"La réactivation de la loi de 2017 autorisant le travail de nuit dès 20h00 moyennant l'accord d'une seule organisation syndicale est un drame et implique une détérioration importante des conditions de travail des travailleurs du secteur de l'e-commerce", déplore l'UBT. "Les entreprises sans délégation syndicale obtiennent ainsi un chèque en blanc pour organiser le travail de nuit sans supplément."

"Déjà aujourd'hui dans les entreprises sans présence syndicale, c'est le 'laissez faire, laissez aller' total. C'est vraiment ouvrir toute grande la porte à une flexibilité et une précarité encore plus importantes. Une décision dramatique et lourde de conséquences pour les travailleurs", s'inquiète le président Frank Moreels.

Concernant l'objectif de taux d'emploi de 80% d'ici 2030, qui passe par une augmentation de l'emploi dans les métiers en pénurie, M. Moreels rappelle que celui de chauffeur fait partie de la liste depuis des années. "Forts de l'appel du gouvernement pour nous attaquer aux emplois en pénurie, nous pourrons enfin amorcer cet indispensable mouvement de rattrapage au niveau des salaires", espère le président.

Les coursiers partagés entre satisfactions et inquiétudes

Le Collectif des Coursiers et United Freelancers (CSC) sont partagés entre satisfactions et craintes, indiquent-ils mardi dans un communiqué en réaction à l'accord annoncé sur la réforme du marché du travail.

Premièrement, les organisations se félicitent de l'extension de loi sur les accidents aux travailleurs de plateforme, "une avancée importante, pour autant que cela couvre bien tous les travailleurs, y compris ceux dans le régime de l'économie collaborative".

Elles se réjouissent aussi de la volonté affichée de clarifier le statut de ces travailleurs par un nouveau mécanisme de présomption, "dans la ligne de la proposition faite par la Commission européenne en décembre dernier".

Ce dernier point fait cependant jaillir trois doutes.

"Premièrement, le mécanisme de présomption n'est utile que s'il permet de clarifier la situation dès le début du travail et qu'il renverse la charge de la preuve. Si les critères sont discutables et interprétables, et qu'il faut aller en Justice pour les trancher, le 'cirque juridique' actuel va se poursuivre. Deuxio, le jugement Deliveroo de décembre dernier a démontré qu'une telle présomption pouvait s'avérer peu utile si elle peut être retournée à la légère."

Enfin, le débat se focalise sur la distinction indépendant/salarié, relèvent les organisations. "Or, la majorité des travailleurs de plateforme prestent actuellement en dehors de tout statut: dans le régime de l'économie collaborative, ils n'ont droit à aucune sécurité sociale (ni celle des salariés, ni celle des indépendants)."

"Il n'est pas encore clair comment l'accord de la nuit dernière prévoit d'adapter le régime de l'économie collaborative pour empêcher ces abus", s'interrogent les coursiers.

"La réactivation de la loi de 2017 autorisant le travail de nuit dès 20h00 moyennant l'accord d'une seule organisation syndicale est un drame et implique une détérioration importante des conditions de travail des travailleurs du secteur de l'e-commerce", déplore l'UBT. "Les entreprises sans délégation syndicale obtiennent ainsi un chèque en blanc pour organiser le travail de nuit sans supplément." "Déjà aujourd'hui dans les entreprises sans présence syndicale, c'est le 'laissez faire, laissez aller' total. C'est vraiment ouvrir toute grande la porte à une flexibilité et une précarité encore plus importantes. Une décision dramatique et lourde de conséquences pour les travailleurs", s'inquiète le président Frank Moreels. Concernant l'objectif de taux d'emploi de 80% d'ici 2030, qui passe par une augmentation de l'emploi dans les métiers en pénurie, M. Moreels rappelle que celui de chauffeur fait partie de la liste depuis des années. "Forts de l'appel du gouvernement pour nous attaquer aux emplois en pénurie, nous pourrons enfin amorcer cet indispensable mouvement de rattrapage au niveau des salaires", espère le président.Le Collectif des Coursiers et United Freelancers (CSC) sont partagés entre satisfactions et craintes, indiquent-ils mardi dans un communiqué en réaction à l'accord annoncé sur la réforme du marché du travail.Premièrement, les organisations se félicitent de l'extension de loi sur les accidents aux travailleurs de plateforme, "une avancée importante, pour autant que cela couvre bien tous les travailleurs, y compris ceux dans le régime de l'économie collaborative". Elles se réjouissent aussi de la volonté affichée de clarifier le statut de ces travailleurs par un nouveau mécanisme de présomption, "dans la ligne de la proposition faite par la Commission européenne en décembre dernier". Ce dernier point fait cependant jaillir trois doutes. "Premièrement, le mécanisme de présomption n'est utile que s'il permet de clarifier la situation dès le début du travail et qu'il renverse la charge de la preuve. Si les critères sont discutables et interprétables, et qu'il faut aller en Justice pour les trancher, le 'cirque juridique' actuel va se poursuivre. Deuxio, le jugement Deliveroo de décembre dernier a démontré qu'une telle présomption pouvait s'avérer peu utile si elle peut être retournée à la légère." Enfin, le débat se focalise sur la distinction indépendant/salarié, relèvent les organisations. "Or, la majorité des travailleurs de plateforme prestent actuellement en dehors de tout statut: dans le régime de l'économie collaborative, ils n'ont droit à aucune sécurité sociale (ni celle des salariés, ni celle des indépendants)." "Il n'est pas encore clair comment l'accord de la nuit dernière prévoit d'adapter le régime de l'économie collaborative pour empêcher ces abus", s'interrogent les coursiers.