Cela va faire 10 ans que Rémi Doucet et Florence Noël ravissent les papilles dans leur Delys. Initialement situé à Saint-Georges-sur-Meuse à un jet de couteau de l'étoilé Philippe Fauchet, le restaurant a déménagé début octobre à Bodegnée. En fait, le couple a fait construire une toute nouvelle annexe à leur maison privée, elle-même un ancien restaurant (Le Vieux Tribunal). Et quelle annexe ! Un parallélépipède qui fait la part belle à une immense baie vitrée et à une cuisine semi-ouvert...

Cela va faire 10 ans que Rémi Doucet et Florence Noël ravissent les papilles dans leur Delys. Initialement situé à Saint-Georges-sur-Meuse à un jet de couteau de l'étoilé Philippe Fauchet, le restaurant a déménagé début octobre à Bodegnée. En fait, le couple a fait construire une toute nouvelle annexe à leur maison privée, elle-même un ancien restaurant (Le Vieux Tribunal). Et quelle annexe ! Un parallélépipède qui fait la part belle à une immense baie vitrée et à une cuisine semi-ouverte. Cette baie tranche avec le décor noir très classe dont des nappes en similicuir et des luminaires aussi discrets que performants qui permettent l'intimité même dans une grande salle. Même choix du noir pour l'ensemble du personnel. Rien d'obscur, par contre, dans la cuisine de Rémi Doucet qui privilégie le durable et le " locavorisme ". Le chef ne travaille que par menu : le " Découverte " (quatre services après les mises en bouche et avant trois desserts - 60 euros) ou le " Delys " (deux services de plus - 80 euros). Belle initiative aussi que la formule " Jeunes Gastronomes " réservée aux 30 ans maximum proposée le jeudi et le vendredi soir : huit services pour 70 euros, apéritif, vins, eaux et café compris ! Rémi Doucet fait montre dans ses menus d'une belle créativité tant visuelle que gustative. Et cela dès le long cortège des mises en bouche : ses couteaux de mer, oeufs de truite, ses radis d'hiver et leur granité de crevettes et sa vision du sushi (oeufs de poisson volant, poudre d'algue, vinaigre de riz, riz et krupuk) étaient épatants. Parmi les entrées et plats, le travail autour du topinambour et du salsifis avec truffe et émulsion de parmesan était remarquable. Tout comme sa béarnaise au chou rouge qui accompagnait un filet de marcassin fondant ou son sabayon aux huîtres, compagnon idéal des Saint-Jacques servies avec du caviar avruga, et des algues. L'huître tiède rajoutée était, par contre, superfétatoire à nos yeux. Quoi qu'il en soit, Doucet n'a pas son pareil pour sublimer des produits pas très sexys comme les légumes racines ou le chou. Il manque juste un peu de régularité entre les différents services pour que sa générosité et sa créativité valent une étoile Michelin.