Le gouvernement l'avait promis dans la déclaration gouvernementale. Il a fini par mettre au point un projet de budget mobilité. Une manière d'encourager les entreprises à ne pas miser uniquement sur la voiture de société parmi les avantages fiscalement favorables pour les salariés.
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Le gouvernement l'avait promis dans la déclaration gouvernementale. Il a fini par mettre au point un projet de budget mobilité. Une manière d'encourager les entreprises à ne pas miser uniquement sur la voiture de société parmi les avantages fiscalement favorables pour les salariés. Un accord est intervenu lors du conseil des ministres du 16 mars dernier. Les entreprises pourront proposer un budget mobilité à la place d'une voiture de société, dans des conditions fiscales voisines. Soit le bénéficiaire choisira un véhicule plus petit et pourra ajouter un abonnement de train, de tram/bus, un vélo électrique ou un accès à des voitures partagées. Soit il renonce à l'automobile et adopte une série de services de mobilité à concurrence du montant fixé. Cela peut inclure la location d'un studio proche du bureau. A dire vrai, les entreprises pouvaient déjà offrir ce type de choix. Sauf que le traitement fiscal et social était différent selon la solution adoptée. Le gouvernement va harmoniser tout cela. Le point le plus spectaculaire est l'option cash for car, la possibilité de rendre sa voiture de société et de recevoir une somme d'argent mensuelle, appelée allocation de mobilité, moins touchée par les prélèvements que le salaire. Selon SD Works (1), une auto de 31.000 euros (valeur catalogue), émettant 180 g de CO2/km, avec carte de carburant, représente une indemnité brute de mobilité de 531 euros par mois, qui se traduit par 486 euros net pour le salarié. L'impact de ces mesures ? Surtout améliorer la vie quotidienne de salariés. Pour l'heure, les accros à l'automobile tendent à ne pas prendre en considération d'autres moyens de transports. Par (manque d')habitude. La voiture de société ne les y incite pas financièrement. Le budget mobilité, plus que le cash for car, pourrait créer un déclic, ouvrir l'esprit sur tous les moyens de transport auxquels l'automobiliste n'avait pas songé. Cela devrait surtout toucher les citadins. Côté embouteillages, l'effet pourrait être modéré et surtout temporaire. La Belgique compte 7,6 millions de véhicules, dont 5,6 millions d'automobiles. Dans ce parc roulent 445.000 voitures de société (voitures salaires). L'option cash for car ne devrait pas réduire ce parc de plus de 10 %, soit 44.000 autos, si tous les employeurs proposent la formule (ils n'y seront pas obligés). Or, chaque année, le parc total augmente de 50.000 à 100.000 voitures. L'effet de l'option cash for car et du budget mobilité devrait être rapidement compensé par l'appétit continu pour les voitures, qui touche un marché plus large que celui des voitures de société. z