La couronne norvégienne (NOK) a perdu plus de 4 % de sa valeur par rapport à l'euro depuis le début de cette année. Le modeste redressement engagé en 2016 n'a donc pas fait long feu. Elle doit ce retournement de tendance au cours du pétrole surtout, à nouveau orienté à la baisse. Alors qu'un baril de Brent de la mer du Nord rapportait encore près de 60 dollars en début d'année, il se négocie désormais à environ 50 dollars (après un plancher intermédiaire à 45 dollars). Le pétrole et le gaz se taillent toujours la part du lion des exportations norvégiennes.
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La couronne norvégienne (NOK) a perdu plus de 4 % de sa valeur par rapport à l'euro depuis le début de cette année. Le modeste redressement engagé en 2016 n'a donc pas fait long feu. Elle doit ce retournement de tendance au cours du pétrole surtout, à nouveau orienté à la baisse. Alors qu'un baril de Brent de la mer du Nord rapportait encore près de 60 dollars en début d'année, il se négocie désormais à environ 50 dollars (après un plancher intermédiaire à 45 dollars). Le pétrole et le gaz se taillent toujours la part du lion des exportations norvégiennes. Bien que l'économie norvégienne ait enregistré une croissance de 1 % l'an dernier, la faiblesse du cours du pétrole commence à sentir ses effets sur le continent. Tant en 2015 qu'en 2016, les investissements du secteur pétrolier ont baissé de 15 %. Mais alors que les carnets de commandes des sous-traitants étaient encore bien remplis en 2015, ce n'était plus le cas en 2016. L'économie norvégienne n'est parvenue à se maintenir à flot que grâce aux mesures de relance très importantes prises par le gouvernement et au secteur de la construction. Compte tenu d'un taux de chômage très faible, de la récente baisse des impôts et des taux réduits sur les crédits, les ménages norvégiens ont continué à dépenser. Dans un récent rapport, l'agence de crédit Standard & Poor's (S&P) estimait que le pire était révolu pour l'économie norvégienne, du fait notamment des investissements du gouvernement dans l'infrastructure et de la faiblesse de la couronne - laquelle a perdu environ 20 % de sa valeur entre 2013 et 2016 - qui favorise les secteurs exportateurs. La croissance devrait cependant rester très faible (1,5 % cette année). La surchauffe du marché immobilier reste cependant inquiétante pour l'économie norvégienne. Dans la lignée de leur évolution de ces dernières années, les prix de l'immobilier ont progressé de 10 % dans le pays l'an dernier. Cette hausse n'est toutefois pas uniformément répartie : les prix ont augmenté de plus de 20 % à Oslo, tandis qu'ils ont stagné à Stavanger, la capitale de l'industrie pétrolière norvégienne. Ces prix élevés ont considérablement accru l'endettement des ménages ces dernières années, qui est passé de 160 % du revenu disponible en 2004 à 220 % aujourd'hui. De plus, la plupart des hypothèques sont assorties d'un taux variable, ce qui rend les ménages norvégiens vulnérables à toute hausse des taux. Grâce à l'action du gouvernement en vue de limiter les octrois de crédit, le marché immobilier montre aujourd'hui des signes de refroidissement. Mais s'il se traduit par une correction, ce refroidissement pourrait également hypothéquer ce qui reste de croissance en Norvège. Non seulement les deux derniers piliers de la croissance - la consommation des ménages et la construction résidentielle - risquent de céder, mais les banques norvégiennes pourraient également se trouver en péril en raison de l'augmentation du nombre de défauts de paiement sur les crédits hypothécaires. Un danger supplémentaire pour cette économie réside dans les élections à venir cet automne. Le gouvernement minoritaire actuel et les deux partis qui le soutiennent au parlement pourraient en effet être privés de majorité. L'opposition socialiste, en tête dans les sondages, veut augmenter les impôts et ainsi mettre un terme aux mesures de relance du gouvernement actuel. Or ce sont elles précisément qui ont maintenu l'économie en mode croissance ces dernières années. En dépit de l'excellente solvabilité de la Norvège (note AAA chez S&P et Aaa chez Moody's), il est clair qu'un investissement en couronne norvégienne n'est pas défensif. Malgré les efforts du gouvernement, l'économie reste très tributaire des exportations de pétrole et de gaz. La couronne norvégienne est et reste un pari sur le redressement du cours du pétrole. Or la monnaie ne doit pas attendre beaucoup de soutien de ce côté. Il en va de même pour la Banque centrale norvégienne, qui maintient son taux inchangé à 0,5 % depuis mars 2016. L'institution voit même le taux à court terme retomber à 0,4 % d'ici fin 2018. Les premiers relèvements de taux ne sont envisageables qu'en 2019. En outre, la baisse récente de l'inflation et le refroidissement du marché immobilier sont deux facteurs qui laissent davantage de marge pour de nouvelles baisses des taux. Enfin, la situation de l'euro s'est nettement améliorée depuis le début de cette année. Les risques politiques ont beaucoup diminué depuis les élections présidentielles françaises. Bien que la Banque centrale européenne privilégie toujours une politique de relance, l'arrêt des mesures accommodantes semble se rapprocher, et donc à terme une hausse du taux sur les obligations en euro. Si vous avez investi dans la couronne norvégienne, vous pouvez réinvestir dans cette monnaie. N'escomptez cependant pas de redressement rapide de la monnaie (sauf rebond du cours du pétrole), et limitez votre exposition à 5 % de votre portefeuille de placements. Le redressement engagé par la couronne norvégienne en 2016 n'a pas fait long feu.