La réforme de cette institution dont les règles étaient jugées par Washington trop favorables à des pays comme la Chine, a été approuvée par acclamation par les diplomates présents dans la salle, a constaté l'AFP. S'exprimant peu avant l'adoption de la réforme par les diplomates, Peter Navarro, conseiller économique du président américain, a déclaré à l'assemblée que "la proposition de réforme répond aux objectifs que le président Donald Trump m'a donnés". De nombreux diplomates se sont félicités du maintien des Etats-Unis dans l'UPU, seconde plus ancienne organisation internationale. Le directeur de l'UPU avait en effet prédit lundi un véritable chaos postal aux Etats-Unis s'ils se retiraient effectivement de cette institution. Sur fond de tensions commerciales avec la Chine, les Etats-Unis avaient annoncé en octobre dernier qu'ils entamaient une procédure de retrait, et qu'ils entendaient appliquer leurs propres taux postaux aux frontières américaines au plus tard le 1er janvier 2020. Washington avait toutefois indiqué que ce retrait pourrait être réversible en cas de succès des négociations avec les différents pays. Désireux de parvenir à un tel accord, les pays ont accepté il y a quelques mois d'organiser ce congrès extraordinaire, le troisième seulement depuis la création de l'organisation en 1874. Les préoccupations soulevées par plusieurs pays, dont les Etats-Unis, concernaient le système de rémunération des envois par la poste des lettres de format encombrant et des petits paquets. Forte de ses 192 pays-membres, l'UPU -- dont le siège se trouve à Berne -- constitue le principal forum de coopération entre les acteurs du secteur postal. L'agence spécialisée de l'ONU prévoit que le pays de destination soit remboursé par le pays d'expédition des frais encourus pour assurer le service correspondant à la distribution. L'UPU fixe donc des frais (appelés taux de rémunération) que les postes de chaque pays répercutent pour la livraison de courriers et de petits paquets à travers le monde. Comme l'UPU classe les pays en quatre groupes de développement économique et postal, les pays pauvres et en développement, dont la Chine (qui se situe dans le 3e groupe), bénéficient de taux plus faibles que les pays riches en Europe et en Amérique du Nord. Selon Washington, ce système coûte aux Etats-Unis entre 300 et 500 millions de dollars par an (entre 273 et 455 millions d'euros). Le compromis trouvé à Genève permet aux Etats-Unis et aux autres membres de désigner leurs propres taux de façon progressive dès courant 2020 jusqu'en 2025. (Belga)