Malgré la vaccination et l'instauration du Covid Safe Ticket, les chiffres de l'épidémie s'emballent en Belgique. Le nombre de contaminations est en moyenne de plus de 7000 par jour, plus de 2.000 patients hospitalisés sont traités pour le Covid-19 dont 418 en soins intensifs. Pour rappel, 500 lits en soins intensifs était le seuil fixé par le gouvernement fédéral pour le déconfinement du printemps dernier. La Belgique est à présent au niveau d'alerte 4, avec plus de 100 contaminations par 100.000 habitants au cours des 14 derniers jours. Par ailleurs, plus de 2 millions de personnes ne sont pas encore vaccinées.

Cette augmentation galopante des contaminations fait craindre de nouvelles mesures restrictives, avec un Codeco annoncé pour le vendredi 19 novembre.

Et parmi ces mesures, le télétravail, qui est repassé en mode "fortement recommandé" depuis les annonces du Codeco du 26 octobre dernier, pourrait bien à nouveau redevenir obligatoire en entreprises. Il semblerait en effet que la bonne volonté des travailleurs et des employeurs ne suffit plus.

Le week-end dernier, suite à la hausse constante des indicateurs de l'épidémie de Covid-19 pendant la semaine de vacances de la Toussaint, le ministre de la Santé Franck Vandenbroucke (Vooruit) a donné le ton. Il a indiqué que le télétravail devrait redevenir la norme. "Si les entreprises veulent continuer à fonctionner, elles doivent passer au télétravail", a-t-il affirmé sur la VRT. Le ministre a appelé à une regénéralisation du télétravail dès ce lundi 8 novembre pour contribuer à la diminution des contacts sociaux.

Pour Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint Pierre, le télétravail est bien une des armes contre un éventuel reconfinement si la situation venait à déraper à nouveau dans les semaines à venir. L'infectiologue, interrogée ce mardi matin sur La Première, prône également la vaccination en entreprise ainsi que la mise en place de testing régulier. "Il y a des alternatives au télétravail, mais on ne donne pas toujours les moyens aux entreprises de les mettre pratiquement en route ", estime-t-elle.

Vers deux ou trois jours de télétravail obligatoire?

Un nouveau Codeco est prévu le vendredi 19 novembre, ce qui dans ce contexte de recrudescence de l'épidémie augure de nouvelles mesures pour freiner les contaminations. La question du télétravail obligatoire devrait y être débattue. Le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) y défendra une obligation de télétravail partiel sur deux ou trois jours, sur le modèle des Pays-Bas, avec une alternance entre travailleurs et la possibilité de choisir ses jours, rapporte le journal L'Echo. "On sait que c'est compliqué à organiser, on prend ça en compte, mais le télétravail est un levier essentiel pour limiter la circulation du virus", explique-t-on à son cabinet.

Le ministre se dit bien conscient que si "le télétravail obligatoire ou recommandé a été l'une des mesures ayant le plus grand impact sur la maîtrise de la pandémie dans notre pays, la mesure a également entraîné des difficultés pour les entreprises et les travailleurs, notamment en ce qui concerne l'organisation du travail et le manque de contacts sociaux", peut-on lire sur son site.

L'UCM et la FEB contre le retour au télétravail obligatoire

Du côté des représentants des employeurs, la perspective d'un retour au télétravail "pour tous les membres du personnel des entreprises, des associations et des prestataires de services" là où c'est possible (selon Codeco) ne passe pas. Tant du côté de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) que du côté de l'Union des classes moyennes (UCM), on estime que le télétravail ne sera pas le remède au retour en force du virus, peut-on lire dans le journal L'Echo.

Même levée de bouclier du côté de la FEB. L'administrateur délégué de la fédération des entreprises de Belgique, Pieter Timmermans, était l'invité de Matin Première ce lundi pour évoquer le sujet. Selon lui, "le télétravail obligatoire n'aura pas beaucoup d'impact sur les chiffres."

Il souligne surtout la nécessité pour les employés de se faire vacciner. "Depuis un an et demi, nos entreprises ont fait beaucoup d'efforts avec leurs collaborateurs. Maintenant se pose de plus en plus la question : 'Si 80-90% de mes employés ont fait l'effort de se faire vacciner, pourquoi doit-on être puni à cause d'une minorité ?', avance-t-il, sans toutefois s'exprimer ouvertement en faveur d'une vaccination obligatoire pour se rendre au travail comme c'est déjà le cas dans d'autres pays. L'Italie, par exemple, impose aux travailleurs d'être vaccinés, au risque de ne pas être rémunérés.

Pour l'UCM, une nouvelle généralisation du télétravail est tout simplement "inaudible" aujourd'hui pour les employeurs comme pour les travailleurs. "Dès lors qu'ils sont vaccinés et qu'ils peuvent recevoir des gens chez eux, ils ne vont plus accepter un retour à l'isolement", argumente Arnaud Deplae, secrétaire général de l'UCM, dans L'Echo. "Le politique doit durcir les mesures sur les éléments qui ont un vrai impact sur les hospitalisations, mais le télétravail n'est pas la solution, et pas question non plus de fermer à nouveau des secteurs", estime-t-il.

Pour l'UCM, d'autres moyens doivent être mis en place pour freiner les contaminations : masques, ventilation, limitation du nombre d'employés présents dans une même salle, télétravail avec parcimonie... Jusqu'à la vaccination obligatoire pour tous les travailleurs belges ? L'UCM y est plutôt favorable.

La vaccination sera bientôt obligatoire pour le personnel soignant en Belgique. Le Ministre de la Santé Franck Vandenbrouck (Vooruit) espère que la loi pourra être votée avant Noël, peut-on lire dans une interview qu'il a accordée au Soir (23/10). Mais rien n'est (encore) prévu en entreprises.

., Belga
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Le CST obligatoire pour aller travailler ?

Autre mesure évoquée et qui fait débat : l'instauration du Covid Safe Ticket pour aller travailler. Agoria, la fédération de l'industrie technologique, s'est exprimée en faveur de l'instauration du CST au travail. Elle estime que les entreprises doivent avoir la possibilité d'imposer le pass sanitaire aux employés sur le lieu de travail. "Ceux qui refusent catégoriquement devraient être renvoyés chez eux sans être rémunérés", a affirmé le PDG d'Agoria Bart Steukers. Unizo, qui défend les intérêts des indépendants flamands, approuve également la proposition d'Agoria d'autoriser les entreprises à imposer un Covid Safe Ticket (CST) à leurs employés. De son côté, la FGTB s'y oppose farouchement, car ce certificat qui atteste d'une vaccination, d'une guérison ou d'un test négatif au coronavirus, concerne des données relatives à la santé et donc à la vie privée du personnel.

Le ministre fédéral de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne, a quant à lui appelé à la prudence sur cette question, estimant que des questions pratiques et déontologiques se posaient.

Respect des mesures de distance sur le lieu de travail

Pour l'heure, les employeurs et les travailleurs doivent toujours respecter les règles décrites dans le "Guide générique". La version 7 de ce guide, mise à jour en octobre dernier, indique que les personnes qui doivent être présentes sur leur lieu travail doivent respecter les règles de distanciation sociale autant que possible. Lorsqu'il est impossible de respecter les règles de distanciation sociale, il reste fortement recommandé de porter un masque buccal.

Malgré la vaccination et l'instauration du Covid Safe Ticket, les chiffres de l'épidémie s'emballent en Belgique. Le nombre de contaminations est en moyenne de plus de 7000 par jour, plus de 2.000 patients hospitalisés sont traités pour le Covid-19 dont 418 en soins intensifs. Pour rappel, 500 lits en soins intensifs était le seuil fixé par le gouvernement fédéral pour le déconfinement du printemps dernier. La Belgique est à présent au niveau d'alerte 4, avec plus de 100 contaminations par 100.000 habitants au cours des 14 derniers jours. Par ailleurs, plus de 2 millions de personnes ne sont pas encore vaccinées. Cette augmentation galopante des contaminations fait craindre de nouvelles mesures restrictives, avec un Codeco annoncé pour le vendredi 19 novembre. Et parmi ces mesures, le télétravail, qui est repassé en mode "fortement recommandé" depuis les annonces du Codeco du 26 octobre dernier, pourrait bien à nouveau redevenir obligatoire en entreprises. Il semblerait en effet que la bonne volonté des travailleurs et des employeurs ne suffit plus. Le week-end dernier, suite à la hausse constante des indicateurs de l'épidémie de Covid-19 pendant la semaine de vacances de la Toussaint, le ministre de la Santé Franck Vandenbroucke (Vooruit) a donné le ton. Il a indiqué que le télétravail devrait redevenir la norme. "Si les entreprises veulent continuer à fonctionner, elles doivent passer au télétravail", a-t-il affirmé sur la VRT. Le ministre a appelé à une regénéralisation du télétravail dès ce lundi 8 novembre pour contribuer à la diminution des contacts sociaux. Pour Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint Pierre, le télétravail est bien une des armes contre un éventuel reconfinement si la situation venait à déraper à nouveau dans les semaines à venir. L'infectiologue, interrogée ce mardi matin sur La Première, prône également la vaccination en entreprise ainsi que la mise en place de testing régulier. "Il y a des alternatives au télétravail, mais on ne donne pas toujours les moyens aux entreprises de les mettre pratiquement en route ", estime-t-elle.Un nouveau Codeco est prévu le vendredi 19 novembre, ce qui dans ce contexte de recrudescence de l'épidémie augure de nouvelles mesures pour freiner les contaminations. La question du télétravail obligatoire devrait y être débattue. Le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) y défendra une obligation de télétravail partiel sur deux ou trois jours, sur le modèle des Pays-Bas, avec une alternance entre travailleurs et la possibilité de choisir ses jours, rapporte le journal L'Echo. "On sait que c'est compliqué à organiser, on prend ça en compte, mais le télétravail est un levier essentiel pour limiter la circulation du virus", explique-t-on à son cabinet.Le ministre se dit bien conscient que si "le télétravail obligatoire ou recommandé a été l'une des mesures ayant le plus grand impact sur la maîtrise de la pandémie dans notre pays, la mesure a également entraîné des difficultés pour les entreprises et les travailleurs, notamment en ce qui concerne l'organisation du travail et le manque de contacts sociaux", peut-on lire sur son site. Du côté des représentants des employeurs, la perspective d'un retour au télétravail "pour tous les membres du personnel des entreprises, des associations et des prestataires de services" là où c'est possible (selon Codeco) ne passe pas. Tant du côté de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) que du côté de l'Union des classes moyennes (UCM), on estime que le télétravail ne sera pas le remède au retour en force du virus, peut-on lire dans le journal L'Echo. Même levée de bouclier du côté de la FEB. L'administrateur délégué de la fédération des entreprises de Belgique, Pieter Timmermans, était l'invité de Matin Première ce lundi pour évoquer le sujet. Selon lui, "le télétravail obligatoire n'aura pas beaucoup d'impact sur les chiffres." Il souligne surtout la nécessité pour les employés de se faire vacciner. "Depuis un an et demi, nos entreprises ont fait beaucoup d'efforts avec leurs collaborateurs. Maintenant se pose de plus en plus la question : 'Si 80-90% de mes employés ont fait l'effort de se faire vacciner, pourquoi doit-on être puni à cause d'une minorité ?', avance-t-il, sans toutefois s'exprimer ouvertement en faveur d'une vaccination obligatoire pour se rendre au travail comme c'est déjà le cas dans d'autres pays. L'Italie, par exemple, impose aux travailleurs d'être vaccinés, au risque de ne pas être rémunérés.Pour l'UCM, une nouvelle généralisation du télétravail est tout simplement "inaudible" aujourd'hui pour les employeurs comme pour les travailleurs. "Dès lors qu'ils sont vaccinés et qu'ils peuvent recevoir des gens chez eux, ils ne vont plus accepter un retour à l'isolement", argumente Arnaud Deplae, secrétaire général de l'UCM, dans L'Echo. "Le politique doit durcir les mesures sur les éléments qui ont un vrai impact sur les hospitalisations, mais le télétravail n'est pas la solution, et pas question non plus de fermer à nouveau des secteurs", estime-t-il. Pour l'UCM, d'autres moyens doivent être mis en place pour freiner les contaminations : masques, ventilation, limitation du nombre d'employés présents dans une même salle, télétravail avec parcimonie... Jusqu'à la vaccination obligatoire pour tous les travailleurs belges ? L'UCM y est plutôt favorable. La vaccination sera bientôt obligatoire pour le personnel soignant en Belgique. Le Ministre de la Santé Franck Vandenbrouck (Vooruit) espère que la loi pourra être votée avant Noël, peut-on lire dans une interview qu'il a accordée au Soir (23/10). Mais rien n'est (encore) prévu en entreprises. Autre mesure évoquée et qui fait débat : l'instauration du Covid Safe Ticket pour aller travailler. Agoria, la fédération de l'industrie technologique, s'est exprimée en faveur de l'instauration du CST au travail. Elle estime que les entreprises doivent avoir la possibilité d'imposer le pass sanitaire aux employés sur le lieu de travail. "Ceux qui refusent catégoriquement devraient être renvoyés chez eux sans être rémunérés", a affirmé le PDG d'Agoria Bart Steukers. Unizo, qui défend les intérêts des indépendants flamands, approuve également la proposition d'Agoria d'autoriser les entreprises à imposer un Covid Safe Ticket (CST) à leurs employés. De son côté, la FGTB s'y oppose farouchement, car ce certificat qui atteste d'une vaccination, d'une guérison ou d'un test négatif au coronavirus, concerne des données relatives à la santé et donc à la vie privée du personnel. Le ministre fédéral de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne, a quant à lui appelé à la prudence sur cette question, estimant que des questions pratiques et déontologiques se posaient.Pour l'heure, les employeurs et les travailleurs doivent toujours respecter les règles décrites dans le "Guide générique". La version 7 de ce guide, mise à jour en octobre dernier, indique que les personnes qui doivent être présentes sur leur lieu travail doivent respecter les règles de distanciation sociale autant que possible. Lorsqu'il est impossible de respecter les règles de distanciation sociale, il reste fortement recommandé de porter un masque buccal.