Co.Station vient de lancer un nouveau programme d'innovation baptisé co.food. Ce projet réunit une vingtaine de partenaires qui sont amenés à phosphorer autour de la thématique de l'alimentation. Le distributeur Delhaize, le géant de l'électroménager Electrolux et l'industriel du fruit Zentis sont les parrains de ce nouveau lieu de rencontre hébergé par Co.Station. Autour de la table, on retrouve des acteurs industriels établis comme Nestlé, Alpro ou Kraft Heinz. Ils sont rejoints par des start-up comme Youmeal (informations nutritionnelles) ou Le Local (restaurant zéro déchets).
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Co.Station vient de lancer un nouveau programme d'innovation baptisé co.food. Ce projet réunit une vingtaine de partenaires qui sont amenés à phosphorer autour de la thématique de l'alimentation. Le distributeur Delhaize, le géant de l'électroménager Electrolux et l'industriel du fruit Zentis sont les parrains de ce nouveau lieu de rencontre hébergé par Co.Station. Autour de la table, on retrouve des acteurs industriels établis comme Nestlé, Alpro ou Kraft Heinz. Ils sont rejoints par des start-up comme Youmeal (informations nutritionnelles) ou Le Local (restaurant zéro déchets). Un programme sur mesure a été confectionné pour permettre aux start-up et entreprises participantes de faire émerger de nouveaux concepts et services innovants. L'équipe de Co.Station organise des workshops, des séances d'idéation, et met en place un processus de sélection des projets les plus prometteurs, qui seront poussés jusqu'à la phase de prototypage. L'idée est d'aboutir à de nouvelles solutions, destinées à être concrétisées par les entreprises paticipantes ou via la création d'une start-up dédiée. Le programme se focalise sur le futur de l'industrie alimentaire. Sont au menu, les circuits courts, la gestion des déchets, les alternatives végétales, les défis logistiques, etc. Ce n'est pas un coup d'essai pour Co.Station. Le spécialiste du coworking, qui dispose d'espaces de bureaux partagés à Bruxelles, Charleroi et Gand, s'est lancé ces dernières années dans la création d'une série d'écosystèmes spécialisés. En 2019, l'organisation mettait sur pied un programme lié à l'énergie (io.energy). En 2020, elle misait sur la mobilité (co.mobility). La construction, l'économie circulaire, la responsabilité sociétale et l'alimentation complètent la liste. Au total, ces écosystèmes rassemblent plus de 300 entreprises et près de 1.000 personnes. Tous ne sont pas locataires d'espaces de bureaux chez Co.Station mais ils prennent part aux program- mes d'innovation et participent à l'animation et la vie des coworkings, en présentiel ou à distance. Ces programmes sont financés par les grandes entreprises qui les parrainent (125.000 euros, par exemple, pour le programme co.mobility). Dans certains cas, les participants sont également invités à payer un droit d'inscription au programme, qui peut être réduit pour les start-up. "Je crois très fortement à la force des écosystèmes et à la mission collaborative des entreprises", explique Béatrice de Mahieu, CEO de Co.Station. Dès son arrivée à la tête de l'organisation, la CEO a cherché à créer des liens, des connexions entre grandes et petites entreprises, ainsi qu'avec des services publics comme la SNCB, la Stib ou encore des invests ou des universités. "Nous voulons inciter les participants à voir la valeur que ces collaborations amènent, que ce soit au niveau économique ou sociétal", pointe Béatrice de Mahieu. Co.Station, dont les actionnaires sont des entreprises au fort ancrage belge (BNP Paribas Fortis, Proximus, Solvus, SD Worx et Befimmo), espère amener les participants à poursuivre un objectif commun. C'est loin d'être évident pour des sociétés parfois concurrentes et généralement peu habituées à travailler ensemble. "Je suis convaincue qu'une entreprise ne peut pas survivre seule, elle a forcément besoin de renfort. L'idée est de les amener à travailler dans un cadre partagé. Nous les incitons à partager leurs ressources, leurs connaissances et même leurs données", indique Béatrice de Mahieu. Ce processus peu intuitif au premier abord commence tout doucement à convaincre les participants. C'est ce que confirme David Zenner, qui participe activement au programme io.energy, dont la deuxième saison vient de commencer. Il est aussi responsable des relations clients chez le gestionnaire de réseau d'électricité Elia. "Le secteur de l'énergie est assez traditionnel. C'est un marché complexe, très régulé, avec beaucoup d'acteurs. Dans ce cadre, nous sommes très fiers d'avoir réussi à mettre pas mal de monde ensemble pour réfléchir à des solutions d'avenir", commente David Zenner. Elia, Ores, Sibelga, Engie, Luminus entre autres, ont été rejoints par d'autres grandes entreprises (Proximus, Besix, KBC, etc.) ainsi que par des PME et des start-up actives dans le secteur pour élaborer de nouvelles solutions. En ont résulté une application de comparaison des consommations d'énergie et un outil de monitoring de la consommation énergétique des bâtiments. Les projets, pas assez aboutis, n'ont cependant pas dépassé le stade du prototype. "Durant le premier programme, le focus n'a pas suffisamment été mis sur le business model des solutions envisagées. Mais c'était une première étape qui nous a permis de découvrir les participants. On en retire pas mal d'enseignements, qu'on appliquera pour la deuxième saison", souligne David Zenner. Pour soutenir le développement de projets et la création de start-up, Co.Station a conclu un partenariat avec Sambrinvest. L'invest carolo est déjà intéressé par certaines solutions qui ont émergé dans le cadre de l'écosystème co.mobility. "Deux projets sont actuellement étudiés par Sambrinvest et pourraient devenir des spin-off de notre programme", évoque Béatrice de Mahieu, CEO de Co.Station. Pour Co.Station, la mise en place d'écosystèmes thématiques répond aussi à un besoin d'animer la communauté d'occupants de ses espaces de coworking. La volonté de Béatrice de Mahieu est de proposer un concept qui va au-delà de l'espace de bureau partagé. "Co.Station, ce n'est pas seulement un espace de travail. C'est aussi un lieu où on vient chercher des contacts, des collaborations", pointe la CEO. La situation sanitaire ne facilite évidemment pas les échanges. "Nous mettons tout en place pour que les règles sanitaires soient respectées mais forcément, pour l'instant, beaucoup de choses se passent à distance et le taux d'occupation a chuté. Nous sommes passés de 95% d'occupation à 60% environ", estime Béatrice de Mahieu. Les contrats étant assez flexibles, les locataires peuvent donner leur préavis dans le mois ou dans les deux mois. Mais la CEO sent que la reprise se profile. "Nous avons entre cinq à dix demandes par semaine pour un retour après Pâques", avance Béatrice de Mahieu. Le télétravail généralisé fait mécaniquement diminuer la fréquentation des bureaux, en ce compris les espaces de coworking. Mais la situation actuelle a également montré aux employeurs que leurs travailleurs peuvent être productifs à distance. "Les coworkings, ce sont aussi des espaces de travail à distance. Ils sont beaucoup plus flexibles que les bâtiments des grandes entreprises. Après la crise, notre activité montrera sa pertinence pour les sociétés qui souhaitent offrir des solutions de travail décentralisées à leurs collaborateurs."