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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

01/10/14 à 11:15 - Mise à jour à 11:15

La nouvelle dérive des banques américaines

Les banques américaines ont décidé de vendre des crédits autos à des centaines de milliers de personnes insolvables... sur base d'une garantie particulièrement retorse. Quand les financiers américains essaient de transformer le plomb en or.

La nouvelle dérive des banques américaines

/ © Reuters

Les Américains nous ont déjà refilé une première fois leur crise en faisant acheter à nos banques des crédits hypothécaires pourris sous forme d'obligations supposées être sans risque et avec un haut rendement. Et après avoir contribué à nous forcer à rembourser - contre notre gré - le pavillon de banlieue des Américains sans le sou, nous risquons à nouveau de succomber à une nouvelle dérive des banques US qui vendent aujourd'hui des crédits autos à des centaines de milliers de personnes insolvables. En 2013, environ 25% des crédits auto qui ont été octroyés aux États-Unis étaient des crédits auto "subprime", c'est-à-dire octroyés à des personnes qui en temps normal n'auraient pas le droit d'acheter une voiture à crédit.

Mais les financiers américains ont décidé de transformer le plomb en or. Ils ont donc décidé de prêter quand même les fonds nécessaires à ces gens en difficulté, mais en leur imposant d'installer dans leurs voitures un appareil qui permet à l'organisme prêteur de bloquer à distance la voiture si le prêt-auto n'est pas payé à temps, ne serait-ce que d'un jour ! Sur base de cette garantie, les financiers américains ont réussi à faire baisser drastiquement le taux de non-remboursement de ces crédits autos risqués. Et comme d'habitude, ils ont packagé ces crédits, les ont transformés en produits financiers à haut rendement et ont refilé ces produits à tous les investisseurs - y compris européens - qui avaient envie d'avoir des rendements supérieurs à ce qui se fait sur le marché !

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La finance américaine s'attaque au bien le plus précieux des personnes pauvres: leur dignité

En résumé, la finance américaine n'a rien compris. Il suffit de lire le reportage consacré à ce sujet dans le New York Times. On y apprend qu'une mère célibataire n'a pas pu emmener sa fille asthmatique en urgence à l'hôpital, car sa voiture a refusé de démarrer. Non pas à cause d'un problème technique, mais parce que son prêteur a bloqué sa voiture via une télécommande... car elle avait 3 jours de retard sur son échéance crédit. Donc, non seulement la finance américaine n'a rien compris aux leçons de la crise, mais elle s'attaque aujourd'hui au bien le plus précieux des personnes pauvres: leur dignité.

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