Les enseignes Vanden Avenne sont omniprésentes en Flandre-Occidentale. Impossible de les ignorer. Surtout celles sur les silos en rose (porcin) des éleveurs de bétail, financées par Vanden Avenne à condition que l'éleveur s'approvisionne en aliments pour bétail chez eux.
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Les enseignes Vanden Avenne sont omniprésentes en Flandre-Occidentale. Impossible de les ignorer. Surtout celles sur les silos en rose (porcin) des éleveurs de bétail, financées par Vanden Avenne à condition que l'éleveur s'approvisionne en aliments pour bétail chez eux. Où en est-on aujourd'hui? Les descendants de la deuxième génération Gomard Vanden Avenne constituent la branche la plus connue de la famille d'entrepreneurs de Flandre-Occidentale. Walter Vanden Avenne (95 ans), ex-président du VEV (1984-1989), a été anobli en 1984. "A l'époque, l'organisation patronale flamande a dû batailler pour se détacher des fédérations patronales belges comme la FEB. L'affiliation était assimilée à un acte de flamingantisme économique et tous les entrepreneurs flamands n'y étaient pas disposés. Walter était un gentleman ouest-flandrien raffiné, toujours élégamment vêtu et coiffé de façon artistique, entré dans l'entreprise familiale d'aliments pour bétail plus par sens du devoir et de la famille que par véritable conviction. Il rêvait de devenir architecte de jardins."Ce n'est qu'à 90 ans, à l'été 2017, que Walter a démissionné de sa fonction d'administrateur délégué du groupe. En réalité, ses fils Patrick (68 ans) et Harold (64 ans) étaient déjà aux commandes depuis plusieurs décennies. Les deux frères ont tous deux épousé une fille du baron Lucien Vlerick, soeurs de Philippe Vlerick (67 ans), sous-président du conseil d'administration du groupe KBC et Trends Manager de l'Année 2006. Le paternalisme d'inspiration catholique a toujours été leur marque de fabrique. "Monsieur Patrick et Monsieur Harold connaissent chaque employé par son prénom. Ils ne sont pas avares en compliments et en tapes dans le dos", indiquait un employé en 1995. Le vendredi saint, l'usine cessait de tourner un quart d'heure. Et une messe était célébrée avant la fête du personnel. Le holding Vanden Avenne Vrieshuis est aujourd'hui dirigé par la cinquième génération: Thomas (39 ans) et Maurits (34 ans), fils de Patrick qui a racheté les parts de son frère Harold en 2016. "Comme toute bonne famille ouest-flandrienne, nous avons reçu les valeurs chrétiennes en héritage, précise une figure clé de la famille. Mais c'est terriblement vieux jeu. Ces valeurs n'ont plus vraiment cours dans la jeune génération. Pas plus que le paternalisme". L'éventail des activités s'est considérablement élargi. Deux grandes usines d'aliments composés ont ouvert leurs portes à Ooigem et à Floreffe. Fort d'une production de 625.000 tonnes par an, le groupe devient ainsi un des principaux acteurs du marché. La production totale belge s'élève à 7,3 millions de tonnes, selon l'organisation sectorielle BFA. Mais le holding englobe également d'autres activités, comme les viandes de porc et de poulet, vendus souvent sous les marques de la grande distribution. Il compte aussi une usine de viande halal à Hasselt. La société Vanden Avenne Vrieshuis a réalisé l'impressionnant chiffre d'affaires d'un demi-milliard d'euros en 2020. Apparence trompeuse s'il en est car pas moins de 412 millions d'euros ont dû être déboursés pour l'achat de matières premières. Comme le rappelle la guerre en Ukraine, le prix des matières premières fluctue énormément. Jamais les marges bénéficiaires n'ont été aussi maigres. Entre 2017 et 2019, le holding a même encaissé une perte nette après remboursement des coûts de crédit. L'entreprise compense ses faiblesses en développant ses activités dans d'autres maillons de la chaîne alimentaire. Il n'empêche, les prix sont fixés au niveau européen, voire mondial. Et l'avenir se présente un peu moins rose (porcin? ) puisque l'accord sur les épandages d'azote du gouvernement flamand devrait entraîner une diminution du cheptel porcin flamand de l'ordre de 30% d'ici à 2030. Le groupe Vanden Avenne Commodities, actif notamment dans le commerce de produits agricoles tels que céréales, soja, colza et tournesol, enregistre, lui, de meilleurs résultats. Cette branche du holding s'inscrit dans la continuité de l'aventure familiale entamée par Zéno Vanden Avenne en 1889. L'arrière-grand-père a démarré un commerce florissant de produits agricoles à Ooigem, le long du canal de la Lys vers Roulers. 1962 a marqué la scission de la production d'aliments pour bétail et de l'activité commerciale. Cette dernière a été confiée aux descendants de Medard, aujourd'hui représentés par Xavier Van den Avenne (54 ans), administrateur délégué, et sa cousine Bernadette (66 ans). Ils possèdent chacun la moitié des actions du groupe. D'autres membres de la famille sont également actionnaires de toute une série d'activités par l'entremise de la S.A. Vandema. Les marges bénéficiaires de cette entreprise sont elles aussi très étroites. Son chiffre d'affaires de près de 1 milliard d'euros (moyennant une fois de plus des coûts élevés pour l'achat des matières premières) a permis de dégager un bénéfice de 24 millions d'euros lors de l'exercice comptable précédent mais le bénéfice net est sensiblement plus élevé de 50 millions d'euros grâce à des frais financiers moins élevés et des participations minoritaires qui ont eu pour effet de booster le bénéfice. Et notamment la participation de 29% dans Alco Bio Fuel, producteur de biocarburants au port de Gand, qui distribue de plantureux dividendes. Xavier est lui aussi pétri de paternalisme d'inspiration catholique. Son oncle Toon était missionnaire en Afrique. "Mon père Ignace a failli devenir prêtre, confie l'administrateur délégué, un brin songeur. Une de mes tantes, nonne, a consacré toute sa vie au travail social aux Etats-Unis. Une autre tante travaillait au CPAS d'Izegem. Cela tient à notre idéalisme, notre volonté de faire quelque chose de bien pour la société. Il ne suffit pas de réussir en affaires. Il faut aussi prendre soin de ses collaborateurs." Voilà pour les deux principaux groupes familiaux Vanden Avenne. D'autres membres du clan se sont rendus célèbres dans le monde de l'entrepreneuriat mais dans une dimension financière et économique souvent moindre. Impextraco est ainsi une grosse entreprise aux mains des descendants de Georges, troisième rejeton de la deuxième génération. Ses petits-fils Marc (61 ans) et Yves Vanden Avenne (58 ans) ont acheté l'entreprise de Heist-op-den-Berg en 1987 grâce au rachat par le chevalier Walter Vanden Avenne des parts de leur père Arsène dans les activités d'Ooigem. Yves a épousé Veronique Van Hool (56 ans), descendante du constructeur éponyme de Koningshooikt, dont les parts ont été rachetées en 1999. Impextraco fournit des micro-ingrédients tels que des vitamines, des sels minéraux et des acides aminés aux premixers et aux gros fabricants d'aliments pour bétail. L'entreprise et ses filiales en Chine, au Mexique et en Thaïlande ont réalisé un chiffre d'affaires de 129 millions d'euros lors du dernier exercice comptable. Avec un bénéfice d'exploitation de 7 millions d'euros, Impextraco peut se vanter d'une marge bénéficiaire d'exploitation plus élevée que celle des deux entreprises historiques de la famille Vanden Avenne. Une filiale au Brésil affiche des résultats encore meilleurs. Le morcellement est plus marqué au niveau de la quatrième branche centrale, autour de René Vanden Avenne. Le descendant de la deuxième génération n'a pas tardé à faire sécession pour se focaliser sur le lin. Quand l'industrie linière a montré les premiers signes d'une mort lente mais certaine dans les années 1960, ses descendants se sont lancés dans la fabrication de panneaux d'aggloméré. Spanogroup, un des leaders du marché européen, a été vendu en 2013 à Ackermans & van Haaren, le groupe ouest-flandrien de matériaux de construction. Le bénéfice de la vente a été partagé entre les différents rejetons de la famille. Un des plus gros actionnaires était le couple Jan Ide (63 ans) et son épouse Katrien Vanden Avenne (63 ans), petite-fille de René.