L'OCDE demande des mesures pour tempérer l'immobilier belge

28/11/17 à 15:25 - Mise à jour à 29/11/17 à 11:38

Source: Belga

L'Organisation de coopération et de développement économiques est en faveur de mesures visant à tempérer l'emballement sur le marché immobilier en Belgique, ressort-il mardi de ses dernières Perspectives économiques. Plus tôt ce mois-ci, la Banque nationale de Belgique avait déjà demandé des mesures en ce sens au gouvernement.

L'OCDE demande des mesures pour tempérer l'immobilier belge

© iStockphoto

"Les facteurs de vulnérabilité du secteur financier sont limités, les tests de résistance mettant en évidence la solidité du secteur bancaire. Toutefois, des taux d'intérêt durablement bas pourraient créer des risques. Les prix des logements et les prêts hypothécaires ont déjà augmenté considérablement. La poursuite de l'amélioration des mesures macroprudentielles en vue d'atténuer les risques liés au marché du logement serait opportune", estime l'OCDE.

Il y a quelques jours, la Banque nationale de Belgique avait déjà lancé un appel en ce sens. Elle souhaite contraindre les banques d'augmenter leurs réserves de capitaux en fonction du risque de l'ensemble de leur portefeuille de crédits hypothécaires. Elles seraient ainsi obligées de se constituer une réserve de capitaux de près de 550 millions d'euros.

Dans ses perspectives, l'OCDE aborde également le marché du travail en Belgique et l'enseignement. La croissance pourrait être mieux partagée "si la situation des travailleurs immigrés, peu qualifiés et âgés sur le marché du travail était encore améliorée", estime-t-elle. "Il est particulièrement important d'accroître la capacité du système éducatif à doter les élèves défavorisés de Belgique de qualifications nécessaires, de proposer des formations en cours d'emploi et de favoriser un recours plus fréquent aux horaires variables", préconise l'organisation.

La croissance économique s'est accélérée en 2017 et devrait se stabiliser à 1,7% en 2018 et en 2019, prédit l'OCDE. La consommation privée sera un important moteur de la croissance, selon elle, grâce à une augmentation de l'emploi et une hausse des salaires. Inversement, une baisse des prix de l'immobilier pourrait peser sur les dépenses des ménages.

La dette publique, qui s'est établie à 105,7 % du PIB en 2016, demeure élevée, juge une nouvelle fois l'organisation. Pour garantir sa viabilité, il est important que les autorités ne dévient pas de leur trajectoire d'assainissement à moyen terme, préconise-t-elle dès lors.

Dans une réaction, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) qualifie ces perspectives de "bonnes" pour la Belgique. "L'OCDE voit la consommation privée, et donc le pouvoir d'achat, comme un moteur important de la croissance. Tant les investissements publics que privés se situent à un niveau solide. L'OCDE note également que la réduction des charges sur le travail a également un effet positif sur le plan budgétaire", relève-t-il. "Le travail n'est pas terminé mais les réformes menées portent donc leurs fruits", se félicite-t-il.

Le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) partage, de son côté, l'avis de l'OCDE selon lequel des mesures spécifiques doivent être prises pour, par exemple, faire travailler les personnes peu qualifiées ou plus âgées et les maintenir sur le marché du travail. Le ministre de l'Economie et de l'Emploi renvoie d'ailleurs à des décisions du gouvernement comme l'objectif de cinq jours de formation par an et par travailleur ou la mise en place d'appels mystères (mystery calls) afin de lutter contre les discriminations sur le marché du travail.

D'après Kris Peeters, ce rapport de l'OCDE confirme par ailleurs que l'économie et le marché du travail belges prestent à un haut niveau. "La confiance des entrepreneurs augmente, les entreprises sont prêtes à investir et il y a une croissance forte et stable. En outre, il y a une solide augmentation du taux d'emploi grâce à la modération des salaires, la loi réformée de 1996 (loi sur la compétitivité des entreprises dans le cadre de laquelle la marge salariale a été resserrée, NDLR) et le taxshift. Ce dernier entrera de plus dans une nouvelle phase en 2018, lors de laquelle les cotisations patronales continueront à baisser jusqu'à 25%. C'est une énième preuve que les réformes du gouvernement fédéral portent leurs fruits", conclut-il.

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