Brussels Airlines: les négociations sont "difficiles"

14/05/18 à 13:48 - Mise à jour à 15/05/18 à 14:09

Source: Belga

La réunion de conciliation au siège de Brussels Airlines entre les représentants des pilotes et la direction de la compagnie aérienne a été suspendue peu après 12h00 et reprendra vers 15h00 lundi après-midi, a-t-on appris auprès des syndicats. Les négociations sont "difficiles", a confié un représentants des travailleurs participant à la réunion, alors que l'entreprise connait lundi son deuxième jour de grève en seize ans d'existence.

Brussels Airlines: les négociations sont "difficiles"

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Les syndicats ne souhaitent pas s'exprimer sur le contenu des propositions formulées lundi matin par la direction aux pilotes. Celles-ci devraient porter sur les salaires, un meilleur équilibre entre vies privée et professionnelle et sur les pensions. Ces trois points suscitent en effet un mécontentement important des pilotes.

De nombreux grévistes parmi eux étaient d'ailleurs présents devant le siège de Brussels Airlines, à Diegem, lundi afin de manifester leur désaccord avec les propositions qu'ils ont reçues jusqu'à présent. Aucun n'a toutefois souhaité s'exprimer devant la presse car de telles communications leur sont interdites, sous peines de sanctions, expliquent-ils.

Les pilotes veulent avoir des rythmes de travail moins lourds, notamment en termes de temps de récupération. Ils préconisent dès lors une trentaine d'engagements supplémentaires. "Les équipages assurent de plus en plus de vols chaque jour, avec parfois des escales nocturnes à l'étranger. Et depuis quelques années, on nous demande encore d'assurer plusieurs vols après cette nuit passée loin de chez nous", illustre Luc Martin, délégué CNE représentant le personnel navigant.

A des plans de vols déjà très chargés sont venus s'ajouter des liaisons charters vers des destinations assez lointaines (loisirs) qui font suite à la reprise d'une majorité des activités de la compagnie aérienne Thomas Cook Airlines Belgium, ajoute le syndicaliste. Ceux-ci ont souvent lieu tôt le matin et vont de pair avec un décalage horaire, relève-t-il.

Les pilotes veulent également voir leurs salaires revus à la hausse. Lorsque la compagnie a traversé une période de fortes turbulences au début des années 2010, ils ont accepté de réduire leurs rémunérations d'environ 30%. Ils entendent désormais récupérer ces montants.

80% des pilotes favorables

Enfin, sur le sujet des pensions, les pilotes voudraient que leur métier soit reconnu comme pénible et que cela leur donne le droit à arrêter de travailler avant l'âge de 65 ans (et bientôt 67). Ils souhaiteraient également revenir au système d'auto-financement de leurs retraites, qui prévalait jusqu'en 2012 et leur permettait la prépension dès 55 ans mais qui a, depuis lors, été supprimé.

Mercredi aura justement lieu une manifestation interprofessionnelle contre la politique de pensions du gouvernement fédéral. L'arrêt de travail qui est prévu ce jour-là est d'ailleurs maintenu, a affirmé Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. Il rappelle que 80% des pilotes s'étaient montré favorables, la semaine dernière, à cette double grève.

Le personnel navigant affilié au syndicat chrétien rejoindra en outre le mouvement de mercredi. "Ce sont les Ryanairs de ce monde qui tirent les prix des billets vers le bas. Cela a ensuite un effet sur nos conditions de travail, qui suivent le même mouvement", constate encore Luc Martin. Quelque 75% des vols de la compagnie étaient annulés lundi et le même chiffre devrait être d'actualité mercredi. Le reste des liaisons est assuré, essentiellement vers des destinations loisirs. La situation est calme à l'aéroport, à en croire Brussels Airlines. Au total, plus de 60.000 passagers sont concernés par les potentielles annulations de près de 600 vols sur les deux jours. Chaque jour de grève coûtera 4,7 millions d'euros à la compagnie.

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