Tablette : le procès clé Apple contre Samsung

30/07/12 à 10:53 - Mise à jour à 10:53

Source: Trends-Tendances

Ce lundi à San José (Californie) s'ouvre un procès sans précédent : Apple contre Samsung, concernant leurs brevets respectifs. Cet événement fera date, à un moment où les conflits juridiques entre les grands groupes technologiques se multiplient.

Tablette : le procès clé Apple contre Samsung

© Reuters

C'est un procès sans précédent qui s'ouvre ce lundi devant le tribunal fédéral de San José en Californie. Les deux leaders mondiaux des smartphones, Apple et Samsung, s'affrontent dans ce qui s'annonce comme le plus grand procès jamais organisé aux Etats-Unis sur des brevets. Le groupe américain réclame plus de 2,5 milliards de dollars, accusant son concurrent sud-coréen d'avoir purement et simplement copié le design de l'iPhone et de l'iPad et des éléments de son ergonomie. De son côté, Samsung accuse l'américain de violer certains de ses propres brevets. Le procès a pour but de démêler ces accusations croisées. Les deux groupes, qui monopolisent la moitié du marché mondial des téléphones multifonctions et 90% des profits, sont également en conflit judiciaire dans plusieurs pays européens et en Australie, où les tribunaux ont livré des décisions contrastées.

Samsung en mauvaise posture aux Etats- Unis

Aux Etats-Unis, Samsung est sur la défensive. La juge Lucy Koh chargée du dossier a déjà suspendu en référé les ventes de sa tablette Galaxy Tab 10.1 et de son téléphone Galaxy Nexus, conçu avec Google qui en fournit le système d'exploitation. En outre, il a été établi la semaine dernière que Samsung avait négligé de préserver des preuves en détruisant des courriels après le lancement des poursuites. "Ce n'est jamais bon signe quand le juge décide qu'on a refusé de communiquer ou détruit des preuves", analyse l'avocat Polk Wagner, professeur spécialisé dans le droit des brevets à l'Université de Pennsylvanie (est). Florian Mueller, un consultant qui suit de très près tous les procès portant sur les brevets, estime que cela doit être un "cauchemar" pour Samsung, qui doit s'efforcer de paraître crédible aux yeux du jury.

Un autre avocat spécialiste des brevets établi à Washington, souhaitant garder l'anonymat pour protéger ses clients, a estimé par ailleurs qu'Apple pourrait être avantagé par le fait que ce conflit se joue "à domicile" pour le groupe. "On aimerait penser qu'il n'y a pas d'avantage à être chez soi, mais ça pourrait arriver", a-t-il noté, "il y a aussi le fait que c'est un groupe américain contre un groupe étranger". En Angleterre, un juge a au contraire estimé que le Galaxy Tab 10.1 n'était "pas assez cool" pour être confondu avec l'iPad et a donc condamné Apple à reconnaître sur son propre site que Samsung ne l'avait pas copié.

"Le premier dossier sur les smartphones"

Selon M. Wagner, c'est le plus grand procès sur un dossier de brevets depuis la procédure ayant opposé les géants de la photographie d'alors Kodak et Polaroid dans les années 1980. Et il pourrait faire jurisprudence: "je considère que c'est le premier dossier sur la technologie des smartphones", dit-il. "Reste à savoir quel sera l'impact, même si Apple gagne. En général, c'est assez facile de concevoir (des appareils) en contournant quelques brevets, donc si Samsung perd une ou plusieurs manches, il pourrait rester en mesure de faire des téléphones". Mais les risques sont quand même élevés pour Samsung, qui pourrait se voir interdire définitivement de vendre ses appareils. Et s'il en lance d'autres qui ne soient que légèrement modifiés, Apple pourrait le poursuivre pour non respect des décisions de la cour.

Actuellement Samsung, le plus grand utilisateur du système d'exploitation Android de Google, a une part de marché de 32,6% pour les téléphones multifonctions, avec 50,2 millions d'appareils livrés au deuxième trimestre, selon le cabinet IDC. Apple est deuxième avec 16,9% de ce marché et 26 millions d'appareils vendus. Les patrons d'Apple et Samsung, Tim Cook et Choi Gee-Sung, avaient eu sur ordre de la justice deux jours de discussion en mai pour tenter de mettre fin à leurs différends, mais sans résultat.

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