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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/01/10 à 15:23 - Mise à jour à 15:23

Il n'y a aucune raison pour que le prix du pétrole baisse

Cela est difficile à entendre, mais le prix du pétrole ne devrait pas descendre prochainement.

Il n'y a aucune raison pour que le prix du pétrole baisse

Suivre l'évolution du baril de pétrole, c'est comme suivre une série américaine à succès: les rebondissements font qu'on ne sait jamais quel sera l'épilogue. La meilleure preuve, c'est que nous sommes au mois de mai, une période où, en principe, les prix se relâchent un peu. En effet, la forte consommation de la période d'hiver est derrière nous. Nous devrions donc entrer dans une période de répit avant le début de l'été, période durant laquelle, aux Etats-Unis notamment, la consommation reprend avec le trafic autoroutier de la driving season.

Mais là ce n'est pas le cas, il n'y a pas eu de répit. Au contraire, le baril de pétrole a franchi un nouveau seuil, celui des 126 dollars le baril. Il y a deux ans à peine, ce même baril était à 60 dollars: l'or noir a donc doublé en deux ans!

La question qui revient sans cesse dans les conversations est de savoir s'il va baisser. La réponse est négative. D'abord, parce que l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, entend profiter de cette manne jusqu'à la dernière goutte. Ensuite parce que si la demande des Etats-Unis a un peu diminué avec l'entrée en récession de ce pays, ce n'est pas le cas de la Chine. La Chine fait exactement ce qu'a fait l'Europe au 19ème siècle: elle produit plus, tout en polluant plus et cela tout en refusant d'assumer les effets négatifs de cette pollution.

L'autre élément qui plaide aussi, non pas pour une hausse du prix du baril, mais pour sa forte volatilité, c'est l'arrivée des fonds spéculatifs. Comme l'a fait remarquer l'ancien patron de l'Opep au journal Le Temps, ce n'est pas tellement que les fonds spéculatifs soient les seuls responsables de cette hausse (ce serait visiblement exagéré), mais par contre en investissant les marchés pétroliers, ces fonds spéculatifs ont amené avec eux des habitudes de la Bourse classique. Ces fonds surréagissent à la moindre nouvelle, un attentat sur un pipeline au Nigeria, un regain de tension entre l'Iran et les Etats-Unis, etc. etc.

Et donc comme le dit l'ancien président de l'Opep, le baril de pétrole risque donc de fluctuer entre 80 dollars et 120 dollars. En moyenne cependant, il pense que le baril devrait rester autour des 100 dollars. Alors qu'est-ce que cela aura comme impact pour le monde?

Pour les Occidentaux, le litre de super peut passer de 1 euro à 1,50 euros, c'est désagréable mais cela ne devrait pas entraîne de cataclysme. En revanche dans les pays pauvres, cela risque de provoquer des émeutes et des révoltes sociales. Car sans transport, pas de développement possible. Les pays pauvres qui sont déjà confrontés avec une facture alimentaire impayable risquent donc de se transformer en chaudrons sociaux. Et l'Europe ne peut pas se permettre d'avoir un chaudron social au sud de ses frontières. Il faudra donc bien trouver des alternatives.

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