Veille de Noël 2022 ... Une excellente nouvelle est annoncée par le gouvernement flamand. Il se décide enfin à donner une valeur aux emballages pour lutter contre les déchets sauvages. Toute la communauté des "pigeons ramasseurs" (les bénévoles qui récoltent chaque année des déchets toujours plus nombreux) se réjouit que le projet d'instaurer une consigne sur les canettes et bouteilles en plastique ait enfin des chances de se concrétiser.

Mais le diable est dans les détails. Plutôt que d'opter pour un système de consigne classique (remboursement au point de collecte), le gouvernement flamand semble vouloir ré-inventer l'eau chaude en testant un système de consigne digitale. Pourtant le système de consigne classique fonctionne efficacement depuis de nombreuses années dans un grand nombre de pays et continue à s'étendre en Europe.

Suivre les conseils de Fost Plus pour organiser la consigne équivaut à demander à des anti-vax d'organiser la campagne de vaccination

Le principe de consigne digitale émane de Fost Plus, Comeos et Fevia. Il consiste à "scanner", avec un smartphone, le code barre de l'emballage une fois que celui-ci a été consommé. C'est ce scan qui permet d'obtenir le remboursement de la consigne. Le système de scan est toutefois loin d'être au point ... et si l'on en croit les expériences passées de Fost Plus et de ses parties prenantes dans le domaine, on peut raisonnablement craindre le pire. Annoncées à grands coups d'auto promotion l' "expérience pilote prime retour" (bons d'achat de 5 euros contre 100 canettes ramassées dans la nature) et le système "Click" (obtention d'avantages en échange de scans d'emballages ramassés en rue) n'ont pas tenu leurs promesses. Anvers a d'ailleurs récemment abandonné "Click" parce que le système était trop coûteux et n'avait aucun impact sur les déchets sauvages. .

Lire aussi | Consigne sur les canettes : "Le système de scan numérique de Fost Plus est critiquable"

Et pourtant, ces mêmes organismes (Fost Plus et Cie) ont présenté cette nouvelle idée de scan digital comme "avant-gardiste", se basant sur une étude commandée à un cabinet privé (PwC) qui est restée étrangement confidentielle jusqu'à ce que la pression ne devienne trop forte et que Fost Plus la publie.

Les avantages d'une version digitale de la consigne sont difficiles à cerner mais les problèmes et questions qu'elle suscite sont innombrables : Comment s'assurer que la canette atterrit dans le bon point de récolte (et non le long d'une route) une fois qu'elle est scannée ? Un représentant de Fost Plus a admis récemment que c'était possible.

Quel est l'impact réel de la consigne digitale sur les déchets sauvages, vu le problème relevé ci-avant ?

Les données générées par ces scans seront-elles commercialisées ? N'y a-t-il pas un réel danger pour la protection de la vie privée ?

Quelles sont les conséquences pour les nombreuses personnes qui, victimes de la fracture numérique, ne disposent pas d'un smartphone connecté à internet ?

Quel sera le coût de ce nouveau système ? Il serait équivalent au coût du système classique selon un représentant de Fost Plus. Alors pourquoi préférer la copie à l'original ?

Quel sera le coût des études, des expériences pilotes, des poubelles "intelligentes" ?

Qu'adviendra-t-il des emballages jetés dans les poubelles publiques "tout venant" ? Ces emballages seront peut-être scannés mais seront-ils recyclés ?

Quel impact aura le système de scan sur la pureté des flux de plastique et aluminium récupérés ? Contrairement à la consigne classique, le système de scan continue à mélanger des déchets de toutes sortes, rendant ainsi difficile le vrai recyclage "bottle to bottle"

Quid de l'impact écologique de ce système "visionnaire" ? Chaque scan donnera lieu à un message à la banque et à une transaction bancaire. Ce système sera nettement plus énergivore que la consigne classique, alourdissant ainsi notre empreinte énergétique. Est-il raisonnable en 2023 d'ajouter du digital quand ce n'est pas nécessaire ?

Pourquoi faire fi de l'expérience positive des Allemands et des Scandinaves ?

Quid de l'impact de la consigne classique sur les changements de mentalités et sur un changement progressif de nos habitudes de consommation du jetable vers le réutilisable ?

Ce système expérimental est-il conforme aux exigences européennes ?

Toutes les raisons que nous venons d'énoncer suffiraient à dire qu'il est difficile d'accorder du crédit à ce nouveau gadget ... mais un élément supplémentaire est que Fost Plus et les producteurs et vendeurs de ces déchets se sont toujours opposés à la consigne. Suivre leurs conseils pour organiser la consigne équivaut à demander à des anti-vax d'organiser la campagne de vaccination.

Petit rappel des faits : En 2016, le secteur de l'emballage faisait signer un accord au Ministre de l'environnement (Carlo di Antonio, un des premiers défenseurs de la consigne en Wallonie ) lui demandant de s'engager à enterrer la consigne jusqu'en 2022, en échange de quoi le secteur s'engageait à réduire de 20% le nombre de déchets le long des routes, en finançant à hauteur de 5 millions d'euros des campagnes de sensibilisation et des ramassages.

Fost Plus a emporté le morceau, Di Antonio a cédé !

Fost Plus a bataillé ferme contre la consigne jusqu'au moment où la position s'est avérée intenable, après que Mme Demir ait déclaré publiquement que la consigne était inévitable.

Fost Plus et Cie prétendent maintenant qu'ils travaillent sur ce projet de scan digital depuis longtemps. Il est difficile de le croire, car lors des auditions "consigne" en 2021, Fost Plus, Comeos et Fevia s'opposaient encore bec et ongle à toute idée de consigne, rejetant même l'idée de l'efficacité du stimulant financier qu'ils semblent maintenant avoir intégrée.

Nous avons tous bien compris que Fost Plus veut à tout prix éviter de perdre le "gisement" d'aluminium et de plastique qui est collecté via les sacs bleus parce qu'il est source de revenus pour eux.

Ils ne voulaient pas entendre parler de la consigne et ne voulaient pas en débattre, refusant à plusieurs reprises de participer à des émissions si le sujet de la consigne était à l'ordre du jour et si des participants pro-consigne étaient présents.

Travaillaient-ils au développement d'une consigne digitale tout en clamant haut et fort leur opposition à toute forme de consigne ? C'est peu plausible. Au printemps 2022, Fost Plus refusait encore de répondre à toute question sur la consigne dans le cadre du magazine RTBF "Investigation" ! Ils ont fini par accepter de parler de Click.

Nous avons tous bien compris que Fost Plus veut à tout prix éviter de perdre le "gisement" d'aluminium et de plastique qui est collecté via les sacs bleus parce qu'il est source de revenus pour eux. En revanche, nous avons aussi compris que la lutte contre les déchets sauvages et la qualité du recyclage ne sont pas leurs priorités.

Comme nous l'avons observé, l'attitude initiale a été de railler les bénéfices de la consigne, de mettre en doute les bons résultats obtenus dans les pays pratiquant la consigne, d'inventer d'autres systèmes alternatifs et compliqués qui n'ont jamais tenu leurs promesses. Nous craignons que la proposition de consigne digitale ne soit une nouvelle tentative de bloquer ou du moins de retarder l'arrivée de la consigne.

Fost Plus a pris trop de pouvoir dans le domaine de la gestion des déchets. Il est urgent que le monde politique reprenne la main et opte pour la solution qui s'impose : instaurer la consigne classique.

La grande majorité des citoyens le souhaitent, les "pigeons ramasseurs" qui sont sur le terrain le réclament, la nature le demande ... depuis longtemps !

Signataires : Régine Florent (Initiatrice de la pétition consigne présentée au parlement wallon), Collectif bruxellois pour la consigne (Initiateurs de la pétition consigne présentée au parlement bruxellois), Pieter Elsen (Canal it Up, Initiateur de la pétition consigne présentée au parlement flamand et bruxellois), Philippe Duvivier (Président de la Fugea), Christella di Fiore, Jean-Luc Magnée, Michel Rosart, Emmanuel Gervy, Jean Pirnay, Fernand Van den Abeel, Marc Sodoyez, Altay Manco (Pigeons ramasseurs), David De Pue (Spécialiste de l'environnement), Jef Helderweert (Let's do it Belgium), Mael Gerday (Fondateur de Clean Walker Belgique)

Veille de Noël 2022 ... Une excellente nouvelle est annoncée par le gouvernement flamand. Il se décide enfin à donner une valeur aux emballages pour lutter contre les déchets sauvages. Toute la communauté des "pigeons ramasseurs" (les bénévoles qui récoltent chaque année des déchets toujours plus nombreux) se réjouit que le projet d'instaurer une consigne sur les canettes et bouteilles en plastique ait enfin des chances de se concrétiser.Mais le diable est dans les détails. Plutôt que d'opter pour un système de consigne classique (remboursement au point de collecte), le gouvernement flamand semble vouloir ré-inventer l'eau chaude en testant un système de consigne digitale. Pourtant le système de consigne classique fonctionne efficacement depuis de nombreuses années dans un grand nombre de pays et continue à s'étendre en Europe.Le principe de consigne digitale émane de Fost Plus, Comeos et Fevia. Il consiste à "scanner", avec un smartphone, le code barre de l'emballage une fois que celui-ci a été consommé. C'est ce scan qui permet d'obtenir le remboursement de la consigne. Le système de scan est toutefois loin d'être au point ... et si l'on en croit les expériences passées de Fost Plus et de ses parties prenantes dans le domaine, on peut raisonnablement craindre le pire. Annoncées à grands coups d'auto promotion l' "expérience pilote prime retour" (bons d'achat de 5 euros contre 100 canettes ramassées dans la nature) et le système "Click" (obtention d'avantages en échange de scans d'emballages ramassés en rue) n'ont pas tenu leurs promesses. Anvers a d'ailleurs récemment abandonné "Click" parce que le système était trop coûteux et n'avait aucun impact sur les déchets sauvages. .Et pourtant, ces mêmes organismes (Fost Plus et Cie) ont présenté cette nouvelle idée de scan digital comme "avant-gardiste", se basant sur une étude commandée à un cabinet privé (PwC) qui est restée étrangement confidentielle jusqu'à ce que la pression ne devienne trop forte et que Fost Plus la publie. Les avantages d'une version digitale de la consigne sont difficiles à cerner mais les problèmes et questions qu'elle suscite sont innombrables : Comment s'assurer que la canette atterrit dans le bon point de récolte (et non le long d'une route) une fois qu'elle est scannée ? Un représentant de Fost Plus a admis récemment que c'était possible. Quel est l'impact réel de la consigne digitale sur les déchets sauvages, vu le problème relevé ci-avant ?Les données générées par ces scans seront-elles commercialisées ? N'y a-t-il pas un réel danger pour la protection de la vie privée ?Quelles sont les conséquences pour les nombreuses personnes qui, victimes de la fracture numérique, ne disposent pas d'un smartphone connecté à internet ?Quel sera le coût de ce nouveau système ? Il serait équivalent au coût du système classique selon un représentant de Fost Plus. Alors pourquoi préférer la copie à l'original ?Quel sera le coût des études, des expériences pilotes, des poubelles "intelligentes" ?Qu'adviendra-t-il des emballages jetés dans les poubelles publiques "tout venant" ? Ces emballages seront peut-être scannés mais seront-ils recyclés ?Quel impact aura le système de scan sur la pureté des flux de plastique et aluminium récupérés ? Contrairement à la consigne classique, le système de scan continue à mélanger des déchets de toutes sortes, rendant ainsi difficile le vrai recyclage "bottle to bottle"Quid de l'impact écologique de ce système "visionnaire" ? Chaque scan donnera lieu à un message à la banque et à une transaction bancaire. Ce système sera nettement plus énergivore que la consigne classique, alourdissant ainsi notre empreinte énergétique. Est-il raisonnable en 2023 d'ajouter du digital quand ce n'est pas nécessaire ? Pourquoi faire fi de l'expérience positive des Allemands et des Scandinaves ? Quid de l'impact de la consigne classique sur les changements de mentalités et sur un changement progressif de nos habitudes de consommation du jetable vers le réutilisable ?Ce système expérimental est-il conforme aux exigences européennes ? Toutes les raisons que nous venons d'énoncer suffiraient à dire qu'il est difficile d'accorder du crédit à ce nouveau gadget ... mais un élément supplémentaire est que Fost Plus et les producteurs et vendeurs de ces déchets se sont toujours opposés à la consigne. Suivre leurs conseils pour organiser la consigne équivaut à demander à des anti-vax d'organiser la campagne de vaccination.Petit rappel des faits : En 2016, le secteur de l'emballage faisait signer un accord au Ministre de l'environnement (Carlo di Antonio, un des premiers défenseurs de la consigne en Wallonie ) lui demandant de s'engager à enterrer la consigne jusqu'en 2022, en échange de quoi le secteur s'engageait à réduire de 20% le nombre de déchets le long des routes, en finançant à hauteur de 5 millions d'euros des campagnes de sensibilisation et des ramassages.Fost Plus a emporté le morceau, Di Antonio a cédé !Fost Plus a bataillé ferme contre la consigne jusqu'au moment où la position s'est avérée intenable, après que Mme Demir ait déclaré publiquement que la consigne était inévitable.Fost Plus et Cie prétendent maintenant qu'ils travaillent sur ce projet de scan digital depuis longtemps. Il est difficile de le croire, car lors des auditions "consigne" en 2021, Fost Plus, Comeos et Fevia s'opposaient encore bec et ongle à toute idée de consigne, rejetant même l'idée de l'efficacité du stimulant financier qu'ils semblent maintenant avoir intégrée.Ils ne voulaient pas entendre parler de la consigne et ne voulaient pas en débattre, refusant à plusieurs reprises de participer à des émissions si le sujet de la consigne était à l'ordre du jour et si des participants pro-consigne étaient présents.Travaillaient-ils au développement d'une consigne digitale tout en clamant haut et fort leur opposition à toute forme de consigne ? C'est peu plausible. Au printemps 2022, Fost Plus refusait encore de répondre à toute question sur la consigne dans le cadre du magazine RTBF "Investigation" ! Ils ont fini par accepter de parler de Click.Nous avons tous bien compris que Fost Plus veut à tout prix éviter de perdre le "gisement" d'aluminium et de plastique qui est collecté via les sacs bleus parce qu'il est source de revenus pour eux. En revanche, nous avons aussi compris que la lutte contre les déchets sauvages et la qualité du recyclage ne sont pas leurs priorités.Comme nous l'avons observé, l'attitude initiale a été de railler les bénéfices de la consigne, de mettre en doute les bons résultats obtenus dans les pays pratiquant la consigne, d'inventer d'autres systèmes alternatifs et compliqués qui n'ont jamais tenu leurs promesses. Nous craignons que la proposition de consigne digitale ne soit une nouvelle tentative de bloquer ou du moins de retarder l'arrivée de la consigne.Fost Plus a pris trop de pouvoir dans le domaine de la gestion des déchets. Il est urgent que le monde politique reprenne la main et opte pour la solution qui s'impose : instaurer la consigne classique.La grande majorité des citoyens le souhaitent, les "pigeons ramasseurs" qui sont sur le terrain le réclament, la nature le demande ... depuis longtemps !Signataires : Régine Florent (Initiatrice de la pétition consigne présentée au parlement wallon), Collectif bruxellois pour la consigne (Initiateurs de la pétition consigne présentée au parlement bruxellois), Pieter Elsen (Canal it Up, Initiateur de la pétition consigne présentée au parlement flamand et bruxellois), Philippe Duvivier (Président de la Fugea), Christella di Fiore, Jean-Luc Magnée, Michel Rosart, Emmanuel Gervy, Jean Pirnay, Fernand Van den Abeel, Marc Sodoyez, Altay Manco (Pigeons ramasseurs), David De Pue (Spécialiste de l'environnement), Jef Helderweert (Let's do it Belgium), Mael Gerday (Fondateur de Clean Walker Belgique)