Vous annoncez un plan d'investissement de 2,34 milliards d'euros pour 46 hôpitaux wallons. Ce chiffre, c'est la totalité des investissements ou la part de subsides ?

Il s'agit bien de la part qui sera éligible au financement. Elle représente 72% des montants totaux. Le solde sera assumé par les fonds propres des hôpitaux, c'est- à-dire généralement les rétrocessions d'honoraires et les loyers des boutiques et cafétérias. Il y a aussi un milliard d'euros pour les hôpitaux universitaires qui relèvent, eux, de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce sont des investissements colossaux. Ils ne sont pas couverts par des subsides mais par une forme de location de lits pour les patients. Ceux-ci ne le verront pas, bien entendu, puisque ce sera pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles à travers la facture hospitalière. Cette formule doit inciter les hôpitaux à bien calibrer leurs investissements - qui seront amortis sur 25 ans - au regard de l'occupation attendue. Les mécanismes sont identiques à la Région et à la Fédération.

La dernière étude sectorielle de Belfius qualifiait la situation financière des hôpitaux wallons de " préoccupante ", avec un résultat négatif global. Ont-ils les reins suffisamment solides pour se lancer dans de tels investissements ?

La première chose qui m'intéresse, c'est la qualité des soins. Nous avons un besoin criant de modernisation des bâtiments et équipements hospitaliers, nous ne pouvons pas laisser les infrastructures se détériorer. Les banques et la Banque européenne d'investissement nous suivent dans ces projets. Je rappelle par ailleurs que, dans les comptes des hôpitaux, plus de 80% des dépenses proviennent de la masse salariale. Les amortissements des investissements dans les briques pèsent peu dans la comptabilité hospitalière. Il y a donc de la marge pour investir dans l'amélioration des infrastructures.

La Sogepa a lancé il y a quelques mois le fonds Wallonie-Santé pour soutenir les investissements hospitaliers. Ce fonds sera-t-il intégré au financement ?

Que les choses soient claires : il ne s'agit pas pour la Wallonie de prendre des parts dans les hôpitaux à travers la Sogepa ou toute autre structure. Maintenant, la Sogepa peut bien entendu venir comme levier, aux côtés des banques, pour compléter un tour de financement et permettre, par exemple, un investissement de pointe. Ce plan est l'aboutissement d'un très long travail. Les infrastructures hospitalières ont été régionalisées avec la sixième réforme de l'Etat. Il a fallu mettre en place l'administration, examiner les dossiers, définir ce qui était éligible et ce qui ne l'était pas. Le secteur est soulagé que ce travail aboutisse et c'est un hasard s'il atterrit en bout de législature. De toute façon, cela dépasse l'action d'une majorité : le décret a été voté sous le gouvernement Magnette, nous le mettons en oeuvre maintenant avec les libéraux et ce travail de reconstruction du parc hospitalier s'étalera sur 35 ans.