Taxe financière: le Parlement européen négocie, Sarkozy insiste

09/01/12 à 19:33 - Mise à jour à 19:33

Source: Trends-Tendances

La commission économique et financière du Parlement européen a débattu ce lundi des modalités d'une taxe européenne sur les transactions financières, alors même qu'à Berlin le président français Nicolas Sarkozy réaffirmait sa volonté d'instaurer une telle taxe rien qu'en France.

Taxe financière: le Parlement européen négocie, Sarkozy insiste

© BELGA/AFP

"Ma conviction, c'est que si nous ne montrons pas l'exemple, ça ne se fera pas", a estimé M. Sarkozy devant la presse, "l'idée de la France, c'est tout simplement d'appliquer le projet de directive sur la création d'une taxe sur les transactions financières tel qu'il est prévu par la Commission".

Au Parlement européen, un député de son parti, Jean-Paul Gauzès donnait au même moment une précision importante. Une taxe financière ne serait instituée en France qu'en cas d'échec des négociations actuelles sur le projet européen, a-t-il dit.

Ces négociations viennent en fait de s'engager entre les Etats membres de l'UE. Le Royaume-Uni, s'oppose farouchement à une taxe européenne sur les transactions, bien que le pays perçoive déjà une taxe similaire sur les actions ("stamp duty"), qui rapporte chaque année plusieurs milliards d'euros au Trésor. Face à lui, un groupe de pays, dont la France, l'Allemagne et la Belgique, défend la mise en oeuvre d'une taxe européenne.

Le débat au Parlement européen - qui n'a qu'un rôle consultatif dans les matières fiscales - a reflété lundi l'ampleur des divergences d'opinion en Europe. Les opposants à la taxe ont souligné son impact négatif sur la croissance, ainsi que le risque de délocalisation des activités.

"Ce sont les investisseurs européens qui finiront par payer", a renchéri la conservatrice britannique Vicky Ford, citant les fonds de pension et les assurances.

Un nombre croissant de députés soutiennent néanmoins cette taxe qui doit réduire la spéculation tout en augmentant les recettes des Etats. Plusieurs d'entre eux ont souligné que le risque de déplacement des transactions pouvait être maîtrisé.

Trends.be, avec Belga

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