraient alimenter la relance Le Belgique a fait moins bien que les Pays-Bas (-4,3% du PIB) ou l'Allemagne (-5,5%) mais mieux que la moyenne européenne (-7,3%) et que certains de ses voisins comme la France (-9,3%) ou la Grande-Bretagne (-10%).LIRE AUSSI : FEB: "Se concentrer sur la solvabilité et la sauvegarde de la compétitivité" Selon Pierre Wunsch, "l'économie belge a montré une certaine résilience" face à la crise sanitaire. Après le premier confinement, l'économie a rebondi au troisième trimestre. Le second confinement n'a pas trop fait souffrir l'économie belge, à l'exception notable de certains secteurs martyrs comme l'horeca, visés par des mesures de fermeture. Et "le quatrième trimestre n'a pas été si mauvais. Nous sommes un des rares pays à avoir connu une croissance positive."LIRE AUSSI: La BNB suggère de ramener le déficit public à 3% du PIB "le plus rapidement possible" Ce qui rend la situation actuelle unique, c'est que la crise économique est due à un choc externe, la pandémie de Covid-19, et non à de grands déséquilibres économiques, comme cela a été le cas lors de la grande crise financière de 2008-2009. "Cela conduit à un certain optimisme d'un retour assez rapide au niveau de PIB d'avant-crise. Il y a d'ailleurs l'exemple positif de la Chine". "C'est une crise unique, complètement atypique, qui a été plutôt bien gérée. On a pu éviter un effondrement total de l'économie. Ce n'était pas si évident au début de la crise", conclut le gouverneur de la BNB.LIRE AUSSI : L'immobilier résidentiel reste un point d'attention pour la Banque nationale