1. Finance&invest.brussels est recapitalisé à hauteur de 134 millions d'euros. Les entreprises ne manquent-elles pas plus de bons projets d'investissement que de sources de financement?
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1. Finance&invest.brussels est recapitalisé à hauteur de 134 millions d'euros. Les entreprises ne manquent-elles pas plus de bons projets d'investissement que de sources de financement? L'enjeu, c'est évidemment le deal flow et les projets. Mais nous sommes dans une dynamique très positive. En trois ans, notre volume annuel d'investissements est passé de 8 à 40 millions d'euros. Nous avions besoin d'argent frais pour ne pas, demain, devoir choisir entre deux bons projets. Bruxelles était le parent pauvre en matière d' invest, par rapport à la PMV ou la SRIW. La recapitalisation remet nos moyens à hauteur des besoins du marché. Elle nous permet aussi d'aller chercher de la dette. Au total, c'est quelque 450 millions que nous pouvons mettre à disposition des start-up, des scale-up et des PME bruxelloises. J'insiste sur cette dernière catégorie. Nous sommes au service des PME matures et qui ont vu leur business model mis à mal par la crise. Nous pouvons les aider à se retourner. 2. Vous disposez de moyens supplémentaires. Comptez-vous cibler leur utilisation vers quelques secteurs? Nous avons défini cinq pôles d'investissement prioritaires: le bien-être en ville (mobilité et construction intelligentes, silver economy) ; la démocratie 2.0, avec les boîtes de govtechs ou de legaltechs qui se développent grâce à la proximité des institutions belges et la présence de grands cabinets d'avocats internationaux ; l'alimentation, en nous appuyant sur les succès d'Exki, du Beer Project, de Permafungi et autres ; l'industrie créative, les médias et l' entertainment ; les fintechs et insuretechs. Nous restons bien évidemment ouverts aux autres dossiers, mais c'est dans ces cinq secteurs que nous serons réellement à l'affût des opportunités. Ce n'est pas juste une déclaration politique, il y a un vrai terreau bruxellois dans ces domaines. 3. La recapitalisation conforte la présence des partenaires privés, qui amènent ensemble 45 millions d'euros à finance&invest.brussels. Au-delà du montant, qu'est-ce que cela vous apporte? Je suis très fier d'avoir réussi à attirer de tels partenaires. Ils apportent une expérience complémentaire, qui sera très précieuse. Solvay a déjà lancé un "innovation campus" à Bruxelles, sa participation à notre invest conforte son ancrage régional. Quand nous finançons une entreprise, nous avons toujours un objectif de rentabilité. Mais ce n'est pas le seul: nous sommes très attentifs au développement de l'entreprise, à son apport à l'économie locale, à la manière dont elle peut créer de la valeur. Nous sommes alors sans doute un peu plus patient qu'un investisseur classique, avec un horizon de sortie à relativement long terme, comme une sorte d'orpailleur bienveillant.