Mais au final, les conséquences négatives pèseront davantage que les bienfaits escomptés, selon l'économiste en chef chez ING.

La Chine et les États-Unis se rendent coup pour coup en augmentant les droits de douane sur les produits importés. Mais quel rôle l'Europe peut-elle bien jouer dans cette bataille? Peter Vanden Houte y voit des opportunités: "En ce moment, la Chine exporte moins vers les Etats-Unis et inversement; les entreprises européennes pourraient récupérer une partie de ces flux et exporter davantage vers les Etats-Unis et la Chine", déclare-t-il.

Mais il peut aussi y avoir des effets négatifs. "Il est tout à fait possible que les entreprises chinoises se tournent davantage vers l'Europe. Dans ce cas, cela génèrerait de la concurrence. Nous l'avons vu l'année dernière lorsque Donald Trump a relevé les droits de douane à l'importation sur l'aluminium et l'acier. Certains pays ont alors tenté de vendre leur aluminium et leur acier en Europe. C'est ainsi que de l'acier est arrivé massivement de Turquie en Europe occidentale", enchaîne P. Vanden Houte.

Les taux de change sont importants pour les entreprises exportatrices en Europe. "De facto, l'euro devient plus cher", estime l'économiste. "L'euro ne varie pas beaucoup face au dollar, mais si vous regardez le taux de change effectif de l'euro, pondéré en fonction des relations commerciales, l'euro se renforce. La Chine a déjà déprécié le yuan, ce qui provoque l'affaiblissement des devises dans les pays émergents. Quant à l'euro, il est en hausse par rapport à quasiment toutes les devises, ce qui nuit aux entreprises exportatrices."

La Belgique, en tant qu'économie ouverte, est fortement dépendante du commerce international. Si la guerre commerciale ralentit la croissance de la Chine et des États-Unis, on le sentira par effet domino. De plus, ce conflit n'est pas encore terminé. Et les Etats-Unis pourraient enchainer en visant l'Europe, prévient Peter Vanden Houte. "Si Trump parvient à rapidement conclure un accord avec la Chine, peut-être qu'il agira ensuite contre l'Europe." Le secteur automobile risque alors d'être touché et cela pourra, indirectement, affecter les entreprises belges.