La "Grèce des Caraïbes" a fait défaut sur une partie de sa dette

04/08/15 à 12:23 - Mise à jour à 12:23

Source: Belga

L'archipel américain de Porto Rico, en profonde crise économique, a fait défaut sur une partie de sa dette de 73 milliards de dollars en n'honorant pas un remboursement attendu lundi, a indiqué l'agence de notation Moody's.

La "Grèce des Caraïbes" a fait défaut sur une partie de sa dette

© Reuters

"Moody's considère cet évènement comme un défaut de paiement", a indiqué une vice-présidente de l'agence, Emily Raimes, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Parfois surnommé la "Grèce des Caraïbes", Porto Rico devait rembourser lundi quelque 58 millions de dollars de dette contractée par une agence gouvernementale mais n'en a remboursé qu'une infime partie (628.000 dollars).

"C'est, selon nous, la première étape d'un défaut général (du territoire) sur sa dette", a ajouté la responsable de Moody's, assurant que Porto Rico n'avait pas les "moyens" d'honorer l'ensemble de ses échéances financières.

Dans un communiqué distinct, Melba Acosta Febo, le président de la banque porto-ricaine de développement, bras financier de l'île, avait assuré que le non-paiement reflétait "les graves inquiétudes" sur la crise de liquidités qui frappe le territoire.

Les finances porto-ricaines ont été durement frappées par la fin en 2006 d'un système d'exemption fiscale pour les entreprises qui a provoqué une récession économique et une flambée du chômage sur ce territoire au statut hybride, qui ne fait pas partie des 50 Etats américains.

L'Etat fédéral a déjà exclu tout "sauvetage" financier de l'île qui s'expose désormais à des poursuites en justice de ses créanciers, pour la plupart des fonds de pension américains.

Contrairement aux villes américaines comme Detroit, Porto Rico n'a ainsi pour l'heure pas la possibilité légale de se déclarer en faillite pour restructurer sa dette à l'abri de ses créanciers.

Une proposition de loi lui accordant cette possibilité a été déposée au Congrès américain mais elle est pour l'heure restée lettre morte.

"En cas de statu quo, sans un régime légal qui a déjà fait ses preuves, la solution des problèmes financiers de Porto Rico serait chaotique, longue et coûteuse pour Porto Rico mais plus généralement pour les Etats-Unis", a mis en garde fin juillet le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew.

Avec l'AFP

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