On sent chez les politiciens une envie de multiplier les interdictions, même si elles concernent une substance qui a apporté, dans quantité de domaines, des progrès considérables. Le maître mot est : interdire. Il faut craindre que de plus en plus de produits soient ainsi bannis, surtout ceux qui sont utilisés par des particuliers.
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On sent chez les politiciens une envie de multiplier les interdictions, même si elles concernent une substance qui a apporté, dans quantité de domaines, des progrès considérables. Le maître mot est : interdire. Il faut craindre que de plus en plus de produits soient ainsi bannis, surtout ceux qui sont utilisés par des particuliers. L'argument massue, tout à fait respectable, invoqué à ce sujet est celui de la protection des océans. Il est évidemment exact que des quantités gigantesques de matière plastique sont jetées dans les océans et les transforment en véritables poubelles. Il est ainsi question d'environ neuf millions de tonnes de plastique qui finissent tous les ans dans les océans, avec des dommages considérables pour ceux-ci et pour leur faune. S'il est parfaitement logique que des mesures soient prises pour assurer la protection des mers et pour lutter contre la pollution causée par ces déchets, il est beaucoup plus douteux que ce soit l'interdiction des pailles et de cotons-tiges qui puisse avoir le résultat escompté. Ce n'est pas la production qui submerge les océans, mais les déchets, et les pays européens, réputés être les meilleurs recycleurs de la planète, sont certainement ceux qui rejettent le moins de déchets plastiques dans les mers. Il est d'ailleurs démontré que l'immense majorité - il est question de 90 % - des déchets plastiques qui se retrouvent dans les mers proviennent de quelques fleuves, qui sont tous situés en Asie et en Afrique. Cinq pays, dont la Chine, et plusieurs autres pays d'Asie et d'Afrique sont les plus gros pollueurs, et le premier pays occidental concerné, les Etats-Unis, ne figure qu'à la 20e place de ce classement. Les plastiques qui se retrouvent dans les océans et qui proviennent des Etats-Unis sont 300 fois moins importants que ceux qui viennent de la seule Chine. Et les Européens rejettent bien moins de déchets à la mer que les Américains. Ce n'est par conséquent pas des mesures concernant les quelques plastiques qui constituent des déchets provenant d'Europe qui peuvent avoir une incidence quelconque sur la masse malheureusement énorme des déchets qui constitue le vrai problème. On peut certes toujours améliorer les performances européennes en matière de recyclage ou mieux traquer les pollueurs ou encore chercher des solutions pour éliminer les déchets plastiques dans les océans. Ce serait en tout cas plus judicieux que de sanctionner l'immense majorité des Européens qui ne rejettent aucun plastique dans les eaux en les privant définitivement de produits qui améliorent leur quotidien. Il faut alors se demander quel est le véritable objectif poursuivi par nos politiciens, avides de réglementations et d'interdictions. Puisqu'il est démontré que les mesures qu'ils prennent sont sans impact significatif sur le mal, réel, qu'ils entendent combattre, pourquoi s'en prennent-ils à nos modestes objets de consommation ? Il y a sans doute un effet de mode, que constitue la course à être plus écologiste que les autres. Cet élément n'est pas à dédaigner, surtout lorsqu'on constate qu'ils s'abstiennent bien de révéler les chiffres mentionnés ci-dessus, et dont il ressort que les Européens ne sont pratiquement en rien responsables du mal que l'on attaque. Et puis il faut se demander aussi s'il n'y a pas une volonté d'utiliser la culpabilité dont on a naturellement imprégné les masses pendant des siècles, pour convaincre les individus qu'ils doivent être des bons citoyens, et qu'ils doivent assumer le maximum d'obligations pour respecter un prétendu " bien commun " défini par les seuls gouvernants. C'est ce que la célèbre écrivaine américaine Ayn Rand décrivait comme la transformation des hommes en des " animaux sacrificiels ", qu'il faut toujours habituer à se soumettre au maximum d'obligations possibles, envers des dieux, la société, ou en définitive le pouvoir lui-même.