Jusqu'ici tout va bien. C'est ce que peuvent penser les géants de la tech américains, les Gafam, qui semblent ne pas connaître la crise. C'est en tout cas l'impression que donne l'évolution de leur cours de Bourse ces dernières semaines et les chiffres dévoilés lors de leurs récentes annonces de résultats.
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Jusqu'ici tout va bien. C'est ce que peuvent penser les géants de la tech américains, les Gafam, qui semblent ne pas connaître la crise. C'est en tout cas l'impression que donne l'évolution de leur cours de Bourse ces dernières semaines et les chiffres dévoilés lors de leurs récentes annonces de résultats. Au premier trimestre (achevé fin mars), les revenus de Google étaient en progression de 13% (à 41 milliards de dollars), ceux de Facebook de 18%, ceux de Microsoft de 15%, ceux d'Amazon de 26%, tandis que ceux d'Apple se maintenaient (+1%). Le tout en conservant une belle rentabilité même si, pour certains, elle était en légère baisse... Qu'importe, en pleine crise du coronavirus, ces résultats dénotent avec la morosité ambiante. Concrètement, les Gafam profitent bel et bien, en partie, de la crise. Comment ? Avec l'explosion des services cloud chez Microsoft (+55%), Alphabet (+52%) ou Amazon (+33%). Chez Apple, ce ne sont pas les produits qui soutiennent l'activité : les ventes d'iPhone, d'iPad et de Mac sont en berne. Par contre, les services sur lesquels Tim Cook avait misé depuis quelques mois déjà atteignent un record historique à 13 milliards de dollars. De quoi redonner des couleurs au cours de Bourse des Gafam. Mais ces éclaircies ne doivent toutefois pas masquer l'apparition de nouveaux nuages dans les semaines à venir. En effet, les chiffres dévoilés s'arrêtent à la fin mars. Soit après seulement deux semaines de confinement dans la plupart des pays européens et peu de temps après l'explosion de la pandémie aux Etats-Unis. Pas étonnant que les patrons des Gafam préparent déjà le terrain pour les semaines suivantes. Tim Cook, le boss d'Apple, s'attend à ce que les ventes d'iPhone (50% des revenus du groupe) continuent la baisse (7%) entamée depuis début janvier. De son côté, Jeff Bezos a annoncé que les bénéfices réalisés par Amazon seraient dépensés pour compenser la baisse de productivité liées à la situation actuelle et pour assurer la sécurité de ses employés (achats de millions de masques, de milliers de caméras thermiques et thermomètres). L'homme le plus riche du monde s'attend donc à ne pas être dans le vert entre avril et juin. Quant à Google et Facebook, l'essentiel de leur chiffre d'affaires reste généré par la publicité, un secteur qui souffre d'ores et déjà en raison des coupes budgétaires chez pas mal d'annonceurs. D'ailleurs, à la mi-avril, la maison mère de Google annonçait geler les recrutements pour 2020. Même son de cloche chez Microsoft, d'après Business Insider. Ce qui ne les empêche toutefois pas de continuer à se lancer à l'assaut de nouveaux créneaux porteurs. En première ligne : les appels vidéos. La pratique explose ces dernières semaines partout dans le monde, boostée par la situation de confinement. Le grand vainqueur n'est autre que Zoom, cette appli américaine entrée en Bourse en avril 2019 et qui cartonne. Mais parasitée par une série de failles de sécurité, Zoom (qui revendique 200 millions d'utilisateurs quotidiens ! ) voit arriver une concurrence de taille. Google a rendu gratuit son service Google Meet (jusqu'ici proposé dans sa suite pro), Et Facebook a annoncé le lancement prochain de Messenger Rooms. Un mouvement qui n'a rien d'étonnant puisque non seulement ces services permettent de capturer le temps des utilisateurs, tant privés que professionnels, mais ils offrent en plus de nouveaux formats de pubs attrayants pour les annonceurs. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre Sundar Pichai, le big boss de Google.