Deutsche Bank qui réalise son plus gros bénéfice depuis 10 ans, BNP Paribas qui frôle les 10 milliards, KBC (et CBC) qui voit ses profits bondir de 81%, ING Belgique qui dépasse largement son niveau d'avant-crise... Les banques européennes, et belges, sont à la fête en ce début d'année, comme en témoignent leurs très bons résultats pour 2021. Chez nous, KBC affiche ainsi un bénéfice de 2,6 milliards, soit un bon milliard de plus qu'en 2020, année qui avait bien évidemment été marquée par la mise à l'arrêt de l'économie.
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Deutsche Bank qui réalise son plus gros bénéfice depuis 10 ans, BNP Paribas qui frôle les 10 milliards, KBC (et CBC) qui voit ses profits bondir de 81%, ING Belgique qui dépasse largement son niveau d'avant-crise... Les banques européennes, et belges, sont à la fête en ce début d'année, comme en témoignent leurs très bons résultats pour 2021. Chez nous, KBC affiche ainsi un bénéfice de 2,6 milliards, soit un bon milliard de plus qu'en 2020, année qui avait bien évidemment été marquée par la mise à l'arrêt de l'économie. Deux ans après le début de la crise sanitaire, ces bonnes performances sont effectivement la conséquence d'un environnement qui est redevenu particulièrement favorable, comme l'explique Jérôme van der Bruggen, responsable de la stratégie d'investissement au sein du département private banking chez Degroof Petercam: "Le secteur profite de la forte reprise économique et du fait que les provisions liées au risque de faillites s'avèrent aujourd'hui trop importantes. A cela s'ajoute la possible remontée des taux des banques centrales pour contrer l'inflation qui offre également de nouvelles perspectives". Cette bonne santé n'est, du reste, pas uniquement financière. C'est aussi un retour en grâce en termes d'image. Alors que la débâcle de 2008 avait pointé les pires travers des banquiers, celle du coronavirus a mis en exergue leur utilité pour soutenir puis relancer l'économie. "Le ciel s'éclaircit en effet pour les banques, indique Jérôme van der Bruggen. Les investisseurs se réintéressent à ce secteur banni depuis la crise de 2008 et qui retrouve aujourd'hui ses fondamentaux, que ce soit au niveau des activités de crédit ou de celles de marché. En outre, face à la pandémie et à la transition énergétique, les banques sont vues comme la solution et pas le problème. Donc non seulement elles affichent de solides résultats mais, en plus, elles retrouvent une meilleure image." Clients, employés, actionnaires: tout le monde est content, en effet. Merci pour les délais de paiement accordés aux entreprises. Merci aussi le digital. Face à Facebook et autres géants du net, le banquier apparaît aujourd'hui comme un tiers de confiance qui n'abuse pas des données de ses clients. La crise sanitaire a d'ailleurs fait en sorte que la population adopte encore plus vite ses outils numériques, ce qui permet au passage de fermer des agences sans que cela ne se voie trop. Côté employés, la plupart peuvent désormais travailler plusieurs jours par semaine à la maison. Mieux encore, KBC a décidé d'octroyer une prime de 1.000 euros à tout son staff pour le remercier de ses efforts durant la crise. Le groupe va également gâter ses actionnaires avec un solide dividende de plus de 10 euros par action. Bonne nouvelle aussi pour l'Etat belge qui, principal actionnaire de BNP Paribas avec près de 8% des parts, devrait quant à lui recevoir environ 350 millions d'euros. Une pluie de dividendes qui arrosera également les épargnants, actionnaires sans le savoir de BNP Paribas et autres KBC au travers de leurs fonds de placement. Bref, la pandémie semble déjà bien loin pour le secteur bancaire.