BVA a décerné ce 13 octobre ses Private Equity Awards récompensant des entreprises ayant connu une croissance remarquable grâce au soutien d'investisseurs en private equity. Pour cette quatrième édition, l'Association belge du private equity et du venture capital avait nominé trois entreprises par catégorie:

  • Venture Company of the Year (capital-risque) : AgomAb Therapeutics, Deliverect, Imcyse
  • Growth Company of the Year (capital-développement): Odoo, UgenTec, Univercells
  • Buy-out Company of the Year (reprise): Abriso-Jiffy, Corialis, Circet Benelux

Les trois lauréats sont respectivement Deliverect, Odoo et Abriso-Jiffy que nous vous présentons.

Deliverect - Un tigre en pleine croissance

Deliverect compte 14.000 clients dans 38 pays, trois ans à peine après sa création. Rares sont les start-up capables d'un tel exploit. Le logiciel de la société gantoise aide les restaurants à gérer les commandes de repas en ligne. Depuis la crise sanitaire, les ventes à emporter ont véritablement explosé. Les commandes affluent via Deliveroo, Uber Eats, Takeaway et d'autres plateformes. Deliverect se charge de l'ensemble du processus.

La jeune pousse a levé 90 millions de dollars auprès de plusieurs fonds d'investissement, dont Smartfin, du "tech-entrepreneur" Jürgen Ingels. Les autres investisseurs sont des grosses pointures internationales telles que DST Global et Redpoint Ventures. "Redpoint est un des plus gros investisseurs de la Silicon Valley, nous confie le CEO de Deliverect, Zhong Xu. DST a investi dès leur création dans des sociétés de soins et de payement à succès. Leur gigantesque réseau aux Etats-Unis doit permettre de booster notre expansion."

Pour l'instant, Deliverect compte 250 employés répartis dans 11 bureaux sur quatre continents. "Trois ans à peine après sa mise en place, notre logiciel a déjà traité 30 millions de commandes, soit 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires", précise Zhong Xu, dont les parents ont quitté la Chine pour s'installer à Gand quand il avait cinq ans. Il a fondé Deliverect avec Jan Hollez. Mais les deux trentenaires avaient déjà créé la société Posios, spécialisée dans le logiciel de caisse mobile.

Deliverect n'en est qu'à ses débuts, assure Zhong Xu. "Les repas en ligne représentent un nouveau canal de vente pour les restaurants, un nouveau public, de nouvelles opportunités." Le CEO ne craint en tout cas pas la concurrence. "Nous sommes leader et pionnier dans cette niche. Nous développons un nouvel écosystème de fournisseurs de repas, de restaurants, de dark kitchens et de fournisseurs de produits alimentaires. Notre positionnement est unique." Deliverect n'a d'ailleurs pas hésité à recruter en pleine crise sanitaire, ce qui en dit long sur sa culture d'entreprise. "Nous prônons une organisation la plus horizontale possible, basée sur l'autonomie et la confiance", explique Zhong Xu.

> Lire à ce sujet: Zhong Xu (Deliverect): "L'horeca est entré dans une nouvelle ère"

Odoo - La licorne wallonne

En quelques années, Odoo est devenu une véritable référence dans le paysage économique national. Avec la start-up bruxelloise Collibra, elle est une des deux seules licornes belges dans le classement du bureau CB Insights des entreprises privées valant plus d'un milliard de dollars,

Les origines de la société remontent en 2002 quand Fabien Pinckaers lance TinyERP avec l'objectif de rendre les logiciels de gestion accessibles aux PME. En 2010, il prend le virage de l'open source avec Open ERP et réoriente complètement la stratégie de l'entreprise grâce notamment au soutien d'investisseurs en private equity. "En 2010, nous sommes passés d'une société de services qui vivait de ses prestations de développement à un éditeur de logiciels qui 'délègue' ces prestations à un réseau de partenaires, nous explique Fabien Pinckaers. Du jour au lendemain, on a donc arrêté nos activités de service pour nous positionner comme éditeur, ce qui impliquait d'ouvrir un réseau de partenaires et de vendre des abonnements de support et maintenance."

Quelques années plus tard, sentant le développement du cloud, Odoo lève une nouvelle fois des capitaux en 2014 auprès de fonds de capital- risque et de la SRIW pour développer son offre SaaS (software as a service) sur le cloud. Ces virages stratégiques permettent aujourd'hui à Odoo de reposer sur un véritable écosystème comprenant une communauté mondiale, un réseau de plus de 3.600 partenaires et des relais au sein du corps académique. Elle emploie plus de 1.700 personnes mais vise 10.000 employés à un horizon de cinq ans.

Au niveau financier, cela se traduit par une croissance exponentielle. Son chiffre d'affaires a décuplé entre 2015 et 2020 pour atteindre 83 millions. Pour 2021, il est à nouveau question d'une croissance de plus de 50%. L'un de ses principaux atouts est qu'elle tire l'essentiel de ses revenus d'abonnements, ce qui lui offre une grande visibilité sur sa croissance future. Le meilleur semble à venir pour Odoo et Fabien Pinckaers, CEO et Manager de l'Année 2020 de Trends- Tendances.

> Lire à ce sujet: Pourquoi le groupe informatique wallon Odoo vaut plus de 2 milliards

Abriso-Jiffy - Le coup de maître

On ne devient pas leader du marché européen du jour au lendemain. Pour Abriso-Jiffy, de Flandre- Occidentale, tout a commencé en 1985 quand la famille d'entrepreneurs Deceuninck crée une société spécialisée dans les matériaux d'emballage et d'isolation. Au bord de la faillite en 2013, l'entreprise est rachetée à la famille Deceuninck par le management. Trois ans plus tard, l'investisseur néerlandais Bencis Capital Partners acquiert une participation. En 2019, Abriso réalise un coup de maître avec le rachat de son concurrent italien Jiffy. L'entreprise porte, depuis lors, le double nom d'Abriso-Jiffy.

Abriso-Jiffy a clôturé l'exercice 2020 avec un chiffre d'affaires de 212 millions d'euros et 1.450 salariés. Elle compte aujourd'hui 15 sites de production dans 11 pays européens. Ses produits à base de polymères protègent de la casse, du froid, de la chaleur et du bruit. Comme des plastiques à bulles pour emballer les marchandises fragiles, ses mousses techniques protègent notamment les pièces électroniques ou des tubes de polyéthylène recouvrant les conduites.

Abriso-Jiffy mise sur la durabilité. "Tous les produits Abriso-Jiffy sont recyclables et peuvent à leur tour être fabriqués à partir de matériaux recyclés, explique Jan Dejonghe, actionnaire minoritaire et ex-CEO. Depuis l'acquisition de Jiffy, nous dominons le marché et pouvons imposer nos prix. Grâce à notre envergure géographique et à notre formidable portefeuille de produits, nous résistons mieux aux fluctuations conjoncturelles." Abriso-Jiffy envisage sereinement son avenir et Bencis a accompli sa mission. L'investisseur néerlandais vient de revendre sa participation minoritaire à Quva, le véhicule d'investissement de l'entrepreneur Pascal Vanhalst.

Jan Dejonghe reste actionnaire minoritaire et administrateur. La direction conserve également une petite participation. "Nous anticipons un chiffre d'affaires de 300 millions pour cette année, annonce-t-il. Nous venons de racheter Novostrat, un concurrent irlandais qui compte environ 200 employés et des unités de production en Irlande et en Pologne. Abriso-Jiffy continuera à croître avec les mêmes actionnaires qu'aujourd'hui. On ne change pas une équipe qui gagne."

BVA a décerné ce 13 octobre ses Private Equity Awards récompensant des entreprises ayant connu une croissance remarquable grâce au soutien d'investisseurs en private equity. Pour cette quatrième édition, l'Association belge du private equity et du venture capital avait nominé trois entreprises par catégorie: Les trois lauréats sont respectivement Deliverect, Odoo et Abriso-Jiffy que nous vous présentons. Deliverect compte 14.000 clients dans 38 pays, trois ans à peine après sa création. Rares sont les start-up capables d'un tel exploit. Le logiciel de la société gantoise aide les restaurants à gérer les commandes de repas en ligne. Depuis la crise sanitaire, les ventes à emporter ont véritablement explosé. Les commandes affluent via Deliveroo, Uber Eats, Takeaway et d'autres plateformes. Deliverect se charge de l'ensemble du processus. La jeune pousse a levé 90 millions de dollars auprès de plusieurs fonds d'investissement, dont Smartfin, du "tech-entrepreneur" Jürgen Ingels. Les autres investisseurs sont des grosses pointures internationales telles que DST Global et Redpoint Ventures. "Redpoint est un des plus gros investisseurs de la Silicon Valley, nous confie le CEO de Deliverect, Zhong Xu. DST a investi dès leur création dans des sociétés de soins et de payement à succès. Leur gigantesque réseau aux Etats-Unis doit permettre de booster notre expansion." Pour l'instant, Deliverect compte 250 employés répartis dans 11 bureaux sur quatre continents. "Trois ans à peine après sa mise en place, notre logiciel a déjà traité 30 millions de commandes, soit 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires", précise Zhong Xu, dont les parents ont quitté la Chine pour s'installer à Gand quand il avait cinq ans. Il a fondé Deliverect avec Jan Hollez. Mais les deux trentenaires avaient déjà créé la société Posios, spécialisée dans le logiciel de caisse mobile. Deliverect n'en est qu'à ses débuts, assure Zhong Xu. "Les repas en ligne représentent un nouveau canal de vente pour les restaurants, un nouveau public, de nouvelles opportunités." Le CEO ne craint en tout cas pas la concurrence. "Nous sommes leader et pionnier dans cette niche. Nous développons un nouvel écosystème de fournisseurs de repas, de restaurants, de dark kitchens et de fournisseurs de produits alimentaires. Notre positionnement est unique." Deliverect n'a d'ailleurs pas hésité à recruter en pleine crise sanitaire, ce qui en dit long sur sa culture d'entreprise. "Nous prônons une organisation la plus horizontale possible, basée sur l'autonomie et la confiance", explique Zhong Xu. > Lire à ce sujet: Zhong Xu (Deliverect): "L'horeca est entré dans une nouvelle ère"En quelques années, Odoo est devenu une véritable référence dans le paysage économique national. Avec la start-up bruxelloise Collibra, elle est une des deux seules licornes belges dans le classement du bureau CB Insights des entreprises privées valant plus d'un milliard de dollars, Les origines de la société remontent en 2002 quand Fabien Pinckaers lance TinyERP avec l'objectif de rendre les logiciels de gestion accessibles aux PME. En 2010, il prend le virage de l'open source avec Open ERP et réoriente complètement la stratégie de l'entreprise grâce notamment au soutien d'investisseurs en private equity. "En 2010, nous sommes passés d'une société de services qui vivait de ses prestations de développement à un éditeur de logiciels qui 'délègue' ces prestations à un réseau de partenaires, nous explique Fabien Pinckaers. Du jour au lendemain, on a donc arrêté nos activités de service pour nous positionner comme éditeur, ce qui impliquait d'ouvrir un réseau de partenaires et de vendre des abonnements de support et maintenance." Quelques années plus tard, sentant le développement du cloud, Odoo lève une nouvelle fois des capitaux en 2014 auprès de fonds de capital- risque et de la SRIW pour développer son offre SaaS (software as a service) sur le cloud. Ces virages stratégiques permettent aujourd'hui à Odoo de reposer sur un véritable écosystème comprenant une communauté mondiale, un réseau de plus de 3.600 partenaires et des relais au sein du corps académique. Elle emploie plus de 1.700 personnes mais vise 10.000 employés à un horizon de cinq ans. Au niveau financier, cela se traduit par une croissance exponentielle. Son chiffre d'affaires a décuplé entre 2015 et 2020 pour atteindre 83 millions. Pour 2021, il est à nouveau question d'une croissance de plus de 50%. L'un de ses principaux atouts est qu'elle tire l'essentiel de ses revenus d'abonnements, ce qui lui offre une grande visibilité sur sa croissance future. Le meilleur semble à venir pour Odoo et Fabien Pinckaers, CEO et Manager de l'Année 2020 de Trends- Tendances. > Lire à ce sujet: Pourquoi le groupe informatique wallon Odoo vaut plus de 2 milliardsOn ne devient pas leader du marché européen du jour au lendemain. Pour Abriso-Jiffy, de Flandre- Occidentale, tout a commencé en 1985 quand la famille d'entrepreneurs Deceuninck crée une société spécialisée dans les matériaux d'emballage et d'isolation. Au bord de la faillite en 2013, l'entreprise est rachetée à la famille Deceuninck par le management. Trois ans plus tard, l'investisseur néerlandais Bencis Capital Partners acquiert une participation. En 2019, Abriso réalise un coup de maître avec le rachat de son concurrent italien Jiffy. L'entreprise porte, depuis lors, le double nom d'Abriso-Jiffy. Abriso-Jiffy a clôturé l'exercice 2020 avec un chiffre d'affaires de 212 millions d'euros et 1.450 salariés. Elle compte aujourd'hui 15 sites de production dans 11 pays européens. Ses produits à base de polymères protègent de la casse, du froid, de la chaleur et du bruit. Comme des plastiques à bulles pour emballer les marchandises fragiles, ses mousses techniques protègent notamment les pièces électroniques ou des tubes de polyéthylène recouvrant les conduites. Abriso-Jiffy mise sur la durabilité. "Tous les produits Abriso-Jiffy sont recyclables et peuvent à leur tour être fabriqués à partir de matériaux recyclés, explique Jan Dejonghe, actionnaire minoritaire et ex-CEO. Depuis l'acquisition de Jiffy, nous dominons le marché et pouvons imposer nos prix. Grâce à notre envergure géographique et à notre formidable portefeuille de produits, nous résistons mieux aux fluctuations conjoncturelles." Abriso-Jiffy envisage sereinement son avenir et Bencis a accompli sa mission. L'investisseur néerlandais vient de revendre sa participation minoritaire à Quva, le véhicule d'investissement de l'entrepreneur Pascal Vanhalst. Jan Dejonghe reste actionnaire minoritaire et administrateur. La direction conserve également une petite participation. "Nous anticipons un chiffre d'affaires de 300 millions pour cette année, annonce-t-il. Nous venons de racheter Novostrat, un concurrent irlandais qui compte environ 200 employés et des unités de production en Irlande et en Pologne. Abriso-Jiffy continuera à croître avec les mêmes actionnaires qu'aujourd'hui. On ne change pas une équipe qui gagne."