Mauvaise nouvelle pour ceux qui comptent acheter une maison ou un appartement. Alors qu'ils évoluaient tranquillement à des niveaux extrêmement bas depuis plusieurs années, voici que les taux hypothécaires repartent subitement à la hausse. Légèrement, certes, mais tout de même : le mouvement est là. Selon la banque et le profil de l'emprunteur, on peut observer une hausse de 0,2 % à 0,3 % depuis le début de la crise en mars. C'est le cas chez Belfius, où le taux pour les crédits hypothécaires à 20 ans et à taux fixe est repa...

Mauvaise nouvelle pour ceux qui comptent acheter une maison ou un appartement. Alors qu'ils évoluaient tranquillement à des niveaux extrêmement bas depuis plusieurs années, voici que les taux hypothécaires repartent subitement à la hausse. Légèrement, certes, mais tout de même : le mouvement est là. Selon la banque et le profil de l'emprunteur, on peut observer une hausse de 0,2 % à 0,3 % depuis le début de la crise en mars. C'est le cas chez Belfius, où le taux pour les crédits hypothécaires à 20 ans et à taux fixe est repassé au-dessus de la barre symbolique des 2 % (hors négociation commerciale). Côté explication, c'est l'argument de la hausse du rendement des obligations de l'Etat belge qui est avancé pour justifier ces changements tarifaires. " Nous suivons les taux à long terme, donc si ceux-ci augmentent légèrement, nos taux suivent, et s'ils diminuent, nos taux suivent également ", indique-t-on du côté de Belfius. Servant de référence pour la fixation des taux des prêts hypothécaires, l'OLO à 10 ans est en effet repassée en territoire positif début du mois de mars avec une pointe assez sensible le 18 mars dernier à 0,42 % pour retomber autour de 0,15 % pour le moment. En cause, " la correction boursière qui a débordé sur les marchés obligataires, l'augmentation des besoins de financement des Etats pour faire face à la crise du Covid-19 et l'élargissement des spreads ( écarts de taux, Ndlr) de tous les pays de la zone euro par rapport au Bund allemand ", observe Bernard Keppenne, économiste en chef à la banque CBC. Si la hausse semble donc en partie liée à la remontée des taux belges, elle s'explique également par le fait que les banques s'attendent à une forte augmentation des défauts de paiement et cherchent donc à compenser ces pertes par des taux plus élevés. " La hausse des taux d'intérêt du marché et les possibilités accrues de pertes de crédit exercent toutes deux une pression à la hausse sur les taux des prêts hypothécaires ", indique pour sa part ING Belgique. Par ailleurs, il n'est pas impossible que ces marges plus élevées soient également dues aux reports de paiement que les banques ont décidé d'accorder aux ménages pour surmonter la crise. A ce jour, plus de 60.000 particuliers ont obtenu une suspension de leur crédit hypothécaire. Quoi qu'il en soit, ce mouvement de hausse ne devrait pas s'inscrire dans le long terme, estime Bernard Keppenne rappelant que " la Banque centrale européenne fait tout pour éviter une remontée des taux ". Une remontée qui de toute façon devrait alors être compensée en raison de l'épidémie par le léger recul des prix de l'immobilier dans les mois à venir.