Depuis la rentrée, bon nombre de travailleurs sont retournés au bureau, que cela soit à temps partiel ou à temps plein. Après ces quelques semaines en présentiel, c'est l'occasion de faire le point : comment se sent-on après une journée passée au travail ? Des employés nous donnent leur avis: les uns adorent retourner au bureau, d'autres détestent et certains sont plutôt mitigés. Mais d'où viennent ces différences de perception du télétravail ?

Depuis quelques mois , il n'est plus question d'imposer le télétravail mais celui-ci est toujours vivement conseillé quand il peut être organisé. De nombreuses entreprises permettent dès lors à leurs employés de travailler quelques jours depuis leur domicile. C'est le cas d'Eliane (25 ans) qui travaille pour un bureau de recrutement. Cette dernière se confiait à HLN.be : ce retour en partie en présentiel, en partie en télétravail, lui est relativement égal et ne lui pose pas de difficulté. Le souci est plus la pression indirecte qui est mise sur le présentiel. "Il n'est pas encore obligatoire de revenir au bureau, mais indirectement on vous impose d'y être le plus souvent possible", explique-t-elle à HLN.be.

Et de dénoncer que cette pression d'un retour se fait via des remarques comme "Mais pourquoi n'êtes-vous pas au bureau aujourd'hui ?", et ce même s'il n'y a aucune obligation officielle de la part de l'entreprise. "Personnellement, je n'aime pas ça. On a l'impression que les gens ne font pas confiance aux employés, alors que les chiffres de notre entreprise étaient super bons quand tout le monde travaillait à domicile."

Méfiance vis-à-vis du télétravail

Ce manque de confiance (apparent ou évident) est souvent évoqué alors qu'en général le sérieux des employés ainsi que l'efficacité du télétravail ne sont plus à démontrer. Selon une étude de Robert Half, leader mondial dans le recrutement spécialisé, daté de juillet 2021 et effectué auprès de 300 managers belges, 20% des managers ne sont pas convaincus par le travail hybride. Ils préfèreraient que toute leur équipe soit présente au bureau tous les jours de la semaine. Les principales raisons invoquées par ces dirigeants sont la plus grande facilité à gérer leur équipe en présentiel qu'à distance, une meilleure ambiance entre collègues contribuant, selon eux, à maintenir une bonne culture d'entreprise et une meilleure efficacité dans le suivi des projets.

"C'est étonnant, compte tenu du fait que la demande de travail hybride est forte de la part des travailleurs", explique Solange Meunier, Branch Manager chez Robert Half. "Il sera important que les managers discutent des attentes des deux côtés avec leur équipe. Il est important de réfléchir à la bonne approche pour l'avenir. Avec des efforts des deux côtés, le télétravail ne doit pas être un problème pour la culture d'entreprise. La flexibilité est et restera un aspect important de la carrière des travailleurs, et c'est du donnant-donnant" poursuit la spécialiste du recrutement.

L'euphorie du retour en présentiel

Céline (37 ans) fait partie de la catégorie des "impatient.es" de revenir sur leur lieu de travail. "Après un an de télétravail, nous confie-t-elle, je suis contente de retourner au bureau deux ou trois jours par semaine. J'avais l'impression d'avoir atteint les limites du télétravail. Les réunions zoom c'est bien, mais rien ne remplace un vrai contact humain. Comme je n'habite qu'à quelques kilomètres de mon lieu de travail, je ne gagne pas énormément de temps lorsque je travaille chez moi. Même si le télétravail a ses avantages (pouvoir faire une course à l'heure de midi par exemple), ils ne compensent pas pour moi les effets bénéfiques sur le moral du travail sur place. De plus, le travail au bureau permet d'avoir une séparation nette entre le travail et la vie privée : le trajet le matin et le soir constitue une coupure qu'il n'y a pas lorsqu'on télétravaille. Mais je comprends toutefois que les personnes qui doivent affronter plusieurs heures d'embouteillages pour se rendre au bureau ne partagent pas ce sentiment."

Il ne faut cependant pas oublier que le télétravail peut être source défis ou de risques. Etre, par exemple une source de stress, comme l'explique Karolien Hendrickx, docteur à l'UHasselt et responsable scientifique chez Hallelujah: "Le travail à domicile a apporté un stress supplémentaire pour beaucoup, ainsi qu'une pression d'être constamment disponible." Les stress qui y sont liés peuvent multiples : les travailleurs craignant d'être trop surveillés ou au contraire livrés à eux-mêmes, l'absence d'objectifs déterminés ou de règles bien précises, la perte de cohésion, ou encore un esprit d'équipe en berne...

De plus, il y a d'autres facteurs qu'il ne faut pas négliger, comme les facteurs environnementaux et sociaux. "Le télétravail augmente en effet les risques sanitaires, car l'espace à la maison peut être moins adapté que sur le lieu de travail, mais expose également le travailleur à l'isolement et à certains troubles sociaux."

Séduit.e par le télétravail

Et puis il y a mon point de vue, Virginie (48 ans), enthousiaste à l'idée de pouvoir continuer à télétravail. "Je n'ai rien contre le fait d'aller au bureau mais l'obligation de télétravail en début de crise sanitaire m'a fait gagner un temps précieux : ne plus devoir me rendre quotidiennement sur mon lieu de travail c'est gagner (dans mon cas) 1h30 à 2h30 de temps de trajets par jour. Du temps que je peux mettre à profit pour mes enfants ou pour moi. Malgré le fait que parfois la frontière "vie privée vs vie professionnelle" se brouille, j'ai eu avec le télétravail l'impression de sortir d'une routine "auto-boulot-dodo". Routine dans laquelle je me posais parfois la question "et le temps pour moi, il est où dans cette équation ?" Le télétravail me l'a rendu ! Mais bien entendu, un juste milieu doit être trouvé."

Selon une enquête de Partena Professional, 3 jours de télétravail par semaine, c'est l'équilibre que souhaiterait une majorité de travailleurs. Ces derniers souhaitant conserver le télétravail mais voudrait le combiner avec un travail collaboratif en présentiel afin de maintenir un lien social sur leur lieu de travail. Mais l'enquête précise que si ce ratio de 3 jours de télétravail par semaine contre 2 jours en présentiel semble être l'équilibre idéal pour les employés, il est bien évident qu'une telle décision doit être prise en commun accord avec l'employeur qui ne sera sans doute pas toujours de cet avis.

Réinventer le travail

Si le juste milieu entre présentiel et distanciel semble remporter bien des suffrages, pourquoi ne pas aussi penser à une organisation du travail différente ?

Ann De Bisschop, experte spécialisée dans le bonheur et le bien-être au travail, estimait sur le site de HLN.be que le fait de devoir se rendre au bureau à plein temps appartient au passé. "Le travail n'est plus un lieu, mais une activité. L'endroit où vous travaillez n'a pas vraiment d'importance". Tant que votre travail le fait.

La deuxième chose qui n'a plus de sens, selon elle, est de devoir travailler de neuf heures à cinq heures en présentiel. L'idéal serait de commencer sa journée à la maison, et de se rendre sur son lieu de travail lors des heures creuses afin de gagner du temps. Cela pourrait être un gain de productivité pour les entreprises qui peuvent se permettre d'organiser des plages horaires étendues pour leurs collaborateurs.

Et si, en plus de l'équilibre "présentiel-distanciel" à trouver, les maîtres mots du mode de travail à venir sont "flexibilité et liberté" ?

Depuis la rentrée, bon nombre de travailleurs sont retournés au bureau, que cela soit à temps partiel ou à temps plein. Après ces quelques semaines en présentiel, c'est l'occasion de faire le point : comment se sent-on après une journée passée au travail ? Des employés nous donnent leur avis: les uns adorent retourner au bureau, d'autres détestent et certains sont plutôt mitigés. Mais d'où viennent ces différences de perception du télétravail ?Depuis quelques mois , il n'est plus question d'imposer le télétravail mais celui-ci est toujours vivement conseillé quand il peut être organisé. De nombreuses entreprises permettent dès lors à leurs employés de travailler quelques jours depuis leur domicile. C'est le cas d'Eliane (25 ans) qui travaille pour un bureau de recrutement. Cette dernière se confiait à HLN.be : ce retour en partie en présentiel, en partie en télétravail, lui est relativement égal et ne lui pose pas de difficulté. Le souci est plus la pression indirecte qui est mise sur le présentiel. "Il n'est pas encore obligatoire de revenir au bureau, mais indirectement on vous impose d'y être le plus souvent possible", explique-t-elle à HLN.be. Et de dénoncer que cette pression d'un retour se fait via des remarques comme "Mais pourquoi n'êtes-vous pas au bureau aujourd'hui ?", et ce même s'il n'y a aucune obligation officielle de la part de l'entreprise. "Personnellement, je n'aime pas ça. On a l'impression que les gens ne font pas confiance aux employés, alors que les chiffres de notre entreprise étaient super bons quand tout le monde travaillait à domicile." Méfiance vis-à-vis du télétravailCe manque de confiance (apparent ou évident) est souvent évoqué alors qu'en général le sérieux des employés ainsi que l'efficacité du télétravail ne sont plus à démontrer. Selon une étude de Robert Half, leader mondial dans le recrutement spécialisé, daté de juillet 2021 et effectué auprès de 300 managers belges, 20% des managers ne sont pas convaincus par le travail hybride. Ils préfèreraient que toute leur équipe soit présente au bureau tous les jours de la semaine. Les principales raisons invoquées par ces dirigeants sont la plus grande facilité à gérer leur équipe en présentiel qu'à distance, une meilleure ambiance entre collègues contribuant, selon eux, à maintenir une bonne culture d'entreprise et une meilleure efficacité dans le suivi des projets."C'est étonnant, compte tenu du fait que la demande de travail hybride est forte de la part des travailleurs", explique Solange Meunier, Branch Manager chez Robert Half. "Il sera important que les managers discutent des attentes des deux côtés avec leur équipe. Il est important de réfléchir à la bonne approche pour l'avenir. Avec des efforts des deux côtés, le télétravail ne doit pas être un problème pour la culture d'entreprise. La flexibilité est et restera un aspect important de la carrière des travailleurs, et c'est du donnant-donnant" poursuit la spécialiste du recrutement.L'euphorie du retour en présentielCéline (37 ans) fait partie de la catégorie des "impatient.es" de revenir sur leur lieu de travail. "Après un an de télétravail, nous confie-t-elle, je suis contente de retourner au bureau deux ou trois jours par semaine. J'avais l'impression d'avoir atteint les limites du télétravail. Les réunions zoom c'est bien, mais rien ne remplace un vrai contact humain. Comme je n'habite qu'à quelques kilomètres de mon lieu de travail, je ne gagne pas énormément de temps lorsque je travaille chez moi. Même si le télétravail a ses avantages (pouvoir faire une course à l'heure de midi par exemple), ils ne compensent pas pour moi les effets bénéfiques sur le moral du travail sur place. De plus, le travail au bureau permet d'avoir une séparation nette entre le travail et la vie privée : le trajet le matin et le soir constitue une coupure qu'il n'y a pas lorsqu'on télétravaille. Mais je comprends toutefois que les personnes qui doivent affronter plusieurs heures d'embouteillages pour se rendre au bureau ne partagent pas ce sentiment."Il ne faut cependant pas oublier que le télétravail peut être source défis ou de risques. Etre, par exemple une source de stress, comme l'explique Karolien Hendrickx, docteur à l'UHasselt et responsable scientifique chez Hallelujah: "Le travail à domicile a apporté un stress supplémentaire pour beaucoup, ainsi qu'une pression d'être constamment disponible." Les stress qui y sont liés peuvent multiples : les travailleurs craignant d'être trop surveillés ou au contraire livrés à eux-mêmes, l'absence d'objectifs déterminés ou de règles bien précises, la perte de cohésion, ou encore un esprit d'équipe en berne... De plus, il y a d'autres facteurs qu'il ne faut pas négliger, comme les facteurs environnementaux et sociaux. "Le télétravail augmente en effet les risques sanitaires, car l'espace à la maison peut être moins adapté que sur le lieu de travail, mais expose également le travailleur à l'isolement et à certains troubles sociaux."Séduit.e par le télétravailEt puis il y a mon point de vue, Virginie (48 ans), enthousiaste à l'idée de pouvoir continuer à télétravail. "Je n'ai rien contre le fait d'aller au bureau mais l'obligation de télétravail en début de crise sanitaire m'a fait gagner un temps précieux : ne plus devoir me rendre quotidiennement sur mon lieu de travail c'est gagner (dans mon cas) 1h30 à 2h30 de temps de trajets par jour. Du temps que je peux mettre à profit pour mes enfants ou pour moi. Malgré le fait que parfois la frontière "vie privée vs vie professionnelle" se brouille, j'ai eu avec le télétravail l'impression de sortir d'une routine "auto-boulot-dodo". Routine dans laquelle je me posais parfois la question "et le temps pour moi, il est où dans cette équation ?" Le télétravail me l'a rendu ! Mais bien entendu, un juste milieu doit être trouvé."Selon une enquête de Partena Professional, 3 jours de télétravail par semaine, c'est l'équilibre que souhaiterait une majorité de travailleurs. Ces derniers souhaitant conserver le télétravail mais voudrait le combiner avec un travail collaboratif en présentiel afin de maintenir un lien social sur leur lieu de travail. Mais l'enquête précise que si ce ratio de 3 jours de télétravail par semaine contre 2 jours en présentiel semble être l'équilibre idéal pour les employés, il est bien évident qu'une telle décision doit être prise en commun accord avec l'employeur qui ne sera sans doute pas toujours de cet avis.Réinventer le travailSi le juste milieu entre présentiel et distanciel semble remporter bien des suffrages, pourquoi ne pas aussi penser à une organisation du travail différente ? Ann De Bisschop, experte spécialisée dans le bonheur et le bien-être au travail, estimait sur le site de HLN.be que le fait de devoir se rendre au bureau à plein temps appartient au passé. "Le travail n'est plus un lieu, mais une activité. L'endroit où vous travaillez n'a pas vraiment d'importance". Tant que votre travail le fait.La deuxième chose qui n'a plus de sens, selon elle, est de devoir travailler de neuf heures à cinq heures en présentiel. L'idéal serait de commencer sa journée à la maison, et de se rendre sur son lieu de travail lors des heures creuses afin de gagner du temps. Cela pourrait être un gain de productivité pour les entreprises qui peuvent se permettre d'organiser des plages horaires étendues pour leurs collaborateurs.Et si, en plus de l'équilibre "présentiel-distanciel" à trouver, les maîtres mots du mode de travail à venir sont "flexibilité et liberté" ?