Le premier trimestre : business as usual
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Le premier trimestre : business as usualLe premier trimestre, c'était le monde d'avant, avec les chiffres d'avant. 2.975 jugements ont été prononcés, contre 2.995 en 2019. On notera tout au plus une baisse de 10,8% des chiffres à Bruxelles, compensée par une hausse de la même ampleur en Wallonie et une parfaite stabilité en Région flamande.Avril et mai : le moratoireAlors que les tribunaux ne se réunissaient déjà presque plus physiquement, ce qui influençait les statistiques à la baisse, le gouvernement a mis en place en avril un moratoire qui bloque les procédures sur assignation. Cette mesure sera finalement prolongée jusqu'au 17 juin.L'effet sur les chiffres est immédiat : les jugements tombent à 341 en avril, contre 1.024 en 2019 et 319 en mai, contre 1.105 l'année passée. Les faillites sur assignation ne représentent plus que 11,44% des cas en avril (39) et 21,94% en mai (70). Le ministère public garde en effet toujours son pouvoir en ce qui concerne les cas de fraudes.Juin, la fin du moratoireBien qu'en cours jusqu'au 17 juin, les jugements ont repris un rythme plus soutenu durant la première quinzaine. On en compte en effet 346, dont 139 sur assignation (40,17%). Le ministère public reste donc actif, même si les chiffres absolus restent faibles. Depuis la levée du moratoire, 400 faillites ont été prononcées. Cela nous fait un total de 730 pour le mois, bien loin des chiffres de l'année passée (1.216), mais en nette augmentation quand même. La proportion des faillites sur aveu remonte fortement.Vu que les nombres ne sont pas comparables, nous regarderons les évolutions en terme de pourcentage. Bruxelles semble se réveiller plus lentement. Sa part dans les dossiers n'est que de 17%, contre 28% l'année passée. La proportion de la Région flamande passe par contre à 50% (42% en juin 2019). La proportion reste stable en Wallonie, autour des 25%.Au niveau sectoriel, le bâtiment au sens large reste un secteur fragile. Mais la crise n'a pas (encore) aggravé sa situation relative. Il passe en effet de 18,7% des faillites en juin 2019 à 16% cette année. Au contraire, le transport routier de fret, passe de 1,75% à 2,93%. En fait, le nombre de faillites est ici équivalent à celui de l'année passée. Contrairement à ce qu'on pouvait craindre, ce ne sont pas les cafés qui démarrent le plus mal. Leur proportion passe de 6,8% à 5,2%. Le plus lourd tribu relatif semble devoir être payé par la restauration, dont la proportion mensuelle passe de 10,2% à 14%. Trends Business Information avait relevé le peu de marge de résilience dont dispose le secteur face à la crise. Cela se confirme dès la fin du moratoire.Pascal Flisch