Devra-t-on bientôt montrer patte blanche et dégainer son Covid Safe Ticket (CST) pour passer les portes de son entreprise ? C'est la proposition émise par Agoria, la fédération de l'industrie technologique. Elle estime que les entreprises doivent avoir la possibilité d'imposer le pass sanitaire aux employés sur le lieu de travail. "Ceux qui refusent catégoriquement devraient être renvoyés chez eux sans être rémunérés", affirme sans ambages le PDG d'Agoria Bart Steukers ce jeudi.

La vaccination sera bientôt obligatoire pour le personnel soignant en Belgique. Le Ministre de la Santé Franck Vandenbrouck (Vooruit) espère que la loi pourra être votée avant Noël, peut-on lire dans une interview qu'il a accordée au Soir la semaine passée (23/10). Rien n'est (encore) prévu en entreprises.

Pour l'heure, le patron d'une entreprise de plus de 50 travailleurs peut seulement connaître le taux de vaccination de son personnel sans que l'anonymat des employés ne soit brisé. La demande pourra être faite par le responsable lui-même, ou le médecin du travail pourra prendre l'initiative d'informer l'entreprise.

"Les employés qui refusent catégoriquement devraient être renvoyés chez eux sans être rémunérés"

Le PDG d'Agoria Bart Steukers

"Une étape supplémentaire est d'offrir l'option aux entreprises qui jugent utile ou nécessaire de rendre le CST obligatoire pour leurs employés", selon Steukers d'Agoria. "Et celui qui refuse, peut être renvoyé chez lui sans salaire".

Créer des conditions de travail sécurisées

Il estime que cela relève de la sécurité des employés. "Les employeurs ont l'obligation de créer des conditions de travail sûres. Qui ne se fait pas vacciner ou tester, présente une menace pour ses collègues. Selon moi, c'est déjà une base juridique pour un licenciement. Et le secret médical ? Il n'est pas compromis, car il y a un choix entre la vaccination, le dépistage ou la guérison. S'il y a des travailleurs qui refusent d'être vaccinés et veulent se faire tester tous les jours, alors qu'ils le fassent".

Une bonne partie des membres d'Agoria soutient cette position de la fédération, qui représente 2.000 entreprises, pourvoyeuses d'emploi pour 315.000 personnes. Une idée que soutient aussi le ministre de la Santé. Il déclare dans Le Soir : "Je n'ai aucun problème à exiger le Covid Safe Ticket à l'entrée des centres commerciaux et des entreprises... La loi ne le permet pas pour le moment, il n'y a pas d'accord politique, mais on peut avancer vite... A tous ces présidents qui soulèvent de grandes discussions philosophiques, je dis que, cela, le Covid Safe Ticket dans les centres commerciaux et sur les lieux de travail, on peut être opérationnels demain, pratiquement, concrètement ".

L'Unizo aussi en faveur du Covid Safe Ticket au travail

Unizo, qui défend les intérêts des indépendants flamands, approuve également la proposition de la fédération de l'industrie technologique Agoria d'autoriser les entreprises à imposer un Covid Safe Ticket (CST) à leurs employés. "En principe, nous pouvons pleinement soutenir cela", a réagi son dirigeant Danny Van Assche auprès de Belga.

"Le Covid Safe Ticket est introduit dans les lieux où de nombreuses personnes se rassemblent. Mais c'est souvent le cas aussi sur le lieu de travail", estime M. Van Assche. Pour lui, une obligation générale n'est pas nécessaire mais la possibilité devrait être laissée aux employeurs, certains estimant "que cela pourrait être important pour la sécurité".

Le dirigeant d'Unizo souligne qu'il est du devoir de l'employeur d'assurer à ses salariés l'environnement de travail le plus sûr possible. "Qu'en est-il par exemple des employeurs qui engagent des personnes à risque? Avec le CST, le risque de contamination par un collègue peut être réduit."

Danny Van Assche pointe en outre que dans l'horeca, le personnel doit porter un masque buccal, au contraire des clients qui, eux, doivent présenter leur certificat sanitaire. "Si le personnel pouvait présenter son CST, alors il n'aurait plus à porter le masque", illustre-t-il. Selon Unizo, les entreprises devraient pouvoir élaborer une politique sanitaire "qui profite à leurs clients et à leurs employés".

Le ministre fédéral de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne, a quant à lui appelé à la prudence sur cette question, estimant que des questions pratiques et déontologiques se posaient.

., Belga
. © Belga

La FGTB contre le CST au travail

La FGTB s'oppose fermement à l'imposition du pass sanitaire au travail. Le syndicat socialiste dit s'étonner de cette proposition alors qu'au Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, qui réunit représentants des travailleurs et du patronat, la position était unanime de refuser l'application du pass sanitaire au travail.

Les employeurs et les syndicats ont adopté une position très claire: (...) l'employeur n'est pas autorisé à le demander aux salariés, ni à s'enquérir de leur statut vaccinal individuel"

FGTB

Ce qui pose problème à la FGTB est que le Covid Safe Ticket, certificat qui atteste d'une vaccination, d'une guérison ou d'un test négatif au coronavirus, concerne des données relatives à la santé et donc à la vie privée du personnel.

Des questions en droit du travail

"Les employeurs et les syndicats ont adopté une position très claire: (...) l'employeur n'est pas autorisé à le demander aux salariés, ni à s'enquérir de leur statut vaccinal individuel", martèle le syndicat.

Ce dernier "s'étonne donc que certaines fédérations patronales retournent soudainement leur veste et exigent le contraire de ce qui a été convenu".

Le CST pose d'importantes questions en termes du droit du travail, ajoute la FGTB, "c'est la raison pour laquelle nous avons fait part d'une position commune au Conseil supérieur: l'utilisation du CST dans les entreprises n'est pas possible".

Il est aussi hors de question d'associer des avantages ou inconvénients au pass sanitaire, comme d'interdire l'accès aux locaux sans ce certificat, souligne le syndicat. Distance physique, port du masque, mise à disposition du gel... Des mesures sanitaires sont déjà en place dans le milieu du travail, souligne la FGTB, qui encourage par ailleurs à "une vaccination maximale de la population".

Devra-t-on bientôt montrer patte blanche et dégainer son Covid Safe Ticket (CST) pour passer les portes de son entreprise ? C'est la proposition émise par Agoria, la fédération de l'industrie technologique. Elle estime que les entreprises doivent avoir la possibilité d'imposer le pass sanitaire aux employés sur le lieu de travail. "Ceux qui refusent catégoriquement devraient être renvoyés chez eux sans être rémunérés", affirme sans ambages le PDG d'Agoria Bart Steukers ce jeudi.La vaccination sera bientôt obligatoire pour le personnel soignant en Belgique. Le Ministre de la Santé Franck Vandenbrouck (Vooruit) espère que la loi pourra être votée avant Noël, peut-on lire dans une interview qu'il a accordée au Soir la semaine passée (23/10). Rien n'est (encore) prévu en entreprises. Pour l'heure, le patron d'une entreprise de plus de 50 travailleurs peut seulement connaître le taux de vaccination de son personnel sans que l'anonymat des employés ne soit brisé. La demande pourra être faite par le responsable lui-même, ou le médecin du travail pourra prendre l'initiative d'informer l'entreprise."Une étape supplémentaire est d'offrir l'option aux entreprises qui jugent utile ou nécessaire de rendre le CST obligatoire pour leurs employés", selon Steukers d'Agoria. "Et celui qui refuse, peut être renvoyé chez lui sans salaire". Il estime que cela relève de la sécurité des employés. "Les employeurs ont l'obligation de créer des conditions de travail sûres. Qui ne se fait pas vacciner ou tester, présente une menace pour ses collègues. Selon moi, c'est déjà une base juridique pour un licenciement. Et le secret médical ? Il n'est pas compromis, car il y a un choix entre la vaccination, le dépistage ou la guérison. S'il y a des travailleurs qui refusent d'être vaccinés et veulent se faire tester tous les jours, alors qu'ils le fassent". Une bonne partie des membres d'Agoria soutient cette position de la fédération, qui représente 2.000 entreprises, pourvoyeuses d'emploi pour 315.000 personnes. Une idée que soutient aussi le ministre de la Santé. Il déclare dans Le Soir : "Je n'ai aucun problème à exiger le Covid Safe Ticket à l'entrée des centres commerciaux et des entreprises... La loi ne le permet pas pour le moment, il n'y a pas d'accord politique, mais on peut avancer vite... A tous ces présidents qui soulèvent de grandes discussions philosophiques, je dis que, cela, le Covid Safe Ticket dans les centres commerciaux et sur les lieux de travail, on peut être opérationnels demain, pratiquement, concrètement ".Unizo, qui défend les intérêts des indépendants flamands, approuve également la proposition de la fédération de l'industrie technologique Agoria d'autoriser les entreprises à imposer un Covid Safe Ticket (CST) à leurs employés. "En principe, nous pouvons pleinement soutenir cela", a réagi son dirigeant Danny Van Assche auprès de Belga."Le Covid Safe Ticket est introduit dans les lieux où de nombreuses personnes se rassemblent. Mais c'est souvent le cas aussi sur le lieu de travail", estime M. Van Assche. Pour lui, une obligation générale n'est pas nécessaire mais la possibilité devrait être laissée aux employeurs, certains estimant "que cela pourrait être important pour la sécurité". Le dirigeant d'Unizo souligne qu'il est du devoir de l'employeur d'assurer à ses salariés l'environnement de travail le plus sûr possible. "Qu'en est-il par exemple des employeurs qui engagent des personnes à risque? Avec le CST, le risque de contamination par un collègue peut être réduit." Danny Van Assche pointe en outre que dans l'horeca, le personnel doit porter un masque buccal, au contraire des clients qui, eux, doivent présenter leur certificat sanitaire. "Si le personnel pouvait présenter son CST, alors il n'aurait plus à porter le masque", illustre-t-il. Selon Unizo, les entreprises devraient pouvoir élaborer une politique sanitaire "qui profite à leurs clients et à leurs employés". Le ministre fédéral de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne, a quant à lui appelé à la prudence sur cette question, estimant que des questions pratiques et déontologiques se posaient.La FGTB contre le CST au travailLa FGTB s'oppose fermement à l'imposition du pass sanitaire au travail. Le syndicat socialiste dit s'étonner de cette proposition alors qu'au Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, qui réunit représentants des travailleurs et du patronat, la position était unanime de refuser l'application du pass sanitaire au travail.Ce qui pose problème à la FGTB est que le Covid Safe Ticket, certificat qui atteste d'une vaccination, d'une guérison ou d'un test négatif au coronavirus, concerne des données relatives à la santé et donc à la vie privée du personnel. "Les employeurs et les syndicats ont adopté une position très claire: (...) l'employeur n'est pas autorisé à le demander aux salariés, ni à s'enquérir de leur statut vaccinal individuel", martèle le syndicat. Ce dernier "s'étonne donc que certaines fédérations patronales retournent soudainement leur veste et exigent le contraire de ce qui a été convenu". Le CST pose d'importantes questions en termes du droit du travail, ajoute la FGTB, "c'est la raison pour laquelle nous avons fait part d'une position commune au Conseil supérieur: l'utilisation du CST dans les entreprises n'est pas possible". Il est aussi hors de question d'associer des avantages ou inconvénients au pass sanitaire, comme d'interdire l'accès aux locaux sans ce certificat, souligne le syndicat. Distance physique, port du masque, mise à disposition du gel... Des mesures sanitaires sont déjà en place dans le milieu du travail, souligne la FGTB, qui encourage par ailleurs à "une vaccination maximale de la population".