La rédaction de Trends-Tendances consacre son numéro de la semaine à la reprise.
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Les camions sont désespérément à l'arrêt dans l'entrepôt du groupe Delsart, à Fernelmont, en province de Namur. C'est que l'entreprise tire 90% de ses revenus de l'horeca. Dans le jargon, elle est ce que l'on appelle un négociant en boissons, soit l'intermédiaire entre les brasseurs et l'horeca. En l'occurrence le premier de Wallonie avec 35 millions d'euros de chiffre d'affaires et 85 collaborateurs. "Sur le mois de janvier, nous avons perdu 90% de nos revenus, déplore son patron, José Delsart. Et l'an dernier, nous avons enregistré environ 55% de notre chiffre d'affaires." L'horeca a évidemment pu rouvrir de mi-juin à mi-octobre, et l'entreprise dispose aussi de trois "drinks" (10% de ses ventes). Comprenez des magasins de bières et autres alcools qui, eux, ont pu rester ouverts. "Nous en avons ouvert un quatrième début février à Ciney, et nous voulons en ouvrir d'autres, explique le responsable. Ce n'était pas du tout prévu, mais c'est la seule chose qui peut fonctionner pour le moment." L'entreprise a bien livré certains supermarchés locaux confrontés à des soucis d'approvisionnement lors du premier confinement mais cela n'a pas fait exploser les volumes. Afin de préparer au mieux la reprise, les équipes se sont donc livrées pendant ces mois très calmes à un exercice de rationalisation. "Nous avons passé chaque poste au peigne fin pour réduire les coûts et optimiser les processus, explique José Delsart. C'est un exercice très intéressant qui oblige à aller au fond de la comptabilité et qui va nous permettre de redémarrer correctement." Un gros travail de digitalisation a également été mené, avec la création d'une plateforme destinée à faciliter les commandes de l'horeca. La réouverture des établissements horeca, notre patron s'y prépare également au niveau de la motivation de son personnel et de la gestion de son stock, tentant de tirer les leçons de la première réouverture de juin. "L'an dernier, nous avons appris cinq-six jours plus tôt que l'horeca allait rouvrir. Ce fut un choc. On s'habitue à fonctionner à du 20-30% et du jour au lendemain, vous devez être à du 100, voire 200%. Nous devons donc faire très attention à la capacité de résilience de nos collaborateurs, quand le manque de perspectives peut parfois avoir un effet très négatif sur le moral des troupes. Par ailleurs, nous sommes en train de redéfinir les équipes et de refaire le point sur tous les processus. Une sorte de répétition générale. C'est un peu comme un pilote qui n'a plus volé pendant des mois. Il va d'abord repasser par le simulateur." Au niveau des stocks, enfin, José Delsart ne se laissera plus avoir. "Lors du premier confinement, nous sortions de l'hiver et le stock n'était pas maximal, dit-il. Cette fois-ci, nous avons maintenu notre niveau de stock plus haut que d'habitude, ce qui nous permettra de redémarrer avec des lignes d'avance dès que les établissements horeca pourront rouvrir leurs portes."