Ce que l'on sait du "trader fou" d'UBS

16/09/11 à 11:46 - Mise à jour à 11:46

Source: Trends-Tendances

Un trader de la filiale britannique d'UBS aurait fait perdre 2 milliards de dollars à la banque suisse. Le point sur cette affaire qui rappelle celle de Kerviel et de la Société Générale.

Ce que l'on sait du "trader fou" d'UBS

© REUTERS/Arnd Wiegmann

Que s'est-il passé ?

UBS reste très discrète sur l'affaire. Mais on sait qu'un homme, employé à la "division marché actions" de la banque suisse, a realisé des opérations de courtage non autorisées. Le trader, qui selon le Financial Times s'appelle Kweku Adoboli, était affecté au département britannique ETF "Exchange Traded Funds" de la banque. L'homme a été arrêté à 3h30, dans la nuit de mercredi à jeudi à Londres "sur la base de soupçons concernant une fraude par abus de position", indique la police. Un porte-parole d'UBS l'a décrit sur le site du journal suisse NZZ comme un "courtier à l'énergie criminelle importante dans le négoce d'actions à Londres", sans confirmer toutefois s'il s'agissait bien de Kweku Adoboli. La direction de la banque a quant à elle tenté d'éteindre l'incendie. Elle a écrit un mail à son personnel rappelant que "les fondamentaux de la banque n'étaient pas menacés par cette affaire regrettable". Elle a ajouté qu' "aucune position de clients n'avait été affectée". A la Bourse suisse, l'action UBS a perdu 10,8% jeudi 15 septembre.

Qui est ce trader fou?

Sur son profil LinkedIn, Kweku Adoboli, 31 ans, indique qu'il est "trader européen au sein de la banque d'investissement UBS". Il a notamment fait ses études à l'université de Nottingham et a été embauché dans la banque en 2003. Depuis septembre 2006, il est passé au "Desk Delta One". "C'est le même type de poste qu'occupait Jérome Kerviel", explique Tangi Le Liboux, analyste chez Aurel BGC. "On ne sait pas encore ce qu'il s'est vraiment passé mais cela renforce l'idée que les procédures de surveillance interne n'ont pas fonctionné", ajoute-t-il.

Quel impact pour UBS ?

Cette affaire tombe très mal pour la banque. Elle a annoncé fin août la mise en place d'un plan d'économies de 2 milliards de francs suisses qui prévoit notamment le départ de 3.500 employés sur un total de 65.700. "Si elle a failli dans ses systèmes de contrôles, elle devra les revoir très rapidement, affirme Tangi Le Liboux. Et ces investissements coûtent très cher. On sait par exemple qu'après l'affaire Kerviel, la Société Générale a dépensé plusieurs millions d'euros pour le renforcer". Par ailleurs en termes d'image, le résultat pourrait-être désastreux. "Même si le montant n'est pas si énorme, il y a de nouveau une perte de confiance qui jette une lumière défavorable sur UBS. Avec ça, la banque perd une partie du crédit qu'elle avait regagné", selon Claude Zehnder, analyste en trading à la Banque Cantonale de Zurich. Une confiance difficilement retrouvée après le scandale des subprimes et ses pertes astronomiques de 50 milliards de dollars.

Doit-on craindre une nouvelle affaire Kerviel en France?

Après l'affaire Kerviel et ses 4,9 milliards d'euros de pertes, les procédures de surveillance ont été accrues. "Les banques ont fait de nombreux efforts. Leur système de contrôle a été amélioré. C'est le cas principalement de la Société Générale qui a beaucoup dépensé, mais aussi des autres établissements comme la BNP ou Crédit Agricole", explique Tangi Le Liboux. Mais le cas d'UBS et ses similitudes avec l'affaire de 2008 - où la Société Générale avait liquidé plus de 50 milliards d'euros de positions pour éviter d'être mise en faillite - rappellent qu'il reste de nombreuses failles dans le système. L'analyste concède que la surveillance n'est pas infaillible. "Même en France, on ne peut pas aujourd'hui affirmer clairement qu'une fraude est devenue impossible", conclut l'analyste d'Aurel BGC.

Ali Bekhtaoui (L'Expansion.com)

L'agence Moody's pourrait dégrader UBS

L'agence de notation a placé sous surveillance la banque suisse avec une dégradation possible. "Ces pertes soulèvent des questions sur la capacité du groupe à réussir la reconstruction de ses opérations de banque d'investissement", indique Moody's tout en précisant que l'examen de la situation "a peu de chance de conduire à des dégradations de plus d'un cran".

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