Travailler après sa pension, attention aux pièges

pension © Getty

Vous êtes pensionné, mais vous aimeriez arrondir vos fins de mois ? Voici ce à quoi il faut faire attention si vous ne voulez pas vous retrouver face à une bien mauvaise surprise.

De plus en plus de personnes qui ont plus de 65 se lancent dans un travail d’appoint pour étoffer un peu leur pension ou pour tout simplement rester actifs. En 10 ans, le nombre de personnes obtenant un revenu professionnel en plus de leur pension a augmenté de 55%. Et s’ils sont plus nombreux à travailler, ils travaillent aussi plus. Ainsi, à l’heure actuelle, un salarié de plus de 65 ans sur cinq travaille à plein temps.

Est-il possible de prendre sa pension tout en continuant de travailler à son rythme ?

Oui, en tant que pensionné ou prépensionné il est encore possible de travailler, mais sous certaines conditions. Et l’une des conditions à tenir particulièrement à l’œil est le plafond fixé par le Service des pensions pour ceux qui ont moins de 65 ans et qui n’ont pas travaillé 45 ans.

Le montant de ces plafonds est déterminé par plusieurs critères comme l’âge, le nombre d’années travaillées, le régime et la nature de la pension ou encore si vous avez un enfant à charge.

Il existe aussi une différence entre employé, ouvrier et indépendant. Les plafonds sont indiqués en brut pour les deux premiers et sont comptés en net pour les indépendants. Il faut se méfier également des indemnités de préavis, de rupture et de licenciement qui sont considérées comme des revenus professionnels et sont repris dans le calcul du plafond.

Quid des Flexi-jobs ?

Depuis 2018, il est aussi possible d’exercer un flexi-job. Soit un système qui permet, sous certaines conditions, de gagner des revenus supplémentaires sans payer de cotisations sociales ou de contributions. Le système n’est autorisé que dans certains secteurs, tels que l’hôtellerie, le commerce de détail, les soins de santé et les arts. Aujourd’hui ce serait près d’un travailleur de plus de 65 ans sur cinq qui opterait pour un travail flexible. Au troisième trimestre 2022, 14.468 retraités exerçaient un flexi-job. Mais attention, eux aussi sont soumis à des plafonds.

Faut-il se méfier des impôts ?

Oui. Si les flexi-jobs sont exonérés d’impôts, les revenus obtenus en tant que salarié, fonctionnaire ou indépendant sont taxés. Et cela peut grimper jusqu’à 50%. Pour éviter toute déconvenue, il est vivement conseillé de demander que l’on prélève un précompte plus élevé et de simuler une déclaration d’impôt à l’avance.

 Que se passe-t-il si je dépasse les montants autorisés ?

A quelques exceptions près, si vos revenus professionnels dépassent les montants autorisés, le SFP réduira ou suspendra votre pension pendant l’année au cours de laquelle vos revenus sont trop importants. La réduction ou la suspension va dépendre du pourcentage de dépassement. Ainsi, si vous dépassez de 30%, votre pension sera réduite de 30%. Si vous dépassez de 100% ou plus, la pension peut être suspendue pour toute l’année civile et vous devrez rembourser l’intégralité de votre pension. Une petite vérification en amont du plafond à ne pas dépasser montre ici tout son intérêt.

Est-ce que j’augmente le montant de ma pension en travaillant après avoir pris ma pension ?

Non, sauf exception. Le fait d’exercer une activité professionnelle autorisée ne donne pas droit à une pension supplémentaire. Même en cas de carrière mixte, une fois que vous prenez une pension dans un des régimes (par exemple comme fonctionnaire), vous ne pouvez pas vous constituer de droits de pension supplémentaires dans l’autre régime (par exemple, comme indépendant). Il a cependant quelques très rares exception (par exemple les militaires pensionnés). Pour savoir si vous bénéficiez d’une exception il faut se rendre sur le site de l’INASTI.

Le plafond en vigueur depuis le 1er janvier 2023:

>> salarié sans enfant à charge : 9.236 euros par an  (il monte à 13.854 euros si enfant à charge);

>> indépendant, aidant ou mixte :  7.389 euros par an  ( il monte à 11.083 euros si enfants à charge)

Dois-je déclarer mon activité ?

En règle générale, un pensionné de plus de 65 ans ne doit pas déclarer son activité professionnelle à son organisme de pension. La déclaration reste, par contre, obligatoire si on exerce des activités scientifiques ou artistiques ou une activité professionnelle à l’étranger encore un mandat politique ou autre. La déclaration peut être téléchargée ici.

Quid si mon conjoint bénéficie d’une pension au taux de ménage?

Une pension est calculée au taux de ménage si l’un des conjoints (il faut être marié pour en bénéficier) ne perçoit aucun revenu ou perçoit des revenus limités.

La personne qui ne bénéficie pas de pension propre peut néanmoins exercer une activité complémentaire. Jusqu’à l’âge de 65 ans, ce sont les mêmes limites de revenus que le partenaire. Par contre cela change après 65 ans. Dans le cas d’une pension au taux de ménage, le plafond de revenus est plus élevé, mais ne disparaît pas. Le conjoint est donc tenu à un plafond à vie. À partir de 65 ans, il est de 26 678 euros bruts en tant que salarié ou fonctionnaire sans enfants à charge et de 21 342 euros nets en tant qu’indépendant sans enfants à charge. Si le plafond est dépassé, la pension au taux de ménage (soit une prise en compte des salaires à concurrence de 75 %) est remplacée par une pension au taux d’isolé (soit 60% du salaire).

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