Chaque échec scolaire coûte 52.500 euros à la collectivité

01/09/11 à 13:24 - Mise à jour à 13:24

Source: Trends-Tendances

Pour BCI (Brussels Enterprises Commerce & Industry), le vrai coût de l'échec scolaire en Communauté française se monte à 2,4 milliards par an.

Chaque échec scolaire coûte 52.500 euros à la collectivité

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Entre 2000 et 2009, le redoublement dans l'enseignement secondaire francophone est passé de 10,4% à 13,7%. En comparaison, seuls 5,8% des élèves du secondaire de la Communauté flamande ont échoué en 2009-2010. Les élèves du sud du pays seraient-ils moins doués ou le système est-il mal conçu? Pour BECI, cette sanction scolaire est non seulement inefficace sur le plan pédagogique, mais elle est aussi excessivement coûteuse sur le plan sociétal. En effet, chaque échec coûte ¤52.500 euros à la collectivité! Le montant global peut être estimé à ¤2,4 milliards.

Les chiffres de la Communauté française en matière d'enseignement alarment particulièrement BECI à la lecture des indicateurs de l'enseignement publiés par ETNIC (Entreprise publique des technologies de l'information et de la communication). Près d'un élève sur quatre en Communauté française présente déjà un retard scolaire à la fin du primaire. Dans le degré supérieur de l'enseignement secondaire, la proportion de "doubleurs" s'établit à 55% (en 5ème) et à 60% (en 6ème). "Mais c'est pire encore en Région bruxelloise", martèle Olivier Willocx, "où ces chiffres grimpent respectivement à 65% et à 70%. Autrement dit, deux élèves bruxellois sur trois auront perdu au moins une année avant la fin de leurs humanités, c'est inacceptable !"

Du côté de l'enseignement professionnel, le tableau n'est guère plus réjouissant. 48% des élèves échouent au passage entre la troisième et la quatrième année (57,2% en Région bruxelloise). Sur ces 48%, il apparaît que 26,5% doublent (36,3% à Bruxelles), 8,6% optent pour l'enseignement en alternance (6% à Bruxelles) et 0,5% choisissent une formation spécialisée (0,3% à Bruxelles). Quant aux autres (soit 12,4% en CF et 14,4% à Bruxelles), on ignore malheureusement ce qu'il advient d'eux, ajoute le représentant des entreprises de Bruxelles.

En outre, le redoublement a aussi un coût financier non négligeable. Un parcours sans embûche d'un élève de la maternelle au secondaire supérieur coûte en moyenne à la Communauté française ¤71.200. Chaque année perdue représente entre ¤2.900 en maternel, ¤6.750 en secondaire, ¤8.200 en supérieur et jusqu'à ¤13.600 dans l'enseignement spécial. Pour l'année scolaire 2008-2009, le coût annuel global du redoublement dans l'enseignement de la Communauté française a été évalué à ¤366,5 millions (soit plus de 6% de son budget total).

"En ramenant le taux de redoublement en Communauté française à un niveau équivalent à celui de l'enseignement flamand, l'économie annuelle se chiffrerait à près de ¤200 millions. Ceci constitue une base financière confortable pour financer de nécessaires réformes et une valorisation plus équilibrée du travail des enseignants", argumente Olivier Willocx. "Evidemment, il s'agit de procéder par étape dans la voie de la remédiation et des nouvelles formes d'enseignement" ajoute l'administrateur-délégué de BECI. "Des modèles existent en Europe, appliquons-les !"

Dernière raison, la plus lourde de sens à l'heure des discussions budgétaires au niveau belge, "le coût indirect du redoublement est colossal !", s'indigne le porte-parole des entreprises bruxelloises. "Une entrée plus tardive dans la vie active est un manque à gagner de ¤52.500 pour la collectivité par élève et par an" calcule Olivier Willocx. Soit le coût salarial moyen qui lui revient via les charges patronales et sociales, les impôts sur le revenu, les dépenses et les investissements individuels. "Avec 46.184 élèves qui ont doublé en 2008-2009, on compte ainsi une perte de ¤2,4 milliard par an !"

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