Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

28/12/12 à 14:34 - Mise à jour à 14:34

Le cartel des tubes cathodiques mis à l'amende

La nouvelle n'a pas fait de vagues et pourtant ce n'est pas tous les jours que la commission européenne inflige une amende colossale de 1,47 milliards d'euros, à la mesure de la fraude qui a été détectée et ainsi sanctionnée...

Cette sanction visait une entente entre 8 fabricants d'écrans de télévision et d'ordinateurs. Le terme "entente" prend toute sa signification quand on lit le compte rendu de la commission. Les pratiques de ces fabricants portaient sur "la fixation des prix, la coordination des capacités et de la production, et l'échange d'informations commerciales sensibles". Tout ce petit monde - qui va de Philips, à LG Electronics, en passant par Panasonic, Samsung ou Toshiba - semble s'être entendu au détriment du consommateur.


C'est en tout cas l'avis de la commission, avis non partagé par certains dont Philips qui va en appel pour contester cette décision. Ce qu'il convient de retenir de cette sanction de 1,47 milliards, c'est la manière dont la commission y est arrivée. Comme le faisait remarquer justement le journal Le Monde, la commission de la concurrence n'aurait pas pu mettre à jour ce genre d'entente s'il n'y a avait pas eu délation d'un des membres du "cartel des tubes cathodiques".


La commission européenne pratique ainsi ce que les américains appelle la "clémence". En d'autres termes, l'entreprise qui se dénonce et donc également ses petits camarades, bénéficie de l'immunité. Dans le cas présent, c'est l'entreprise taiwanaise, Chungwa - tout autant coupable - qui en dénonçant les autres a pu échapper à l'amende.


Pas très moral, mais efficace - car comme le dit bien Le Monde, si on appliquait la même méthode qu'aux Etats-Unis - à savoir non pas une amende mais une sanction pénale qui peut aboutir à la prison - cela risquerait de décourager les délateurs et cette pratique, tant utile qu'immorale. Pour une fois, les Européens se montrent plus efficaces pour lutter contre la fraude même si la morale en prend un coup. Mais que ne ferait-on pas pour récupérer 1,47 milliards d'euros, surtout en période de crise !

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