Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

23/06/15 à 14:35 - Mise à jour à 14:35

Le jugement qui pourrait tuer Uber

Les chauffeurs de taxi qui lisent cette chronique doivent être contents. En effet, leur pire ennemi, c'est-à-dire, la société Uber vient d'être condamnée par un tribunal californien.

Le jugement qui pourrait tuer Uber

© Reuters

Le jugement tombe à point nommé pour toutes les sociétés de taxi du monde entier qui considèrent que Uber profite d'une forme de travail clandestin. Et de fait, le jugement californien dit que les chauffeurs utilisés par Uber doivent être considérés comme ses salariés. Bien entendu, Uber a décidé de faire appel de ce jugement en disant qu'elle n'impose aucun horaire de travail à ses chauffeurs, ni même un nombre minimal de courses. C'est un point de vue que n'a pas partagé le tribunal californien puisque Uber désactive son application si les chauffeurs en question n'ont pas travaillé pendant 180 jours.

Évidemment, ce jugement ne concerne que la Californie, alors que la société Uber est présente dans plus de 60 pays. Mais ce jugement fait tache, car s'il est repris par d'autres tribunaux, c'est carrément le modèle économique de Uber qui serait en danger.

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Le jugement qui pourrait tuer Uber

Si Uber est valorisé plus de 50 milliards, c'est uniquement parce que cette société gagne pas mal d'argent en ayant très peu de coûts. En effet, Uber considère ses chauffeurs comme de simples sous-traitants et elle n'a officiellement que 1.000 employés qui travaillent à son siège social. Pour le reste, Uber prélève une commission de 20 à 30% sur les courses effectuées par les chauffeurs, mais sans leur accorder un seul avantage social !

Le danger est donc très grand pour Uber: si la société ne peut plus considérer ses chauffeurs comme de simples sous-traitants, mais est obligée de les considérer comme des salariés, les coûts d'Uber explosent. Vous imaginez, Uber serait obligée, comme n'importe quelle autre société de taxi, d'accorder à ces chauffeurs des droits sociaux pour la retraite, la maladie, le chômage, etc. Elle devra peut-être même couvrir une partie de leurs frais, du genre assurance automobile. Autant dire que Uber est morte.

Mais pour l'heure, ce n'est pas le cas. Ce n'est qu'un premier jugement, certes important, mais très minoritaire. D'ailleurs, Uber a encore des cartes à jouer: n'oublions pas que cette société n'a que très peu de coûts et que son budget principal est consacré aux litiges juridiques. La société peut donc tenir pas mal de temps encore et n'a pas dit son dernier mot !

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