Impôt, travail, richesse : les clés éco du grand débat

03/05/12 à 09:30 - Mise à jour à 09:30

Source: Trends-Tendances

Nicolas Sarkozy et François Hollande ont lutté hier soir, lors du grand débat de la présidentielle française. Entre la notion de "vrai travail" et l'augmentation du chômage, en passant par la pression fiscale : voici les points économiques principaux abordés par les deux candidats.

Impôt, travail, richesse : les clés éco du grand débat

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Vrai travail contre faux travail ?

Dès l'entame du débat, Nicolas Sarkozy a moqué son adversaire : pour être président, il faut "parler à tous, y compris, ceux qui n'ont pas vos idées, (...) c'est peut-être ce qui fait notre différence", a assuré le candidat UMP.

Réplique de François Hollande : "Je dois avoir le sens de la réunion, de la réconciliation" des Français. Moi, je ne distingue pas le vrai travail du faux, les syndicalistes qui me plaisent et ceux qui ne me plaisent pas, les organisations patronales (...), je n'oppose pas les salariés du privé et du public, je n'essaie pas de savoir qui est né ici depuis combien de générations, nous sommes tous Français et nous devons nous retrouver dans le même effort."

Sarkozy trébuche sur les comparaisons européennes

Nicolas Sarkozy a répété à plusieurs reprises que "La France est le pays d'Europe avec la Suède qui a les impôts les plus lourds". Faux, souligne Owni.fr : "Nicolas Sarkozy mentionne à juste titre la Suède mais oublie son voisin danois. Avec 50,2 % de taux de prélèvements obligatoires en part du PIB en 2009 (dernières données disponibles), le Danemark était en effet le pays d'Europe aux impôts les plus lourds. Suivi de près par la Suède (49,2 %). Et de bien plus loin par la France, dont les prélèvements obligatoires représentaient 42,6 % du PIB en 2009."

"Quel est le pays qui n'a pas un connu un trimestre de récession depuis 2009 ?, a encore interrgé le candidat UMP. Y a-t-il un pays d'Europe, de l'OCDE qui a fait mieux que la France en termes de croissance depuis 2009 ?" D'après les données OCDE citées par Owni.fr, "si la France a effectivement connu aucun trimestre de récession depuis 2009 (tout juste, car elle a enregistré 0 % de croissance au second trimestre de 2011), elle est loin d'être la seule : la Suisse et Suède étaient également dans ce cas."

Riches vs pauvres

Chacun sa stratégie : attaque du bilan pour le candidat socialiste, illustration du réformisme malgré la crise pour Nicolas Sarkozy.

François Hollande : "Cette dette publique est née à la fois de vos largesses fiscales pour les plus favorisés et, en même temps, de cette incapacité qui a été la vôtre de maîtriser la dépense publique."

Nicolas Sarkozy : "Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres !" Et le candidat UMP d'accuser son rival de "laxisme" et de "folie dépensière". "Plus de pauvres et des riches plus riches", lui a répondu François Hollande.

Chiffres du chômage : info ou intox ?

Nicolas Sarkozy a accusé son rival de fournir des chiffres "faux" sur l'augmentation du chômage en cinq ans, reproduisant la bataille de chiffres à laquelle se sont livrés pendant plusieurs mois les lieutenants des deux candidats.

Pour François Hollande, "le chômage a augmenté : si l'on prend l'ensemble des personnes inscrites, d'un million" pour atteindre "4 millions de personnes", ou "de 700.000" si "l'on prend les personnes qui n'ont aucune activité". "C'est beaucoup, c'est énorme. C'est un record" et "c'est un échec", a-t-il martelé en rappelant au président-candidat son objectif formulé en 2007 de ramener le taux de chômage à 5 % au bout de cinq ans.

"Les chiffres de M. Hollande, ils sont faux", a rétorqué Nicolas Sarkozy. Prenant cette fois les chiffres de l'Insee correspondant à la définition du chômage au sens du Bureau international du travail, le candidat UMP a assuré que "le chômage a augmenté de 422.000, ce qui est trop, entre 2007 et 2011, soit une augmentation de 18,7 %". "Je ne me glorifie pas d'une augmentation de 18,7 %" mais, a-t-il ajouté, "nous avons un taux de chômage qui a augmenté deux fois moins que (la moyenne de) nos partenaires de la zone euro".

V.D., avec L'Express.fr

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