Avec une nette majorité de ses membres concentrée au Sud du pays, la coopérative NewB est avant tout la plus wallonne des banques. C'est un outil de souveraineté économique arrivé à maturité, qui permettrait à terme de mobiliser en toute transparence la colossale épargne des Belges en faveur des PME de notre région, de nos pôles de compétitivité, de nos chercheurs et de la résilience des infrastructures de nos territoires, plutôt que dans les spéculations nuisibles des banques conventionnelles, ou des projets personnels de mandataires peu scrupuleux.

Rappelons à ce sujet la concomitance entre une énième vague de révélations Publifin/Nethys/Ogeo à l'automne 2019, et la spectaculaire levée de fonds de la coopérative, qui déjoua les pronostics narquois de nombreux spécialistes. NewB, c'est avant tout la réaction ulcérée de l'opinion publique vis-à-vis des abus et de l'opacité dans la gestion de l'épargne collective. Il est à ce titre regrettable qu'une ancienne échevine bruxelloise à la participation citoyenne et une autre élue dont le cumul de mandats a déjà suscité de vives interrogations invitent aujourd'hui à abandonner une initiative entrepreneuriale inédite et largement soutenue, qui propose enfin aux travailleurs et aux classes moyennes un droit de regard effectif et légitime sur l'utilisation qui est faite de leurs économies.

Par ailleurs, grâce au mode participatif de définition de son univers d'investissements, ainsi que sa politique d'actionnariat actif, NewB pourrait très bien servir de levier parapublic sur certains enjeux géopolitiques transpartisans : En coalisant 0,5 % des détenteurs d'actions d'Engie, il est par exemple possible de soumettre au vote une résolution lors des assemblées générales de la multinationale de l'énergie. Qu'il s'agisse de négocier une prolongation de nos réacteurs nucléaires ou d'en réinvestir équitablement les profits, ne serait-il pas intéressant de récupérer un embryon de souveraineté sur l'avenir de telles infrastructures stratégiques ?

La coopérative pourrait aussi élaborer un service de crowd-funding ou crowd-lending couplé aux tax shelters pour accélérer le développement et le déploiement à l'international de nos spin-offs universitaires orientées vers la décarbonation et l'utilisation efficiente des ressources. L'ULB et l'UCLouvain figurent d'ailleurs déjà parmi les investisseurs institutionnels, et l'ULiège, l'UMons et les hautes écoles seraient très inspirées de les rejoindre.

En parallèle, la jeune banque belge pourrait protéger nos agriculteurs et assurer leur relève, en finançant sur le modèle développé par Terre-en-Vue l'accès à la terre pour les jeunes en reprise d'exploitation qui ne parviennent pas à concurrencer les spéculateurs et contrer l'accaparement des superficies arables par la grande distribution.

Bref, si NewB a d'abord logiquement mis la priorité sur le développement d'une offre bancaire de base pour le segment B2C, son potentiel pour résoudre structurellement des problèmes transversaux de l'économie wallonne dans les années à venir est inégalé. Le Ministre Dolimont s'inquiète (à très juste titre) de l'avenir budgétaire de notre région : on ne peut dès lors que l'inviter à réévaluer d'un peu plus près, sans a priori, cette opportunité de nous doter d'un instrument d'autonomie financière, dont les bénéfices seront réinvestis localement, et non distribués selon le bon vouloir d'administrateurs français ou néerlandais.

L'Elysette aurait-elle oublié que des milliers d'emplois belges ont été sacrifiés ses dernières années de Ostende à Arlon suite aux restructurations massives chez ING, qui rapatrie pourtant régulièrement des centaines de millions d'euros auprès de la maison-mère à Amsterdam ? Même lorsque BNP Paribas renonce à faire remonter 1,9 milliards d'euros vers Paris suite à des remontrances de la Banque Centrale Européenne, n'est-ce pas l'aveu d'une terrible impuissance collective ? Quelles sommes faramineuses les personnes physiques et morales de Belgique, épargnants et emprunteurs, ne reverseront-elles pas encore chaque année à des actionnaires étrangers, en l'absence d'une alternative ambitieuse soutenue par un large spectre d'acteurs associatifs et économiques ?

En effet, si la récente campagne-éclair a surtout mis en avant le soutien des citoyens lambda et de la société civile, de nombreux indépendants et chefs de PME membres de la coopérative attendent avec impatience le lancement prochain de l'offre de services pour les professionnels pour faire face aux nécessaires investissements d'efficacité énergétique. Une fois la levée de fonds terminée, ce large vivier de clients lucratifs et solvables sera à portée de main pour la banque éthique.

En un peu moins de 3 ans, NewB a réuni les ressources humaines répondant aux critères de qualification du secteur bancaire, s'est conformée avec succès aux normes exigeantes de cybersécurité et a fait preuve d'une transparence inégalée grâce à un contrôle citoyen matérialisé par un comité sociétal élu. Elle démontre de surcroît une traction de 20 000 clients (malgré le covid et les clauses de prêts hypothécaires qui empêchent de nombreux coopérateurs de migrer du jour au lendemain vers NewB), un MVP (NB : Minimum Viable Product) opérationnel et complété par une offre de plus en plus diversifiée. Bref, la start-up bancaire n'est certes pas exempte de reproches, mais ne doit pas non plus rougir de son bilan.

Si c'est la composition actuelle du C.A. ou du collège d'investisseurs institutionnels qui suscite la méfiance des Réformateurs, qu'ils sollicitent donc Wagralim, BioWin, et GreenWin ou encore Logistics in Wallonia aux côtés de la Région dans le capital de la banque. Chaque coopérateur réunissant un quorum de 5000 signataires peut en outre soumettre des propositions à nos assemblées générales. NewB n'est pas figée, et c'est la diversité et le pluralisme de ses membres qui permettra d'en faire une banque durable au service de notre prospérité commune.

Il est évidemment légitime pour le gouvernement de poser des conditions réalistes et constructives à l'injection de capital public, mais de grâce, n'enterrons pas sans un examen exhaustif et sérieux cette licence bancaire belge conquise de haute lutte. Si le trésor public trouve plus de 20 millions d'euros pour faire tourner 20 types en rond (certes très vite et très habilement) à Francorchamps, il est difficilement concevable qu'une fraction de ce montant ne soit pas mobilisable pour pérenniser une agora financière et citoyenne déjà largement préfinancée par ses 116 000 coopérateurs. Il est encore temps de saisir cette opportunité unique de reprendre en main notre destin collectif, en mettant de côté les querelles de clochers ; la manquer serait une erreur politique majeure.

Une carte blanche de Nicolas Tsurukawa, citoyen, contribuable et entrepreneur wallon (coopérateur NewB depuis 2013)

Avec une nette majorité de ses membres concentrée au Sud du pays, la coopérative NewB est avant tout la plus wallonne des banques. C'est un outil de souveraineté économique arrivé à maturité, qui permettrait à terme de mobiliser en toute transparence la colossale épargne des Belges en faveur des PME de notre région, de nos pôles de compétitivité, de nos chercheurs et de la résilience des infrastructures de nos territoires, plutôt que dans les spéculations nuisibles des banques conventionnelles, ou des projets personnels de mandataires peu scrupuleux.Rappelons à ce sujet la concomitance entre une énième vague de révélations Publifin/Nethys/Ogeo à l'automne 2019, et la spectaculaire levée de fonds de la coopérative, qui déjoua les pronostics narquois de nombreux spécialistes. NewB, c'est avant tout la réaction ulcérée de l'opinion publique vis-à-vis des abus et de l'opacité dans la gestion de l'épargne collective. Il est à ce titre regrettable qu'une ancienne échevine bruxelloise à la participation citoyenne et une autre élue dont le cumul de mandats a déjà suscité de vives interrogations invitent aujourd'hui à abandonner une initiative entrepreneuriale inédite et largement soutenue, qui propose enfin aux travailleurs et aux classes moyennes un droit de regard effectif et légitime sur l'utilisation qui est faite de leurs économies.Par ailleurs, grâce au mode participatif de définition de son univers d'investissements, ainsi que sa politique d'actionnariat actif, NewB pourrait très bien servir de levier parapublic sur certains enjeux géopolitiques transpartisans : En coalisant 0,5 % des détenteurs d'actions d'Engie, il est par exemple possible de soumettre au vote une résolution lors des assemblées générales de la multinationale de l'énergie. Qu'il s'agisse de négocier une prolongation de nos réacteurs nucléaires ou d'en réinvestir équitablement les profits, ne serait-il pas intéressant de récupérer un embryon de souveraineté sur l'avenir de telles infrastructures stratégiques ?La coopérative pourrait aussi élaborer un service de crowd-funding ou crowd-lending couplé aux tax shelters pour accélérer le développement et le déploiement à l'international de nos spin-offs universitaires orientées vers la décarbonation et l'utilisation efficiente des ressources. L'ULB et l'UCLouvain figurent d'ailleurs déjà parmi les investisseurs institutionnels, et l'ULiège, l'UMons et les hautes écoles seraient très inspirées de les rejoindre.En parallèle, la jeune banque belge pourrait protéger nos agriculteurs et assurer leur relève, en finançant sur le modèle développé par Terre-en-Vue l'accès à la terre pour les jeunes en reprise d'exploitation qui ne parviennent pas à concurrencer les spéculateurs et contrer l'accaparement des superficies arables par la grande distribution. Bref, si NewB a d'abord logiquement mis la priorité sur le développement d'une offre bancaire de base pour le segment B2C, son potentiel pour résoudre structurellement des problèmes transversaux de l'économie wallonne dans les années à venir est inégalé. Le Ministre Dolimont s'inquiète (à très juste titre) de l'avenir budgétaire de notre région : on ne peut dès lors que l'inviter à réévaluer d'un peu plus près, sans a priori, cette opportunité de nous doter d'un instrument d'autonomie financière, dont les bénéfices seront réinvestis localement, et non distribués selon le bon vouloir d'administrateurs français ou néerlandais.L'Elysette aurait-elle oublié que des milliers d'emplois belges ont été sacrifiés ses dernières années de Ostende à Arlon suite aux restructurations massives chez ING, qui rapatrie pourtant régulièrement des centaines de millions d'euros auprès de la maison-mère à Amsterdam ? Même lorsque BNP Paribas renonce à faire remonter 1,9 milliards d'euros vers Paris suite à des remontrances de la Banque Centrale Européenne, n'est-ce pas l'aveu d'une terrible impuissance collective ? Quelles sommes faramineuses les personnes physiques et morales de Belgique, épargnants et emprunteurs, ne reverseront-elles pas encore chaque année à des actionnaires étrangers, en l'absence d'une alternative ambitieuse soutenue par un large spectre d'acteurs associatifs et économiques ?En effet, si la récente campagne-éclair a surtout mis en avant le soutien des citoyens lambda et de la société civile, de nombreux indépendants et chefs de PME membres de la coopérative attendent avec impatience le lancement prochain de l'offre de services pour les professionnels pour faire face aux nécessaires investissements d'efficacité énergétique. Une fois la levée de fonds terminée, ce large vivier de clients lucratifs et solvables sera à portée de main pour la banque éthique.En un peu moins de 3 ans, NewB a réuni les ressources humaines répondant aux critères de qualification du secteur bancaire, s'est conformée avec succès aux normes exigeantes de cybersécurité et a fait preuve d'une transparence inégalée grâce à un contrôle citoyen matérialisé par un comité sociétal élu. Elle démontre de surcroît une traction de 20 000 clients (malgré le covid et les clauses de prêts hypothécaires qui empêchent de nombreux coopérateurs de migrer du jour au lendemain vers NewB), un MVP (NB : Minimum Viable Product) opérationnel et complété par une offre de plus en plus diversifiée. Bref, la start-up bancaire n'est certes pas exempte de reproches, mais ne doit pas non plus rougir de son bilan.Si c'est la composition actuelle du C.A. ou du collège d'investisseurs institutionnels qui suscite la méfiance des Réformateurs, qu'ils sollicitent donc Wagralim, BioWin, et GreenWin ou encore Logistics in Wallonia aux côtés de la Région dans le capital de la banque. Chaque coopérateur réunissant un quorum de 5000 signataires peut en outre soumettre des propositions à nos assemblées générales. NewB n'est pas figée, et c'est la diversité et le pluralisme de ses membres qui permettra d'en faire une banque durable au service de notre prospérité commune. Il est évidemment légitime pour le gouvernement de poser des conditions réalistes et constructives à l'injection de capital public, mais de grâce, n'enterrons pas sans un examen exhaustif et sérieux cette licence bancaire belge conquise de haute lutte. Si le trésor public trouve plus de 20 millions d'euros pour faire tourner 20 types en rond (certes très vite et très habilement) à Francorchamps, il est difficilement concevable qu'une fraction de ce montant ne soit pas mobilisable pour pérenniser une agora financière et citoyenne déjà largement préfinancée par ses 116 000 coopérateurs. Il est encore temps de saisir cette opportunité unique de reprendre en main notre destin collectif, en mettant de côté les querelles de clochers ; la manquer serait une erreur politique majeure.Une carte blanche de Nicolas Tsurukawa, citoyen, contribuable et entrepreneur wallon (coopérateur NewB depuis 2013)