Il y a deux ans, Didier Bellens quittait sans gloire la tête de l'entreprise publique. Suite à plusieurs saillies à l'égard de son actionnaire majoritaire, l'Etat belge, le CEO était brutalement remercié pour faute grave, sans indemnités. Il n'en faisait pas grande publicité, mais sa maladie était déjà bien présente à l'époque. Celle-ci avait contribué à un certain ralentissement de ses activités sur la fin - précipitée - de son mandat. Peut-être l'avait-elle aussi rendu moins diplomate à l'attention de ses (nombreux) détracteurs. Il aura finalement payé le prix de son insolence.

A l'époque de sa révocation par le gouvernement fédéral, sous l'impulsion de son ministre de tutelle Jean-Pascal Labille (PS), Didier Bellens était plus isolé que jamais au sommet des deux tours de Belgacom. D'un naturel inflexible, le CEO s'est attiré au fil des ans de solides inimitiés au sein de l'opérateur historique. Logique quand on règne sur une entreprise de 14.000 personnes pendant une dizaine d'années. Mais au cours de son deuxième mandat (il a été reconduit en 2009 après un premier mandat entamé en 2003), la situation a semblé quelque peu échapper à l'ex-CEO. Des luttes intestines entre top managers ont forcé le patron à se séparer de certains de ses opposants déclarés, mais aussi de ses plus fidèles lieutenants.

Les difficultés qu'éprouvait le CEO à gérer les egos et les relations humaines au sein de son entreprise ne l'ont pas empêché de réaliser un parcours marquant à la tête de Belgacom. Issu de l'écurie GBL de son mentor Albert Frère, Didier Bellens a impulsé un virage stratégique complexe et audacieux qui a modifié fondamentalement la trajectoire de l'opérateur historique détenu à 53 % par l'Etat belge.

Sa vision de la convergence des services télécoms détonait à une époque où l'ex-RTT ronronnait, assise sur un monopole de fait sur les lignes téléphoniques fixes. En implémentant l'introduction de l'ADSL puis en imposant Belgacom TV et en raflant au passage les droits du foot, Didier Bellens a mis sur pied une puissante stratégie de conquête. Celle-ci a porté ses fruits, surtout en région wallonne, où le câble wallon (VOO) a mis du temps à organiser la riposte, perdant de précieuses parts de marché au profit de Belgacom.

Cheville ouvrière de l'introduction en Bourse de Belgacom, Didier Bellens a également eu une dernière intuition. C'est en effet lui qui a débauché Dominique Leroy chez Unilever, la propulsant sur une rampe de lancement qui allait la conduire au sommet de l'entreprise.

Il y a deux ans, Didier Bellens quittait sans gloire la tête de l'entreprise publique. Suite à plusieurs saillies à l'égard de son actionnaire majoritaire, l'Etat belge, le CEO était brutalement remercié pour faute grave, sans indemnités. Il n'en faisait pas grande publicité, mais sa maladie était déjà bien présente à l'époque. Celle-ci avait contribué à un certain ralentissement de ses activités sur la fin - précipitée - de son mandat. Peut-être l'avait-elle aussi rendu moins diplomate à l'attention de ses (nombreux) détracteurs. Il aura finalement payé le prix de son insolence.A l'époque de sa révocation par le gouvernement fédéral, sous l'impulsion de son ministre de tutelle Jean-Pascal Labille (PS), Didier Bellens était plus isolé que jamais au sommet des deux tours de Belgacom. D'un naturel inflexible, le CEO s'est attiré au fil des ans de solides inimitiés au sein de l'opérateur historique. Logique quand on règne sur une entreprise de 14.000 personnes pendant une dizaine d'années. Mais au cours de son deuxième mandat (il a été reconduit en 2009 après un premier mandat entamé en 2003), la situation a semblé quelque peu échapper à l'ex-CEO. Des luttes intestines entre top managers ont forcé le patron à se séparer de certains de ses opposants déclarés, mais aussi de ses plus fidèles lieutenants.Les difficultés qu'éprouvait le CEO à gérer les egos et les relations humaines au sein de son entreprise ne l'ont pas empêché de réaliser un parcours marquant à la tête de Belgacom. Issu de l'écurie GBL de son mentor Albert Frère, Didier Bellens a impulsé un virage stratégique complexe et audacieux qui a modifié fondamentalement la trajectoire de l'opérateur historique détenu à 53 % par l'Etat belge. Sa vision de la convergence des services télécoms détonait à une époque où l'ex-RTT ronronnait, assise sur un monopole de fait sur les lignes téléphoniques fixes. En implémentant l'introduction de l'ADSL puis en imposant Belgacom TV et en raflant au passage les droits du foot, Didier Bellens a mis sur pied une puissante stratégie de conquête. Celle-ci a porté ses fruits, surtout en région wallonne, où le câble wallon (VOO) a mis du temps à organiser la riposte, perdant de précieuses parts de marché au profit de Belgacom. Cheville ouvrière de l'introduction en Bourse de Belgacom, Didier Bellens a également eu une dernière intuition. C'est en effet lui qui a débauché Dominique Leroy chez Unilever, la propulsant sur une rampe de lancement qui allait la conduire au sommet de l'entreprise.