Elections britanniques: demandez le programme

12/04/10 à 16:26 - Mise à jour à 16:26

Source: Trends-Tendances

Semaine cruciale pour les élections législatives du 6 mai. Les trois principaux partis commencent, dès lundi, à présenter leurs programmes. Autre rendez-vous phare : un débat télévisé entre les candidats jeudi soir. Une première au Royaume-Uni.

Elections britanniques: demandez le programme

© Reuters

Semaine cruciale pour les élections législatives du 6 mai. Les trois principaux partis commencent, dès lundi, à présenter leurs programmes. Autre rendez-vous phare : un débat télévisé entre les candidats jeudi soir. Une première au Royaume-Uni.

La campagne pour le scrutin du 6 mai au Royaume-Uni entre dans le vif du sujet cette semaine. Les trois principaux partis vont dévoiler leurs programmes d'ici à mercredi. Le coup d'envoi sera donné, lundi 12 avril à Birmingham, par le premier ministre Gordon Brown, chef de file des travaillistes, au pouvoir depuis 1997. Il sera suivi, mardi, par David Cameron, le dirigeant conservateur, et mercredi par Nick Clegg, le patron des libéraux démocrates. A quatre semaines du scrutin, les tories arrivent en tête avec 39% des intentions de vote, contre 32% pour les travaillistes et 16% pour les libéraux-démocrates, d'après un sondage, publié dimanche par The Independent on Sunday.

Si les trois principales formations se bousculent pour rendre public leurs programmes cette semaine, c'est parce que la chaîne privée ITV accueillera un débat télévisé entre les principaux candidats, jeudi soir. C'est une première au Royaume-Uni, où les partis ont, jusque-là, toujours refusé de se prêter à cet exercice, jugé trop " présidentiel " dans un pays très attaché à son système parlementaire. Deux autres débats sont prévus, le 22 avril sur Sky News et le 29 avril sur la BBC.

Prudence sur les mesures économiques qui fâchent...

Vu l'état désastreux des finances publiques, provoqué par l'intervention massive du gouvernement pour sauver les banques et relancer l'activité après le krach financier de 2008, la marge de manoeuvre des partis est extrêmement restreinte. Avec un déficit budgétaire (11,8%) similaire à celui de la Grèce et une dette publique qui s'envole pour atteindre 75% du PIB en 2014, les programmes affichés par les trois grandes formations seront forcément prudents.

Ils rechignent, pour le moment, à préciser l'étendue des hausses d'impôts et des coupes dans les dépenses publiques qui semblent inévitables. Les conservateurs répètent depuis plusieurs mois qu'ils veulent réduire plus rapidement les déficits que le gouvernement. Ce dernier affirme que son programme de rigueur ne commencera pas avant 2012 pour ne pas saper la reprise. Quant aux libéraux-démocrates, qui pourraient être en position d'arbitre, si aucun parti n'obtient de majorité à l'issue de scrutin (à un tour) du 6 mai, ils ne contestent pas la nécessité de réduire le train de vie de l'Etat.

... Mise en avant des réformes politiques qui ne coûtent rien

A défaut de pouvoir formuler des promesses sonnantes et trébuchantes, les partis vont surtout s'efforcer, cette semaine, de mettre en avant des réformes politiques peu onéreuses. C'est ainsi que les travaillistes vont s'engager à organiser un référendum sur la réforme du système électoral pour introduire une plus grande dose de proportionnelle. C'est un clin d'oeil aux sympathisants des libéraux-démocrates dont c'est un cheval de bataille depuis des lustres. Tony Blair avait déjà évoqué cette idée en... 1997. La différence, cette fois-ci, c'est que le Parti travailliste promet de tenir cette consultation avant octobre 2011. Autre réforme dont l'annonce est prévue : faire de la chambre des lords une assemblée élue au suffrage universel, la débarrassant des membres héréditaires.

Quant aux conservateurs, ils devraient affirmer leur volonté de mettre en place un service civil facultatif pour les jeunes. David Cameron va sans doute aussi répéter son engagement à limiter les salaires des dirigeants des services publics. Ils ne pourront pas être vingt fois supérieurs à ceux des employés les moins bien payés de leur organisation. Là encore, c'est une tentative d'ouverture en direction, cette fois, des électeurs de gauche.

En ce qui concerne les mesures économiques, voici les positions défendues par les deux principales formations.

Le Parti travailliste

. Comptes publics : réduire de moitié le déficit public en 4 ans.
. Familles : multiplier par trois le nombre de places disponibles dans les crèches, gel du seuil des droits de succession, à partir de £325 000 (365 000 euros).
. Entreprises : report de la hausse de l'impôt pour les PME, création d'une banque d'investissement verte pour stimuler l'investissement dans les biotechnologies.
. Fiscalité : maintien du taux supérieur de l'impôt sur le revenu à 50% pour ceux qui gagnent plus de £150 000 (166 000 euros) par an, création d'un impôt exceptionnel de 50% pour les bonus bancaires supérieurs à £250 000 (280 000 euros).
. Travail : limitation de la hausse du salaire des fonctionnaires à 1% jusqu'en 2013.
. Jeunes : exemption du droit de timbre pour les primo-accédants, garantie d'emploi pour les 18-24 ans après six mois de chômage, création de 20 000 nouvelles places pour les étudiants dans les universités.

Le Parti conservateur

. Comptes publics : réduire dès 2010 les dépenses de l'état d'au moins £12 milliards (13,5 milliards d'euros), présenter un budget de crise dans les 50 jours suivant leur arrivée au pouvoir, créer un " bureau indépendant pour la responsabilité budgétaire " pour auditer les comptes publics.
. Entreprises : baisser le taux de l'impôt sur les sociétés de 28% à 25% et à 20% pour les PME, attribution de 25% des marchés publics aux PME.
. Familles : baisse des allocations des familles les plus riches, relever le seuil des droits de succession à £1 million (1,120 millions d'euros).
. Travail : gel d'un an du salaire pour deux-tiers des fonctionnaires, réduction de 5% du salaire des ministres qui seront ensuite gelés pendant 5 ans, passage de l'âge de la retraite à 66 ans en 2016 pour les hommes et en 2020 pour les femmes.
. Jeunes : financer 200 000 postes d'apprentissage en deux ans.

Yves-Michel Riols

Trends.be, L'Expansion.com

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