Le dossier est sur la table des gouvernements depuis des années, sans que le projet ne voit le jour. Pressées par les contingences écologiques, les politiques se positionnent ces derniers temps pour l'instauration plus ou moins urgente d'une consigne sur les bouteilles et les canettes, tant au nord qu'au sud du pays.

Cette évolution résulte de plusieurs derniers rebondissements dans le dossier. Cette semaine, le sujet était à nouveau sur la table de la commission environnement de l'assemblée wallonne. Il y était présenté le rapport de la visite aux Pays-Bas effectuée par plusieurs députés sur la problématique de la consigne. Les éléments recueillis lors de ce voyage auraient permis de convaincre les derniers réticents au système.

Les Pays-Bas ont introduit l'année passée un système de consigne pour les bouteilles en plastique et l'étendront aux canettes à la fin de cette année.

"Une victoire"

François Desquesnes, dont le parti défend la consigne depuis plusieurs années est confiant et se réjouit de ces avancées. Après de multiples tergiversations, "la question n'est plus de savoir si on va mettre en place cette consigne, mais selon quelles modalités on va le faire", s'est félicité le chef de groupe des Engagés au parlement wallon. "Il y a pour la première fois un alignement des partis politiques et des trois Régions pour la consigne. C'est une première étape et c'est une victoire", a-t-il affirmé. Il veut désormais s'assurer que la mise en oeuvre de la mesure sera "rapide et efficace".

"La question de la consigne évolue pas à pas, méthodiquement et avec cohérence" en concertation avec toutes les Régions, a pour sa part affirmé la ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier. En avril dernier, celle-ci avait annoncé le lancement d'une "analyse de faisabilité" pour objectiver l'impact de la mise en oeuvre éventuelle de ce système. "Ce marché public touche à sa fin. Il permettra d'avoir de premiers éléments d'analyse d'ici la fin de l'année", a rappelé la ministre en se réjouissant, par ailleurs, de la récente prise de position de son homologue flamande Zuhal Demir.

Clean Walker Belgique/Facebook
© Clean Walker Belgique/Facebook

"L'une des solutions concrètes à la malpropreté publique"

Car, c'est la une des plus grandes avancées dans le dossier. Au nord du pays, les différents partis politiques - y compris la NV-A à la base très réticente au projet - sont de plus en plus convaincus que la consigne est la meilleure solution à la problématique des déchets sauvages.

Un accord a été conclu avec le secteur de l'emballage pour que, d'ici 2023, la quantité de déchets sauvages soit réduite d'un cinquième par rapport à 2015. La fédération de l'industrie alimentaire Fevia espérait que l'introduction du nouveau sac poubelle bleu pour tous les emballages plastiques contribuerait à résoudre le problème, mais cela ne semble pas être le cas. Selon Demir, il est déjà clair que ces objectifs ne seront pas atteints.

Un projet pilote de consigne expérimenté cet été à Bredene a renforcé la conviction des décideurs politiques flamands. Cette mesure obligeait les clients de trois bars de plage de la station balnéaire à payer 20 cents de plus pour leur boisson servie dans une canette ou une bouteille en plastique. Au total, 6 500 canettes et bouteilles en plastique ont été vendues pendant le projet pilote. Parmi ceux-ci, 80 % ont été retournées pour pouvoir récupérer la consigne.

De Brabandere
© De Brabandere

Dans ce contexte, pour Zuhal Demir, la consigne est donc "inévitable". La ministre flamande de l'environnement plaide pour que les autorités du nord du pays s'entendent rapidement sur une forme donnée à ce système de consignation. Le gouvernement flamand se penchera sur la question cette année, lorsque la commission de l'environnement recevra de nouveaux chiffres sur les déchets sauvages en Flandre en octobre, a déclaré son chef de cabinet Andy Pieters au Morgen. Le cabinet de Demir estime qu'il faudra environ deux ans et demi pour mettre en oeuvre toute décision.

Le ministre bruxellois de l'Environnement, Alain Maron est, de son côté, sur la même longueur d'onde que ses homologues flamand et wallon. Il voit lui aussi l'outil de la consigne comme l'une des solutions concrètes à la malpropreté publique.

Une consigne digitale ?

Le système qui sera utilisé n'est toutefois pas encore défini. L'Ovam (Openbare Vlaamse Afvalstoffenmaatschappij), l'organisme public flamand qui gère les déchets, propose une consigne de 25 centimes par contenant, à déposer dans les magasins ayant une surface de vente d'au moins 400 m², selon De Tijd.

La société de traitement des déchets Fost Plus propose d'apposer des codes QR sur les poubelles et les emballages, de sorte que les consommateurs peuvent simplement jeter l'emballage dans le sac poubelle après l'avoir scanné. L'argent est alors reversé automatiquement sur le compte bancaire. C'est le concept de la "consigne digitale".

Pour certains observateurs, ce système - uniquement soutenu par l'OpenVLD et le secteur industriel - ne serait pas idéal. Régine Florent, l'auteure de lapétition pour l'instauration de la consigne en Wallonie se montre dubitative : "Ce système n'a fait ses preuves nulle part et ressemble très fort au projet "Click" de Fost Plus qui est pour moi complètement foireux", explique-t-elle à Trends Tendances.

Des actions citoyennes sont prévues dans les prochaines semaines. L'association Canal It Up a ainsi recueilli 15 500 signatures pour l'introduction d'une consigne. Elle défendra sa pétition le 18 octobre devant le parlement flamand.

Le dossier est sur la table des gouvernements depuis des années, sans que le projet ne voit le jour. Pressées par les contingences écologiques, les politiques se positionnent ces derniers temps pour l'instauration plus ou moins urgente d'une consigne sur les bouteilles et les canettes, tant au nord qu'au sud du pays.Cette évolution résulte de plusieurs derniers rebondissements dans le dossier. Cette semaine, le sujet était à nouveau sur la table de la commission environnement de l'assemblée wallonne. Il y était présenté le rapport de la visite aux Pays-Bas effectuée par plusieurs députés sur la problématique de la consigne. Les éléments recueillis lors de ce voyage auraient permis de convaincre les derniers réticents au système. Les Pays-Bas ont introduit l'année passée un système de consigne pour les bouteilles en plastique et l'étendront aux canettes à la fin de cette année. François Desquesnes, dont le parti défend la consigne depuis plusieurs années est confiant et se réjouit de ces avancées. Après de multiples tergiversations, "la question n'est plus de savoir si on va mettre en place cette consigne, mais selon quelles modalités on va le faire", s'est félicité le chef de groupe des Engagés au parlement wallon. "Il y a pour la première fois un alignement des partis politiques et des trois Régions pour la consigne. C'est une première étape et c'est une victoire", a-t-il affirmé. Il veut désormais s'assurer que la mise en oeuvre de la mesure sera "rapide et efficace". "La question de la consigne évolue pas à pas, méthodiquement et avec cohérence" en concertation avec toutes les Régions, a pour sa part affirmé la ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier. En avril dernier, celle-ci avait annoncé le lancement d'une "analyse de faisabilité" pour objectiver l'impact de la mise en oeuvre éventuelle de ce système. "Ce marché public touche à sa fin. Il permettra d'avoir de premiers éléments d'analyse d'ici la fin de l'année", a rappelé la ministre en se réjouissant, par ailleurs, de la récente prise de position de son homologue flamande Zuhal Demir.Car, c'est la une des plus grandes avancées dans le dossier. Au nord du pays, les différents partis politiques - y compris la NV-A à la base très réticente au projet - sont de plus en plus convaincus que la consigne est la meilleure solution à la problématique des déchets sauvages. Un accord a été conclu avec le secteur de l'emballage pour que, d'ici 2023, la quantité de déchets sauvages soit réduite d'un cinquième par rapport à 2015. La fédération de l'industrie alimentaire Fevia espérait que l'introduction du nouveau sac poubelle bleu pour tous les emballages plastiques contribuerait à résoudre le problème, mais cela ne semble pas être le cas. Selon Demir, il est déjà clair que ces objectifs ne seront pas atteints. Un projet pilote de consigne expérimenté cet été à Bredene a renforcé la conviction des décideurs politiques flamands. Cette mesure obligeait les clients de trois bars de plage de la station balnéaire à payer 20 cents de plus pour leur boisson servie dans une canette ou une bouteille en plastique. Au total, 6 500 canettes et bouteilles en plastique ont été vendues pendant le projet pilote. Parmi ceux-ci, 80 % ont été retournées pour pouvoir récupérer la consigne. Dans ce contexte, pour Zuhal Demir, la consigne est donc "inévitable". La ministre flamande de l'environnement plaide pour que les autorités du nord du pays s'entendent rapidement sur une forme donnée à ce système de consignation. Le gouvernement flamand se penchera sur la question cette année, lorsque la commission de l'environnement recevra de nouveaux chiffres sur les déchets sauvages en Flandre en octobre, a déclaré son chef de cabinet Andy Pieters au Morgen. Le cabinet de Demir estime qu'il faudra environ deux ans et demi pour mettre en oeuvre toute décision. Le ministre bruxellois de l'Environnement, Alain Maron est, de son côté, sur la même longueur d'onde que ses homologues flamand et wallon. Il voit lui aussi l'outil de la consigne comme l'une des solutions concrètes à la malpropreté publique. Le système qui sera utilisé n'est toutefois pas encore défini. L'Ovam (Openbare Vlaamse Afvalstoffenmaatschappij), l'organisme public flamand qui gère les déchets, propose une consigne de 25 centimes par contenant, à déposer dans les magasins ayant une surface de vente d'au moins 400 m², selon De Tijd. La société de traitement des déchets Fost Plus propose d'apposer des codes QR sur les poubelles et les emballages, de sorte que les consommateurs peuvent simplement jeter l'emballage dans le sac poubelle après l'avoir scanné. L'argent est alors reversé automatiquement sur le compte bancaire. C'est le concept de la "consigne digitale".Pour certains observateurs, ce système - uniquement soutenu par l'OpenVLD et le secteur industriel - ne serait pas idéal. Régine Florent, l'auteure de lapétition pour l'instauration de la consigne en Wallonie se montre dubitative : "Ce système n'a fait ses preuves nulle part et ressemble très fort au projet "Click" de Fost Plus qui est pour moi complètement foireux", explique-t-elle à Trends Tendances.Des actions citoyennes sont prévues dans les prochaines semaines. L'association Canal It Up a ainsi recueilli 15 500 signatures pour l'introduction d'une consigne. Elle défendra sa pétition le 18 octobre devant le parlement flamand.