Depuis le début de la crise sanitaire, le télétravail s'est ancré dans les habitudes des travailleurs, de manière hybride pour certains ou à 100% pour d'autres. Lors du Comité de concertation qui se tient ce mercredi, le gouvernement fédéral plaidera en faveur de l'obligation pour chacun de travailler à domicile pendant quatre jours maximum, afin de freiner les contaminations au Covid-19.

L'UCM s'est prononcée contre le retour de cette mesure, tout comme la FEB. "Rendre le télétravail obligatoire est une mesure inutile et aux effets indirects contre-productifs", assène l'Union wallonne des entreprises (UWE). "À aucun moment depuis mars 2020, les analyses scientifiques n'ont révélé une hausse des contaminations sur les lieux de travail", pointe-t-elle.

Recourir au télétravail ne fera que pénaliser directement et indirectement l'activité économique, regrette l'UCM. Cela mettra en péril l'activité et la pérennité de nombre d'entreprises, ainsi que de leur personnel. "Une situation qui nécessiterait la mise en place de mesures de soutien longues et coûteuses... parfaitement évitables !" Le télétravail met aussi à mal la santé mentale des travailleurs et travailleuses, "il s'agit là d'un enjeu de première importance pour le bien-être de tous". Pour l'UWE, la solution réside dans la prévention et la vaccination.

Côté flamand, même levée de boucliers, le Voka, le VBO, Unizo et le Boerenbond estiment aussi que cette obligation va trop loin.

"Nous demandons déjà un maximum de travail à domicile", déclare Eric Laureys, porte-parole du Voka, cité par De Morgen. "Mais nous sommes contre une obligation, car alors il y aurait aussi des contrôles. Lorsque le télétravail était encore obligatoire il y a quelques mois, les entreprises devaient également l'enregistrer à l'aide d'un outil. Une obligation entraîne donc de toute façon des tracasseries et de la paperasse."

"Seulement 1% des contaminations sur le lieu de travail", vraiment?

Selon Eric Laureys, il n'y a d'ailleurs aucune raison de demander aux entreprises de faire un tel effort. Il avance que seulement "1 % des infections" ont lieu sur le lieu de travail. Mais, selon l'analyse du Morgen, c'est une façon plutôt créative d'interpréter les chiffres épidémiologiques de Sciensano.

L'organisation des employeurs se base sur l'étude des clusters, explique le journal flamand. Si au moins deux cas de Covid sont liés en un même lieu, Sciensano parle d'un cluster. Le Voka se base sur les derniers chiffres qui prennent également en compte les écoles, des chiffres qui concernent la semaine précédant les vacances d'automne.

Au vu de ces chiffres, 17,7 % des clusters actifs ont été signalés sur le lieu de travail, c'est donc davantage que le pourcent avancé par le Voka. L'organisation patronale flamande obtient ce faible pourcentage en divisant le nombre de cas confirmés en clusters sur le lieu de travail (630) par le nombre total de cas de Covid de la semaine (54 451), explique De Morgen. Seuls ces cas peuvent être attribués avec certitude au lieu de travail, selon l'organisation.

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Selon le statisticien Bart Mesuere (UGent), cela n'a pas de sens. "Cette recherche en clusters ne traite qu'une fraction des infections", précise-t-il. "Nous ne savons tout simplement pas où se produisent de nombreuses infections. Il me semble donc très difficile de comparer les chiffres du cluster avec le nombre total."

Lorsque le tracing contacte les personnes infectées, un peu moins de 5 % d'entre elles disent qu'elles pensent avoir contracté le virus au travail, selon les derniers chiffres. Près de 3 % indiquent un collègue infecté. Le Voka considère que ces chiffres ne sont pas fiables, car ils sont déclarés par les intéressés eux-mêmes.

Télétravail = bon sens

Mais selon Mesuere, il y a aussi des lacunes dans les chiffres du cluster. "Si vous regardez les clusters pour Namur, il n'y avait pas un seul cluster sur le lieu de travail pendant la première semaine de novembre dans toute la province", dit Mesuere. "Nous devons prendre ces informations avec des pincettes."

Le statisticien est d'avis que le travail à domicile relève du bon sens dans la lutte contre l'épidémie, car il permet en toute logique d'éviter aux employés de se rencontrer sur le lieu de travail et d'utiliser les transports en commun pour se rendre au bureau.

Le télétravail est d'ailleurs plébiscité chez nos voisins pour lutter contre l'épidémie.

En Allemagne, il est question d'introduire un "Home Office Duty", rapporte De Morgen, car le pays est confronté à des taux d'infection élevés et à un taux de vaccination relativement faible. Le gouvernement néerlandais, de son côté, a déjà demandé, dans le cadre du "lockdown light", que les personnes travaillent à domicile autant que possible, à moins qu'il n'y ait pas d'autres options.

La recherche néerlandaise sur les contacts montre que 8,8 % des infections sont suspectées de se produire dans le contexte de la "situation de travail". Cette catégorie arrive en quatrième position, après la "situation familiale" (54,9 %), les autres questions privées telles que les visites d'amis ou de parents (15,9 %) et "l'école et la garde des enfants" (9,9 %).

Depuis le début de la crise sanitaire, le télétravail s'est ancré dans les habitudes des travailleurs, de manière hybride pour certains ou à 100% pour d'autres. Lors du Comité de concertation qui se tient ce mercredi, le gouvernement fédéral plaidera en faveur de l'obligation pour chacun de travailler à domicile pendant quatre jours maximum, afin de freiner les contaminations au Covid-19.L'UCM s'est prononcée contre le retour de cette mesure, tout comme la FEB. "Rendre le télétravail obligatoire est une mesure inutile et aux effets indirects contre-productifs", assène l'Union wallonne des entreprises (UWE). "À aucun moment depuis mars 2020, les analyses scientifiques n'ont révélé une hausse des contaminations sur les lieux de travail", pointe-t-elle.Recourir au télétravail ne fera que pénaliser directement et indirectement l'activité économique, regrette l'UCM. Cela mettra en péril l'activité et la pérennité de nombre d'entreprises, ainsi que de leur personnel. "Une situation qui nécessiterait la mise en place de mesures de soutien longues et coûteuses... parfaitement évitables !" Le télétravail met aussi à mal la santé mentale des travailleurs et travailleuses, "il s'agit là d'un enjeu de première importance pour le bien-être de tous". Pour l'UWE, la solution réside dans la prévention et la vaccination.Côté flamand, même levée de boucliers, le Voka, le VBO, Unizo et le Boerenbond estiment aussi que cette obligation va trop loin. "Nous demandons déjà un maximum de travail à domicile", déclare Eric Laureys, porte-parole du Voka, cité par De Morgen. "Mais nous sommes contre une obligation, car alors il y aurait aussi des contrôles. Lorsque le télétravail était encore obligatoire il y a quelques mois, les entreprises devaient également l'enregistrer à l'aide d'un outil. Une obligation entraîne donc de toute façon des tracasseries et de la paperasse."Selon Eric Laureys, il n'y a d'ailleurs aucune raison de demander aux entreprises de faire un tel effort. Il avance que seulement "1 % des infections" ont lieu sur le lieu de travail. Mais, selon l'analyse du Morgen, c'est une façon plutôt créative d'interpréter les chiffres épidémiologiques de Sciensano. L'organisation des employeurs se base sur l'étude des clusters, explique le journal flamand. Si au moins deux cas de Covid sont liés en un même lieu, Sciensano parle d'un cluster. Le Voka se base sur les derniers chiffres qui prennent également en compte les écoles, des chiffres qui concernent la semaine précédant les vacances d'automne.Au vu de ces chiffres, 17,7 % des clusters actifs ont été signalés sur le lieu de travail, c'est donc davantage que le pourcent avancé par le Voka. L'organisation patronale flamande obtient ce faible pourcentage en divisant le nombre de cas confirmés en clusters sur le lieu de travail (630) par le nombre total de cas de Covid de la semaine (54 451), explique De Morgen. Seuls ces cas peuvent être attribués avec certitude au lieu de travail, selon l'organisation.Selon le statisticien Bart Mesuere (UGent), cela n'a pas de sens. "Cette recherche en clusters ne traite qu'une fraction des infections", précise-t-il. "Nous ne savons tout simplement pas où se produisent de nombreuses infections. Il me semble donc très difficile de comparer les chiffres du cluster avec le nombre total."Lorsque le tracing contacte les personnes infectées, un peu moins de 5 % d'entre elles disent qu'elles pensent avoir contracté le virus au travail, selon les derniers chiffres. Près de 3 % indiquent un collègue infecté. Le Voka considère que ces chiffres ne sont pas fiables, car ils sont déclarés par les intéressés eux-mêmes.Mais selon Mesuere, il y a aussi des lacunes dans les chiffres du cluster. "Si vous regardez les clusters pour Namur, il n'y avait pas un seul cluster sur le lieu de travail pendant la première semaine de novembre dans toute la province", dit Mesuere. "Nous devons prendre ces informations avec des pincettes." Le statisticien est d'avis que le travail à domicile relève du bon sens dans la lutte contre l'épidémie, car il permet en toute logique d'éviter aux employés de se rencontrer sur le lieu de travail et d'utiliser les transports en commun pour se rendre au bureau. Le télétravail est d'ailleurs plébiscité chez nos voisins pour lutter contre l'épidémie. En Allemagne, il est question d'introduire un "Home Office Duty", rapporte De Morgen, car le pays est confronté à des taux d'infection élevés et à un taux de vaccination relativement faible. Le gouvernement néerlandais, de son côté, a déjà demandé, dans le cadre du "lockdown light", que les personnes travaillent à domicile autant que possible, à moins qu'il n'y ait pas d'autres options. La recherche néerlandaise sur les contacts montre que 8,8 % des infections sont suspectées de se produire dans le contexte de la "situation de travail". Cette catégorie arrive en quatrième position, après la "situation familiale" (54,9 %), les autres questions privées telles que les visites d'amis ou de parents (15,9 %) et "l'école et la garde des enfants" (9,9 %).