Comme les prix du gaz naturel sont en hausse constante et que l'hiver s'annonce difficile, une pompe à chaleur air-eau (PAC) couplée à un chauffage central ou par le sol est un bon moyen de se chauffer.
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Comme les prix du gaz naturel sont en hausse constante et que l'hiver s'annonce difficile, une pompe à chaleur air-eau (PAC) couplée à un chauffage central ou par le sol est un bon moyen de se chauffer.Le budget pour une chaudière à condensation au gaz est, selon les modèles, de 1.500 à 4.500 euros. A cela, il faut rajouter des frais d'installation (jusqu'à 850 euros). Pour installer une pompe à chaleur, il faudra prévoir un budget beaucoup plus important. Pour une PAC air-eau, on estime l'installation allant de 10.000 à 12.000 euros, sans le chauffage par le sol. Pour une PAC sol-eau, il faudra compter plutôt 30.000 euros et plus si elle nécessite un forage vertical urbain (frais d'installation, forage et refroidissement passif inclus), estime Nicolas Vandernoot, expert en énergie chez Homegrade, le centre de conseil et d'accompagnement sur le logement en Région de Bruxelles-Capitale.Des primes régionales existent pour aider les personnes désireuses d'installer une telle pompe à chaleur dans leur habitation. En sachant, comme nous l'explique Nicolas Vandervoot, que ce type d'appareil s'installe idéalement dans un projet neuf ou lors d'une rénovation lourde. Une pompe à chaleur n'est en effet pas indiquée dans une maison moins bien isolée.A Bruxelles et en Wallonie, ces primes sont destinées exclusivement aux PAC qui distribuent de la chaleur via l'eau, c'est-à-dire grâce à des radiateurs ou via un système de chauffage par le sol. Les PAC air-air, qui servent en priorité d'air conditionné et peuvent servir de chauffage d'appoint en hiver sont par contre exclues de ces aides. Dans ces deux Régions, le montant de la prime est fonction du revenu du ménage. Il oscille entre 4.250 et 4.750 euros à Bruxelles. En Wallonie, il va de 1.000 à 6.000 euros. Au Nord du pays, la prime varie surtout en fonction du type de pompe à chaleur. Par exemple, pour un modèle air-eau, un ménage qui habite en Flandre peut compter sur une prime de 3000 euros depuis le 1 juillet 2022. Pour un modèle sol-eau, la prime s'élève à 4.000 euros.Nicolas Vandernoot a réalisé une simulation pour Trends Tendances. Au niveau financier, l'expert attire de prime abord l'attention sur un point. "Ce qui est important à prendre en compte, c'est qu'une pompe à chaleur fonctionne à l'électricité. L'électricité coûte 35 cents/kWh. Le gaz, même s'il a doublé en une année, reste à 12 cents/kWh. L'électricité coûte donc 3 fois plus chère. Il faut, en toute logique, que l'installation d'une pompe à chaleur soit trois fois plus efficace qu'une chaudière à condensation pour que ce soit intéressant financièrement."L'expert poursuit ses explications : "Il faut savoir qu'une PAC air-eau va chercher 3,5kWh 'gratuit' pour un kWh électrique acheté. On est à un COP (coefficient de performance) de 3 en rénovation, de 3,5 dans un bâtiment neuf ", explique-t-il. "Sur une base annuelle, ce type de PAC avec un COP de 3 consomme en moyenne 7750kWh. Dans l'hypothèse où le tarif moyen de cette énergie reste au prix actuel de 0,35€/kWh, cela signifie que la consommation annuelle d'énergie d'une PAC air-eau s'élève à environ 2700 euros", calcule Nicolas Vandernoot.Avec une PAC sol-eau, la consommation annuelle d'électricité est moindre et se chiffre à environ 5233kWh, soit un coût annuel de 1830 euros.En comparaison, avec une chaudière à condensation, un ménage belge consomme en moyenne 23.260 kWh de gaz par an pour se chauffer. "Avec un tarif moyen de 0,12 euros par kWh, cela représente un coût de 2790 euros par an. Cela signifie qu'avec une PAC air-eau, les économies seront de moins de 100 euros/an, par rapport à une installation au gaz, tandis que les économies réalisables avec une PAC sol-eau s'élèveront à 960 euros ", conclut l'expert en énergie. Nicolas Vandernoot nous détaille aussi le temps de retour approximatif d'une PAC air-eau, "pour autant que l'habitation soit équipée de chauffage par le sol, ou d'émetteurs adaptés", précise-t-il. Il calcule l'amortissement de cette façon : 13.000 euros - 4000 euros (primes) - 5000 euros (coût d'une nouvelle chaudière)/100 euros = 40 ans environ. Cela vaut pour la Wallonie mais pas en Région bruxelloise où il n'y a plus de compensation pour les panneaux solaires. Grâce à la compensation avec des panneaux solaires qui produiraient 3875kWh sur une année, ce temps de retour est divisé par deux.Pour une PAC sol-eau, le calcul est le suivant : 30.000 euros - 4000 euros (primes) - 5000 euros (coût d'une nouvelle chaudière)/960 euros = 22 ans environ. Le temps de retour est réduit de moitié en Wallonie si 50% de la consommation est produite par des panneaux photovoltaïques. Il faudra donc environ une dizaine d'années pour amortir l'installation.